Depuis quelques semaines, dans la cadre de l’adaptation logistique de Barkhane face à l’épidémie de COVID-19, le service de santé des armées (SSA) de Gao s’est doté d’un module de production d’oxygène. Le but est double : il s’agit, à la fois d’être autonome en production d’oxygène, et d’alimenter des lits supplémentaires destinés aux éventuels patients, afin de ne pas détourner le rôle 2 de sa mission première de soutien aux opérations.

 

Mis en place pour la première fois à Kaboul en 2011, le conteneur de 20m³ « fonctionne en pompant les 21% d’oxygène présents dans l’air ambiant. Cet oxygène est ensuite comprimé et traité afin d’alimenter des lits de réanimation et remplir les différentes bouteilles d’oxygène dont a besoin le SSA. », explique le technicien supérieur hospitalier de première classe Jean-François, responsable du montage et de la mise en route du module à Gao. Une fois que les pompes ont récupéré l’oxygène, celui-ci est stocké dans un réservoir avant d’entamer la distribution. Une fois le taux de concentration atteint, l’oxygène est disponible en haute pression.

Ce module a été installé à proximité de la tente dédiée à l’accueil des malades du COVID-19. Cela permet d’alimenter directement les ventilateurs et respirateurs des lits de réanimation, via des arrivées qui régulent le débit d’oxygène en basse pression, selon les besoins du patient. Cette dizaine de lits supplémentaires permet ainsi au rôle 2 de conserver sa capacité d’accueil d’éventuels blessés lors des opérations. Si, jusqu’alors, le rôle 2 était alimenté en bouteilles d’oxygène depuis la France, la mise en place du module de production lui permet désormais d’être autonome.

La mise en place de ce conteneur a nécessité quelques aménagements. Tout d’abord, un raccordement électrique a dû être établi afin de pouvoir faire fonctionner les deux climatiseurs indispensables au fonctionnement optimal du module. Ensuite, une zone de sécurité a dû être délimitée autour du conteneur, en raison de la présence d’oxygène comprimé et du rejet des gaz évacués.

Le technicien hospitalier ajoute : « l’oxygène produit ici relève de la pharmacopée. A ce titre, il doit d’abord être validé par le pharmacien de Niamey avant délivrance, tout comme n’importe quel médicament ». Avec un débit maximum de 500 litres par minute, l’installation de ce module de production a donc permis à la base de Gao de gagner en autonomie et en capacité d’accueil de malades. Cette capacité contribue également à l’adaptation que Barkhane a initiée face à l’épidémie, afin de maintenir ses opérations à un rythme soutenu.

Conduite par les armées françaises, en partenariat avec les pays du G5 Sahel, l’opération Barkhane a été lancée le 1er août 2014. Elle repose sur une approche stratégique fondée sur une logique de partenariat avec les principaux pays de la bande sahélo-saharienne (BSS) : Burkina-Faso, Mali, Mauritanie, Niger, et Tchad. Elle regroupe environ 5 100 militaires dont la mission consiste à lutter contre les groupes armés terroristes et à soutenir les forces armées des pays partenaires afin qu’elles puissent prendre en compte cette menace.

Sources : EMA Droits : © Ministère des armées

MaliwebNord-MaliSanté
Depuis quelques semaines, dans la cadre de l’adaptation logistique de Barkhane face à l’épidémie de COVID-19, le service de santé des armées (SSA) de Gao s’est doté d’un module de production d’oxygène. Le but est double : il s’agit, à la fois d’être autonome en production d’oxygène, et d’alimenter...