Finalement la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) a obtenu ce dont elle rêvait, il y a belle lurette. A savoir la délocalisation, dans son ‘’sanctuaire’’ de Kidal, d’une des sessions du Comité de Suivi de l’Accord (CSA). En effet, la 42ème session du CSA s’est tenue à Kidal le 11 février 2021 et nul besoin de dire que l’élite kidaloise a fait feu de tout bois pour que cette rencontre soit couronnée de succès. D’ailleurs la réussite de cette session délocalisée du CSA était une évidence au regard des indices qui l’auraient bien.

 

En effet, nul n’est dupe qu’au cours de la rencontre à Paris, le 27 janvier 2021, entre le Chef de l’Etat malien Bah N’Daw et son homologue français Emmanuel Macron, ce dernier avait certainement exhorté son hôte à faire en sorte d’accélérer le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation au Mali (APRM). Or c’est tout simplement un secret de polichinelle que dire, dans nos pays ex-colonies françaises, les désirs du Président de la République française sont tout simplement des ordres à exécuter par nos Chefs d’Etat, chacun en ce qui le concerne.

En plus de cette visite au sommet qui augurait bien du succès de la délocalisation à Kidal de la 42ème session du CSA, on retiendra l’entrée significative des ex-rebelles dans le gouvernement de transition et aussi leur présence non négligeable au sein du Conseil National de Transition (CNT).

A cela s’ajoute la visite d’une importante délégation ministérielle à Kidal, fin janvier dernier. S’il est vrai que cette rencontre s’est déroulée, à Kidal, sans couac apparent et avec le satisfecit ‘’relatif’’ des participants, il n’en demeure pas moins vrai cependant que les maliens, dans leur majorité écrasante, sont et demeurent des contempteurs de l’Accord d’Alger dans sa mouture actuelle. C’est pourquoi nombreux sont les observateurs qui font preuve d’appréhension quant aux velléités des autorités de la transition à vouloir appliquer ledit Accord sans pour autant, faire droit à la relecture de certaines de ses dispositions et cela conformément aux recommandations du Dialogue National Inclusif (DNI).

Là où le bât blesse en frustrant davantage les maliens est que durant toute la rencontre, le CSA délocalisé à Kidal n’a pas pipé mot sur la relecture de certaines dispositions de l’Accord, comme si cette recommandation émanant du peuple souverain du Mali ne méritait aucune considération.

S’il est vrai que depuis la signature de cet Accord, sa mise en œuvre a toujours été tributaire des sautes d’humeur des signataires, il n’en demeure pas moins vrai que de nos jours, son application dépendra plutôt de l’accommodation du peuple malien qui avait soutenu ne pas s’y reconnaître, au motif qu’il n’a pas été associé aux pourparlers qui ont abouti à l’élaboration dudit Accord. Nous savons qu’au fil du temps, la polémique qu’avait suscitée la mise en œuvre de l’APRM était devenue si vive que le Chef de l’Etat d’alors, IBK, avait fini par inviter tous les signataires de cet acte à unir leurs efforts afin de réussir sa mise en œuvre idoine. Cette exhortation avait-elle réussie à faire vibrer la fibre patriotique chez les maliens ? En tout cas ces derniers temps-ci, le peuple malien, toutes composantes confondues, semble avoir un véritable regain d’intérêt pour les tenants et les aboutissants de l’Accord d’Alger.

El Hadj Mamadou GABA

Source : Le Soir De Bamako

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