Depuis une frappe de l’aviation française de la Force Barkhane à Bounti, localité située dans la région de Douentza au Centre du Mali, une forte polémique enfle par rapport à l’identité, terroriste ou civile des victimes de cette action militaire. C’est ainsi que l’Etat-major français affirme avoir neutralisé près d’une trentaine de terroristes, une position soutenue par les autorités militaires maliennes. Mais des sources locales indiquent des victimes civiles et le Mouvement du 05 Juin-Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) réclame du Gouvernement, une investigation approfondie et lui demande de dire la vérité au peuple malien. 

Sur cette question qui fait à présent l’objet d’une forte polémique, l’Etat-major des armées françaises, à travers un communiqué, a donné sa version des faits tout en réaffirmant que la frappe était contre un rassemblement de membres d’un groupe armé terroriste dans la région de Douentza.

Que dit ce communiqué ?

“Le 03 janvier, la Force Barkhane a procédé à une unique frappe contre un groupe armé terroriste (GAT) dans la région de Douentza, un kilomètre au nord du village de Bounti. Cette neutralisation a été conduite conformément aux principes de ciblage en vigueur, dans la stricte application du droit des conflits armés”, a indiqué l’État-major des armées françaises.

“Aucun hélicoptère n’a été engagé au cours de cette action de combat. Les allégations consécutives à la frappe relèvent de la désinformation. Aucun dommage collatéral, aucun élément constitutif d’un rassemblement festif ou d’un mariage n’a été observé”, a-t-il précisé.

“Le dimanche 03 janvier 2021 dans l’après-midi, s’appuyant sur une manœuvre de renseignement s’étalant sur plusieurs jours, la Force Barkhane a opéré dans la région de Douentza, zone caractérisée par la présence et l’action de groupes armés terroristes (GAT). Ce secteur abrite des éléments de la Katiba SERMA. Le groupe y dispose d’emprises logistiques qui servent également à l’instruction, au maniement des armes et à la confection d’engins explosifs improvisés. Ces GAT y commettent régulièrement des actes terroristes à l’encontre des FAMa (forces armées maliennes) et des populations civiles” a expliqué le communiqué.

“Dans cette zone, plus d’une heure avant la frappe, un drone REAPER a détecté une moto avec 2 individus au Nord de la RN16. Le véhicule rejoint un groupe d’une quarantaine d’hommes adultes dans une zone isolée. L’ensemble des éléments de renseignement et en temps réel ont alors permis de caractériser et d’identifier formellement ce groupe comme appartenant à un GAT. L’observation de la zone pendant plus d’une heure et demie a également permis d’exclure la présence de femmes ou d’enfants”, a-t-il affirmé.

“Compte tenu du comportement des individus, des matériels identifiés ainsi que du recoupement des renseignements collectés, il a été ordonné à une patrouille d’avions de chasse – alors en vol – de procéder à une frappe ciblée à 15h00 locale. La frappe (trois bombes) est localisée en 30 PWB 4436 83140, à plus d’un kilomètre au Nord des premières habitations de Bounti. Il s’agit d’un espace ouvert et semi boisé”, a-t-il précisé.

 

Boubacar DIARRA

MaliwebNord-Mali
Depuis une frappe de l’aviation française de la Force Barkhane à Bounti, localité située dans la région de Douentza au Centre du Mali, une forte polémique enfle par rapport à l’identité, terroriste ou civile des victimes de cette action militaire. C’est ainsi que l’Etat-major français affirme avoir neutralisé près...