Pour aider les autorités maliennes à faire face aux violences sur fond de conflits intercommunautaires dans le centre du Mali, la MINUSMA a intensifié ses patrouilles de jour et de nuit. Les Observateurs Militaires des Nations unies suivent le déroulement de ces patrouilles avec beaucoup d’intérêts.

Le 15 août dernier, le Capitaine Joël Lamah, Observateur Militaire au sein de la MINUSMA, accompagnait une patrouille de la Police des Nations Unies (UNPOL/MINUSMA), dans le Cercle de Badiangara, plus précisément à Fiko (Commune de Pignari Bana près de Sévaré, au nord-ouest de la ville de Bandiagara). Pour lui, l’implication de la population dans la recherche de la paix est capitale.

Le centre du Mali, et plus particulièrement la région de Mopti, fait face à une insécurité caractérisée par des meurtres de civils et des actes de destruction de masse. « Plusieurs villages des alentours de la ville de Bandiagara sont régulièrement attaqués », reconnaît Siriman Kanouté, préfet du Cercle de Mopti, qui a reçu en audience une équipe de la MINUSMA qui effectuait une patrouille de routine dans sa juridiction. Exprimant son inquiétude face aux nouvelles formes de criminalités dans plusieurs villages de son Cercle, il déclare : « C’est cruel, inhumain et tout à fait inacceptable de tuer de paisibles citoyens ».

La résolution 2480 du Conseil de sécurité et le mandat de la MINUSMA expliqués aux habitants de Fiko

La population de Fiko est estimée à « plus de 400 habitants », selon le représentant du Chef de village, Souleymane Karembe. Pour recevoir les Casques bleus, le notable était entouré de quelques sages du village.

Après une brève introduction de la délégation onusienne par l’officier de police Assih Koadjo-Danda, Daouda N’diaye de la division de la Communication stratégique et de l’Information publique a expliqué la Résolution 2480 (2019) du Conseil de sécurité, le Mandat qu’elle confère à la MINUSMA et le travail des Casques bleus. Concernant le Mandat, M. N’diaye n’a pas manqué de faire cas des priorités stratégiques que le Conseil de sécurité de l’ONU a assigné à la Mission. Il s’agit de l’appui à la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, et l’appui à la stabilisation et au rétablissement de l’autorité de l’Etat et la protection des civils dans le centre du pays.

« Bismillah ! Vous avez quitté chez vous et vous êtes chez vous », a rassuré Souleymane Karembe en s’adressant à la délégation onusienne. Une occasion pour l’officier d’UNPOL, Assih Koadjo-Danda, de livrer un message de paix.  « Notre présence ici en ce moment est de vous dire que nul ne se sent à l’aise lorsqu’il y a de l’insécurité », a-t-il souligné avant d’encourager les résidents du village de Fiko à apporter leur appui aux Forces de défense et de sécurité maliennes en matière d’information. « Semons la paix pour aujourd’hui et pour demain. La MINUSMA est aux côtés du peuple malien pour un retour définitif de la paix au Mali, » a conclut l’officier.

La recrudescence des violences dans le centre : une menace contre la paix

Joël Lamah a rejoint l’équipe des Observateurs Militaires de la MINUSMA depuis avril 2019. Il était déployé à Tombouctou, où il a activement pris part au processus de démobilisation de 246 ex-combattants qui avaient accepté d’intégrer les FAMa. Toutefois, il reconnaît que la situation à Mopti où il est actuellement basé, semble être différente en termes d’interlocuteurs avec qui il fallait louer des contacts.  Il s’inquiète de l’apparition de nouvelles menaces contre la paix, la sécurité et les droits de l’homme dans le centre du Mali : de nouvelles formes de violence et des conflits inter-ethniques qui se multiplient de manière inquiétante.

« Les groupes armés à Tombouctou étaient connus et la participation de leurs combattants dans le processus DDR s’est déroulée sans beaucoup trop de problèmes », indique Joël Lamah.  « Cette expérience m’aura montré, de façon limpide, à quel point certains veulent à tout prix que la paix revienne vite au Mali, tandis que les partisans de la ligne dure pensent le contraire ».

Quelle est la mission de la Police des Nations Unies ?

La Police des Nations Unies UNPOL, est chargée de renforcer la paix et la sécurité internationales en aidant les États membres en proie à un conflit, sortant d’un conflit ou faisant face à une situation de crise, à assurer des services de police de manière efficace, efficiente, représentative, souple et responsable, au service de la population et pour sa protection.

À cette fin, elle renforce les capacités de police de l’État hôte, lui apporte son appui ou, si son mandat l’y autorise, se substitue totalement ou partiellement à lui pour ce qui est de prévenir et constater les infractions, protéger la vie et les biens et maintenir l’ordre et la sécurité, dans le plein respect de l’état de droit et du droit international des droits de l’homme.

Par ses activités de proximité et de renseignement, elle œuvre à la protection des civils et des droits de l’homme. La lutte contre la violence sexuelle et sexiste, les violences sexuelles liées aux conflits, la criminalité organisée et les infractions graves, font également partie de ses tâches. Elle diligente des enquêtes, mène des opérations spéciales et assure la sécurité lors des élections.

Depuis janvier 2019, la Police des Nations unies stationnée à Mopti a déjà effectué plus de 900 patrouilles de jour et de nuit.

Distribué par APO Group pour United Nations Multidimensional Integrated Stabilization Mission in Mali (MINUSMA).

MaliwebNord-Mali
Pour aider les autorités maliennes à faire face aux violences sur fond de conflits intercommunautaires dans le centre du Mali, la MINUSMA a intensifié ses patrouilles de jour et de nuit. Les Observateurs Militaires des Nations unies suivent le déroulement de ces patrouilles avec beaucoup d’intérêts. Le 15 août dernier, le Capitaine Joël...