Redéploiement ou simple installation ? Après avoir manqué l’échéance du 1er février pour son démarrage effectif, le redéploiement de l’armée malienne en 8 ème région pointe de nouveau à l’horizon mais sans agenda précis et en demeurant englué dans les hypothèses, questionnements et non-dits.

La problématique était au cœur des échanges entre parties prenantes de la Commission Technique de Sécurité, jeudi comme annoncé, mais les lignes n’ont bougé apparemment que sur le seul principe de l’arrivée du bataillon des forces reconstituées dans la ville de Kidal. Lequel bataillon est prêt à 98% pour embarquer, avait rassuré l’Etat-major général des armées en mentionnant que des retardataires manquent à l’appel. En définitive, le cap du 10 février sera difficilement tenable car le convoi des FDSM reconstituées (Forces de Défense et de Sécurité Maliennes) ainsi que leurs importants moyens matériels n’ont pas pris encore le départ à partir de Gao pour un voyage qui devrait durer trois jours au minimum. S’y ajoute que certains éléments attendus dans le groupe n’ont quitté Bamako qu’avant-hier pour rejoindre le point de rassemblement où ils sont attendus par le gros du contingent.
Avec un encadrement par éléments de la Minusma – tel que sollicité par l’Etat-major général des Armées -, le départ pour Kidal pourrait pourtant s’effectuer sans la levée des préoccupations d’ordre sécuritaire exprimées par le commandement du bataillon il y quelques jours, à savoir : l’équipement des miradors du camp en projecteurs, la construction de nouveaux bunkers contre les tirs indirects, entre autres. Aussi les éléments semblent-ils se suffire des conditions d’accueil jugées acceptables à tous points de vue, y compris pour la salubrité de la caserne assurée par la Minusma en lieu et place des éléments du MOC de Kidal.
Le dispositif d’accueil est par ailleurs confortée par une réceptivité exceptionnelle des leaders de groupes armés à pied d’œuvre pour faire accepter les FAMa par la population. En phase avec les solicitations de la CTS, Bilal Ag Asharif en personne est entré dans la danse, en milieu de semaine, en vue de sensibiliser la population dans ce sens. Lors de l’assemblée générale d’informations initiée à cet effet, aucune équivoque n’a été levée, en revanche, sur certaines suggestions faites par la CMA quant à l’identité du Bataillon à déployer à Kidal. Il était question, en effet, d’éviter les éventuels amalgames susceptibles de découler de l’appellation FAMa en lui préférant celle de FDSM et en les présentant avec des spécifications différentes du logo habituel des forces armées maliennes. Écartée par la partie étatique lors de la dernière réunion de la CTS, cette suggestion pourrait constituer une problématique en même temps que d’autres interrogations de la population de Kidal auxquelles les clarifications appropriées n’ont guère été apportées par les leaders des groupes des réponses avant le du bataillon. Leurs réserves ont notamment trait au commandement dudit bataillon ainsi qu’au droit de ses éléments à la mobilité dans la ville, etc.
Selon toute évidence, la présence des leurs au sein des forces armées reconstituées n’empêchera pas les habitants de Kidal de tabler sur un cantonnement du bataillon, la même rengaine ayant déclenché le fol épisode de Moussa Mara. Comme quoi, le véritablement redéploiement devrait rester une conquête au-delà de la simple installation qui se dessine. Autant de facteurs qui justifient peut-être la retenue des éléments à se hâter pour un retour à Kidal pourtant réclamé à cor et à cri par l’opinion.

A KEÏTA

Source: Journal le Témoin- Mali

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