Gao, 09 octobre (AMAP) Depuis la crise de 2012 qui a affecté toutes les Régions dans le Nord et au Centre du Mali, à laquelle vient s’ajouter le mauvais état de l’axe Sévaré-Gao, letransport par le bateau pour se rendre dans la Cité des Askias et les autres villes de la zone, a le vent en poupe.

Le phénomène de l’insécurité et de la dégradation des routes a gagné du terrain. Ce qui a, pratiquement, forcé beaucoup de transporteurs, de commerçants, de simples voyageurs et de missionnaires maliens et étrangers à emprunter la route Niamey-Ouaga-Bobo et Koury pour se rendre à Bamako. Ce grand détour est, évidemment, bien coûteux pour la majorité des voyageurs. Pour d’autres, c’est sûr et l’état des routes sur cette très longue distance est bien meilleur que celui des voies du Mali.

Actuellement, tous les voyageurs des trois Régions, dans le Nord du Mali, qui vont à Bamako ou dans certaines localités au Centre, font la ruée sur le bateau. Ce qui fait que le voyage par bateau est très convoité cette année.

C’est le cas de l’infirmier Abdoulaye Tandina qui vient, juste, de descendre du bateau, en provenance de Kabara. « J’ai pris le bateau de Kabara à Gao à 40 500Fcfa pour la chambre luxe. Je suis venu par bateau à cause de l’insécurité et de l’état de la route » a dit l’infirmier.

Mme Haidara Aïssa Bouya, dont la famille est à Tombouctou mais les parents vivent à Niamey, a indiqué qu’à cause de l’insécurité, elle voyage par le bateau pour 5.125 Fcfa, jusqu’à sa destination, Gao. Ensuite, elle prend le bus, de Gao à Niamey, afin de rendre visite à ses parents. Elle raconte qu’une fois, des hommes armés ont attaqué un bus dans lequel elle se trouvait. Elle a été dépouillée de son téléphone et de son argent.

Le chef d’escale de la Compagnie malienne de navigation (COMANAV) de Gao, Aliou Issa Maiga, dit que cette année 2019, le bateau ‘Général Soumaré’,  qui a embarqué de Koulikoro et a accosté le 4 septembre dernier au quai de Gao, en est à son deuxième voyage. Le bateau ‘Tombouctou’ est à son troisième voyage, de Mopti-Kabara et Koulikoro.

« Le voyage par le bateau, entre Koulikoro et Gao, prend une semaine », a déclaré, le chef d’escale de la COMANAV de Gao. Plus de 179 passagers ont embarqué dans le bateau ‘Général Soumaré’ qui a quitté le 26 septembre 2019.

Les tarifs varient selon les classes. Par exemple, le voyage en 4èmeclasse, de Gao à Koulikoro, coûte 14.550 Fcfa par personne, repas non compris.  La troisième classe, avec trois repas et une couchette par personne, pour la même distance, coûte 67.500 Fcfa. La deuxième classe ou cabine avec 4 lits vaut 114.500 Fcfa par lit, y compris les trois repas. Quant à la 1èreclasse ou cabine, elle est à 160.500 Fcfa par lit et n’en compte que deux. La dernière, la cabine de luxe, de Gao à Koulikoro, coûte 302.500 Fcfa avec repas, haut de gamme.

Quant au prix du transport des marchandises ou des véhicules, il se calcule par kilomètre, tonne, catégorie de marchandise et de véhicule, selon le poids mentionné sur la carte grise. Mais le passager a droit à une franchise.

Faisant état d’incident de voyage, le chef d’escale Aliou Idrissa Maiga, rappelle que l’un des bateaux a été attaqué, l’année dernière, dans la zone de Diafarabé. « Heureusement, les forces de sécurité, qui escortaient le bateau, ont riposté pour dissuader les assaillants », a-t-il ajouté. Malgré l’escorte par les forces de sécurité, la peur est toujours là parce que les bateaux naviguent dans une zone d’insécurité. « Toute sorte de personne embarque dans le bateau rendant difficile le contrôler de tout ce beau monde. Ce qui est un autre problème », dit-il.

En cas de catastrophe naturelle, le bateau dispose de gilets de sauvetage. « Actuellement, la navigation est très difficile et tous les quais sont encombrés d’ordures des populations riveraines, en plus du changement climatique et l’ensablement. Mais nous avons mis des balises dans le lits du fleuve pour ne pas tomber dans les zones à risque », poursuit M. Maiga..

« Les bateaux font 14 rotations, du mois de septembre à mi-janvier, selon le niveau du fleuve » a-t-il dit.

Plusieurs personnes travaillent à bord du bateau dont 20 dockers, deux gardiens, quatre pilotes, un mécanicien, un aide mécanicien, un infirmier, un compteur et un chef de transit. Du côté administration, il y a le premier responsable du bateau qui est le commissaire et le  commandant et son adjoint. Dans le bateau, la restauration est privée mais il y a aussi des vendeurs et des vendeuses qui y mènent leurs activités commerciales.

Il faut noter que le bateau dispose d’une salle de conférence, d’un bar qui est animé. Ici, on dit que le bateau est un village à part.

AT/MD (AMAP) 

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Gao, 09 octobre (AMAP) Depuis la crise de 2012 qui a affecté toutes les Régions dans le Nord et au Centre du Mali, à laquelle vient s’ajouter le mauvais état de l’axe Sévaré-Gao, letransport par le bateau pour se rendre dans la Cité des Askias et les autres villes de...