Dans cette interview, le coordonnateur/point focal du G5 Sahel au Mali exprime sur les résultats obtenus sur les plans de la sécurité et du développement par l’organisation communautaire. Aussi, Chérif Hamidou Ba mieux-t-il les défis majeurs doivent faire face au G5 Sahel ainsi que son prochain Sommet que devra abriter le Mali dans moins d’un an

 

L’Essor : Les comités nationaux de coordination des actions du G5 Sahel font partie des organes de cette organisation communautaire. sont les missions attribuées à ces structures ?

Chérif Hamidou Ba : Conformément aux dispositions de l’article 14 de la Convention portant création du G5 Sahel, chaque pays membre a mis en place un Comité national de coordination (CNC), composé de représentants des secteurs d’intervention du cadre de référence. Les CNC sont les répondants du Secrétariat exécutif. Au Mali, la CNC du is tutelle par le ministre assurée des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale.

Essentiellement, le CNC de l’ Est chargé Suivre la mise en œuvre de la Stratégie pour le Développement et la sécurité du G5 Sahel et ses outils d’opérationnalisation ; de coordonner l’ensemble des activités du G5 Sahel au Mali ;d’organiser, en collaboration avec les ministères sectoriels et les services techniques concernés, les réunions qui se déroulent au Mali dans le cadre des activités du G5 Sahel

L’Essor : Outre la garantie des conditions de sécurité, le G5 Sahel vise à assurer le développement dans l’espace des états membres. Que retenez-nous en termes de résultats, concernant ces deux piliers ?

Chérif Hamidou Ba : Effectivement, le G5 Sahel repose sur deux piliers : « Défense et Sécurité » et « Développement ». Dans le domaine de la défense et sécurité, les actions du G5 Sahel portent sur la lutte contre le terrorisme et les trafics illicites, la sécurisation des personnes et de leurs biens, la sécurisation des frontières, le contrôle et la gestion des flux migratoires, la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre.

En termes de réalisations dans ce domaine, on peut retenir la mise en place d’une force conjointe, avec pour missions de combattre le terrorisme, le trafic de drogue et l’immigration clandestine ; la création du Collège de défense qui dispense des enseignements opérationnels, techniques et académiques aux officiers de haut niveau ; la création du Collège sahélien de sécurité (CSS) qui offre des déformations dans les domaines du renseignement, de la sécurité des frontières, de la police judiciaire et de l’ingénierie de formation. Sans oublier la mise en place de la Plateforme de coopération en matière de sécurité (PCMS) qui anime un réseau intégré d’échanges d’informations à caractère opérationnel et offre un cadre adapté de formation.

La création d’une Académie régionale de police, avec pour missions de renforcer les capacités des cadres des polices nationales des cinq états ; la création du Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce (CSMAP) qui a pour missions de collecter et d’analyser les informations pour alerter les acteurs à différents niveaux ; la constitution des Groupes d’actions rapides-surveillance et intervention au Sahel (GAR-SI), qui contribue à la stabilisation par l’amélioration de la sécurité des populations et du contrôle du territoire, ainsi que la surveillance des espaces frontaliers ; les GARSI instruisent en cas de graves incidents de sécurité.

Lune création du Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce (CSMAP) qui a pour missions de collecter et d’analyser les informations pour alerter les acteurs à différents niveaux ; la constitution des Groupes d’actions rapides-surveillance et intervention au Sahel (GAR-SI), qui contribue à la stabilisation par l’amélioration de la sécurité des populations et du contrôle du territoire, ainsi que la surveillance des espaces frontaliers ; les GARSI instruisent en cas de graves incidents de sécurité. la création du Centre sahélien d’analyse des menaces et d’alerte précoce (CSMAP) qui a pour missions de collecter et d’analyser les informations pour alerter les acteurs à différents niveaux ;la constitution des Groupes d’actions rapides-surveillance et intervention au Sahel (GAR-SI), qui contribue à la stabilisation par l’amélioration de la sécurité des populations et du contrôle du territoire, ainsi que la surveillance des espaces frontaliers ; les GARSI instruisent en cas de graves incidents de sécurité.

En matière de développement, l’objectif du G5 Sahel est de contribuer significativement au relèvement du niveau de vie des populations, particulièrement pour celles des zones transfrontalières marginalisées et à faible densité. L’outil principal de mise en œuvre du volet développement est le Programme d’investissements prioritaires (PIP). Sa première phase qui porte sur la période 2019-2021, comporte un portefeuille de quarante projets pour un coût total d’un milliard neuf cents millions d’euros (1,9 milliard €) soit 1,244 milliards de FCFA environ. Il a été organisé le 6 décembre 2018 à Nouakchott, une conférence de coordination des partenaires et bailleurs de fonds du G5 Sahel pour le financement du PIP. Les financements sont en cours de mobilisation.

L’Essor : Quels sont les principaux défis confrontés au G5 Sahel et les comités nationaux de coordination ?

Chérif Hamidou Ba : Le G5 Sahel se propose de relever certains défis, entre autres : l’éradication du terrorisme et des trafics illicites ; la sécurisation des frontières, des personnes et des biens ; le désenclavement de l’espace ; le développement des zones fragiles à faible densité humaine ; la garantie de la sécurité alimentaire et le développement du pastoralisme.

Le CNC, conformément à ses attributions ci-dessus évoquées, doit contribuer à relever ses. Pour ce faire, il doit assurer un suivi rigoureux de la mise en œuvre de la SDS, d’appuyer les décideurs politiques dans l’identification, la programmation et la validation des programmes et projets à inscrire dans la SDS, de faciliter les échanges avec les Partenaires techniques et financiers.

L’Essor : Face aux perspectives de l’organisation communautaire, les populations de l’espace du Sahel ont-elles raison d’espérer sur des lendemains qui chantent ?

Chérif Hamidou Ba : La région du Sahel regorge de grandes potentialités agro-sylvo-pastorales et halieutiques qui font l’objet de convoitise. La région dispose également d’un énorme potentiel minier insuffisamment exploité, des gisements et indices miniers importants (le manganèse, le fer, l’or, le calcaire, le zinc, le cuivre, le nickel, l’uranium).

Au vu de la dynamique déployée par l’Organisation, les populations vivant dans l’espace G5 Sahel ont tous les motifs d’espérer des lendemains meilleurs. En témoigner : la montée en puissance de la Force conjointe ; la mise en œuvre du Projet d’aménagement territorial intégré (PATI) ; la mobilisation en cours pour le financement du PIP 2019-2021 ; le bouclage de l’étude de faisabilité du projet de création de la Compagnie aérienne ; la réalisation de l’étude diagnostique des potentialités des produits agricoles, animaliers et halieutiques des pays membres. S’y ajoutent l’élaboration d’un Programme de développement d’urgence (PDU) en collaboration avec l’Alliance Sahel ; la réalisation en cours de l’étude de faisabilité du projet de chemin à partir de ressources propres;

L’Essor : En principe, le prochain Sommet du G5 Sahel se tiendra au Mali en 2022. Comment entendez-vous-vous procéder avec les autorités maliennes pour honorer cette marque de confiance placée en notre pays ?

Chérif Hamidou Ba : A l’issue des travaux de la 7è Conférence des chefs d’état des pays membres du G5 Sahel tenue à N’Djamena le 15 février 2021, il a été décidé de tenir la prochaine conférence à Bamako. Le Mali assurera ainsi la présidence tournante de février 2022 à février 2023. Notre pays ne sera pas à sa première expérience en la matière. Le Mali a assuré cette présidence en exercice de février 2017 à février 2018. Au terme de ce mandat, les états membres du G5 Sahel et leurs partenaires avaient unanimement reconnu que la présidence malienne fut un succès ayant permis au G5 Sahel d’enregistrer des avancées significatifs.

On peut retenir les réalisations ci-après sous la présidence malienne : la mise en place de la Force conjointe du G5 Sahel, l’opérationnalisation du Collège sahélien de sécurité (CSS) à Bamako, la suppression de visas pour tous les types de passeports, l’organisation du Sommet des chefs d’État du G5 Sahel avec la France à Bamako. Mais aussi l’inauguration du PCIAT de la FC-G5S à Sévaré, la préparation de la Conférence internationale sur « la Sécurité et le Développement au Sahel », la préparation de l’organisation de la Table ronde des bailleurs de fonds pour le financement du PIP, la réalisation de l’étude de création de la Compagnie aérienne régionale « Air Sahel », etc.

Le Mali va s’appuyer sur son expérience réussie de sa première présidence doublée d’une volonté politique forte de mener l’Organisation vers la réalisation de plus de résultats concrets aux bénéfices de nos états et populations.

L’Essor : Sur quels leviers comptez-vous pour donner plus de visibilité aux actions du G5 Sahel et une meilleure appropriation de celles-ci par les populations ?

Chérif Hamidou Ba : Nous avons déjà mené certaines activités pour donner plus de visibilité aux actions du G5 Sahel et une meilleure appropriation de celles-ci par les populations. Nous nous sommes rendus dans les Régions de Kayes, Koulikoro et Ségou où nous avons présenté le G5 Sahel aux conférences de cadres de ces régions. Nous avons fait le même exercice devant les élus nationaux et lors d’une conférence organisée par un regroupement de partis politiques. Nous avons également regroupé des facultés dans certaines facultés pour les étudiants sur l’atout que représente le G5 Sahel. Nous avons également engagé une campagne de communication à travers les divers canaux et supports multimédias et réseaux sociaux. Cependant, nous reconnaissons qu’il y a des efforts à fournir à ce niveau, surtout à quelques mois de la présidence tournante.

Nous comptons focaliser nos efforts sur la création d’une revue du CNC, sur la communication institutionnelle, sur la communication de proximité à travers les radios communautaires, les radios rurales. Bien sûr que l’Essor et l’ORTM seront des leviers importants pour nous.

Propos recueillis par

Massa SIDIBE

Source : L’ESSOR

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Dans cette interview, le coordonnateur/point focal du G5 Sahel au Mali exprime sur les résultats obtenus sur les plans de la sécurité et du développement par l'organisation communautaire. Aussi, Chérif Hamidou Ba mieux-t-il les défis majeurs doivent faire face au G5 Sahel ainsi que son prochain Sommet que devra abriter...