Colère, frustration et indignation des cadres et militants du parti jugeant son second congrès « illégal », dissidence des sections et sous-sections de Mopti, Tombouctou, Kayes, Taoudéni, Ségou, Kati et de la commune V du district de Bamako…
La descente aux enfers du parti ADP-Maliba se poursuit. Inexorablement.

Pourtant, rien ne présageait ce parti, promu à un bel avenir, à une fin aussi atroce, cruelle. Fondé, il y a quatre ans, par le richissime homme d’affaires, Aliou Boubacar Diallo, il disposait de tous les atouts pour se forger une place de choix sur l’échiquier politique national. Notamment, la jeunesse de ses cadres, leur crédibilité, leur parcours ; mais surtout, les moyens colossaux dont dispose son fondateur, un des rares Maliens à disposer d’une mine d’or industrielle.

La guerre des chefs

Quelques mois après le lancement du parti, il s’éclipse, prend le titre de président d’honneur du parti. Avant d’en confier les rênes à un jeune, qui vient de faire son apparition sur la scène politique : Mr Amadou Thiam. Grâce à sa crédibilité, à son sérieux, il a – en l’espace de quelques mois – donné au parti ses lettres de noblesses. Mieux, le parti a réussi, en collaboration avec le parti SADI, à disposer de son Groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.
Résultat : à la présidentielle de juillet dernier, le parti est arrivé troisième. Du coup, il suscite des convoitises. Non seulement, de la part du pouvoir qui voit en lui un partenaire de choix ; surtout, après le refus de l’URD – arrivé second à la présidentielle – de reconnaître la victoire d’IBK ; mais aussi, de la part de son fondateur, qui voit, désormais, dans son parti, une occasion d’en tirer des dividendes. La suite, on la connaît.
Soupçonnant l’honorable Amadou Thiam, président du parti ADP-Maliba, d’accointances avec le pouvoir, Mr Aliou Boubacar Diallo, devenu entre-temps président d’honneur du parti, congédie Thiam. Sous prétexte que son mandat est arrivé à expiration.
Décidé à en finir avec lui, Aliou Boubacar Diallo saisit la justice pour l’organisation d’un congrès. Ce qu’il obtient.
Entre-temps, Mr Thiam, nommé ministre chargé des Réformes Institutionnelles et des Relations avec la Société Civile, démissionne du parti.
Censé resserrer les rangs au sein du parti, le congrès, tenu samedi dernier, au Centre International des Conférences de Bamako, semble avoir exacerbé les tensions entre cadres, sous-sections, sections et militants du parti. Pour eux, ce congrès, décidé de façon « unilatérale », par Mr Aliou Boubacar Diallo, est « illégal ».
Un congrès jugé « illégal »

Au cours de leur conférence de presse, organisée le 21 mai dernier, à la Maison des Jeunes de Bamako, les membres du Comité exécutif sortant du parti accusent le fondateur du parti d’avoir violé les textes du parti.
Selon Mr Bocar Sambaida Cissé, leur porte-parole, les participants au congrès du samedi dernier avaient été triés sur le volet. « Moi, en tant que première responsable des femmes du parti, je n’ai pas été informée de la tenue de ce congrès. Nous constatons qu’aujourd’hui qu’à l’ADP-Maliba, on travaille pour le plus riche », indique Mme Daou Assétou Traoré.
Présents à cette conférence de presse, les représentants des sections de Mopti, Tombouctou, Kayes, Ségou, de la commune V du District de Bamako et de la section de la commune du Mandé… dénoncent, de leur côté, l’illégalité de ce congrès. Avant d’appeler à ne pas respecter les recommandations, qui en sont issues.

Vers la fin de l’ADP-Maliba ?

Chargé par le tribunal d’organiser ce congrès, le richissime homme d’affaires et non moins fondateur du parti foule au pied ses textes, en désignant lui-même les participants ; alors que ceux-ci devraient être désignés au cours d’une conférence de sous-section et de section.
Pire, ajoutent les dissidents du parti, Mr Aliou Boubacar Diallo tient ce congrès au moment où, la décision qui l’y autorise reste pendante à la Cour d’Appel.
Bref, les dissidents du parti, dont le nombre croit de jour en jour, accusent, ouvertement, le richissime homme d’affaires, Mr Aliou Boubacar Diallo, de vouloir gérer le parti, comme il gère son entreprise. Et n’entendent pas le laisser faire. Sans réagir.
Comme on le voit, le parti ADP-Maliba est à un tournant décisif de son histoire.
Et ce second congrès, organisé dans les conditions que l’on sait, est loin de ramener la cohésion au sein de ce parti, ravagé depuis quelques mois par des querelles de leadership. Mauvais présage.
Oumar Babi 

Source: Canard Déchainé

 

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