president ibrahim boubacar keita ibkLe 04 Septembre 2013, IBK a prêté le Serment au C.I.C.B devant une foule nombreuse composée de personnalités Maliennes et étrangères.

 

Lors de sa prestation de serment, en début de mois, le président de la République nouvellement élu disait en substance ceci pour marquer son territoire dès le départ : « Je puis, Monsieur le Président de la Cour, Mesdames et Messieurs, vous dire que le Président de la République que je suis désormais, grâce à cette confiance massive des Maliennes et des Maliens, fera de ce socle, le départ du renouveau de notre Pays dans tous les domaines. Ah, Maliennes et Maliens ! J’ai compris votre message. Il m’est allé jusqu’au fond de l’âme. Je prends l’engagement de le traduire désormais au quotidien, pour l’Honneur du Mali. Pour le bonheur des Maliens !

 

 

Le Mali d’abord ! La confiance, la grande, la très grande confiance placée en moi ne sera jamais galvaudée. Je veillerai désormais à sauvegarder notre peuple, en ses personnes et ses biens ».

Cependant, après les premiers actes prosés par lui, on peut faire le constat suivant :

 

1er Constat : en ce qui concerne la déclaration de ses biens.

 

IBK n’a pas respecté la Constitution

L’article 37 de la Constitution du Mali en son alinéa 2 dispose : « Après la cérémonie d’investiture et dans un délai de 48 heures, le président de la Cour Suprême reçoit publiquement la déclaration écrite des biens du président de la République. Cette déclaration fait l’objet d’une mise à jour annuelle ». IBK a été investi le 4 septembre dernier, voici une dizaine de jours passés à notre connaissance, il n’a pas remis entre les mains du président de la Cour suprême et en séance publique la déclaration écrite de ses biens.

 

 

2ème Constat : Moussa TRAORE réhabilité sans l’avis du Peuple

Dans l’esprit de la majorité des Maliens, Moussa TRAORE a été un dictateur sanguinaire et non un Républicain. Cependant, si IBK a fait l’éloge lors de la cérémonie de prestation de Serment à l’endroit de ce même Moussa en disant ceci «… Monsieur le Président Moussa TRAORE, El hadji Moussa TRAORE, Général Moussa TRAORE, votre présence ici aujourd’hui ne me surprend guère. Elle est le fait du grand républicain que vous êtes, mon général. On comprendra donc que les hommages commencent par vous… » C’est la déclaration faite par le président IBK à l’ancien président Moussa TRAORE, le jour de son investiture, provoquant un tollé. C’est pourquoi l’ADR-FDR a répliqué le ton en disant que  « Moussa TRAORE n’a été qu’un dictateur sanguinaire et non un Républicain ».

 

Comment peut-on considérer comme grand républicain un homme condamné à une peine afflictive et infamante ? Ne savait-il pas que Moussa a été condamné doublement à mort ? Il a été certes gracié mais n’a pas recouvré ses droits civiques parce que n’ayant pas été amnistié.

 

 

Comment IBK a-t-il donné l’occasion à l’ancien dictateur, plus de 20 ans après son renversement par une insurrection populaire, parachevée par un coup d’état militaire en 1991, le jour de son investiture autant de notoriété qu’il a bien eu du mal à se défaire de la foule d’admirateurs ?

 

 

3ème Constat

Comment se fait-il que lors de la cérémonie solennelle de la cour suprême, IBK a-t-il permis à la langue tordue et pendue d’une griotte soit-elle une grande vedette de semer le trouble dans la salle à la grande surprise générale de tous. Nous savons que les griots et griottes ont toujours été aux services des princes KEITA du Mandé depuis la nuit des temps, mais aller jusqu’à gâcher un évènement solennel, il ne fallait pas franchir le pas.

 

 

C’est pourquoi le Président de la Cour Suprême Nouhoum TAPILY a appelé à la retenue et un peu de sérieux dans la salle. Cette sortie de Nouhoum TAPILY est une mise en garde à la griotte en lui rappelant que la dite séance n’est pas une cérémonie de «Soumou Koura«. On se pose même la question de savoir comment a-t-elle pu se faire inviter à cette cérémonie ?

 

 

4ème Constat

 

 

Zahabi, un ex-poseur de bombes nommé Ministre des Affaires Etrangères. Il a dans le passé posé des bombes en 1990-1992 dans le Nord du Mali, menacé de faire exploser Bamako, la capitale. Il a les mains maculées de sang de civils innocents.

 

 

Combien de soldats Maliens sont tombés sous les coups de boutoir de Zahabi alors Chef rebelle du Fiaa (Front Islamique arabe de l’Azawad) ? Combien de civils innocents sont-ils tombés dans les régions de GAO et TOMBOUCTOU ?

 

 

N’a-t-il pas menacé en 1993 de poser des bombes à Bamako, même si certains pensaient que c’était une menace de sa part ? Ne devrons-nous pas reconnaitre que l’intention vaut l’action ?

A l’annonce de sa nomination, certaines de ses victimes sont tombées de nues. Pour elles, c’est la promotion des criminels de guerre qui, dans les conditions normales, devraient se retrouver dans les box avoisinants ceux de Charles TAYLOR à la Haye au compte de la cour pénale Internationale (C.P.I). Disons qu’aucune réconciliation Nationale ne justifie la promotion des anciens criminels de guerre. La réconciliation nationale ne saurait être sacrifiée sur l’autel de l’Injustice. Les Maliens doivent effectivement savoir la Vérité sur leurs dirigeants, c’est cela aussi la réconciliation Nationale. Celui-ci a un curriculum Vitae (CV) macabre dont le répertoire est le suivant :

 

 

Attaque de Rharous (plusieurs victimes morts et blessés civils).

Attaque des cars de transport de passagers (route Sévaré – Gao) avec plusieurs victimes morts et blessés civils.

 

Attaque d’Ansongo ‘plusieurs victimes morts et blessés civils)

 

 

Attaque de Bourem (plusieurs victimes morts et blessés civils)

 

Attaque de Bamba (plus de 90 civils tués) etc. Ils ne peuvent pas continuer à narguer le peuple malien – L’Amalgame doit être évité au début d’un tel mandat soutenu à 78% par les Maliens.

 

 

La réconciliation oui, mais d’abord il faut l’établissement des torts et des injustices, les coupables d’un côté, comme de l’autre, soient poursuivis et punis, conformément aux lois en vigueur.

 

5ème Constat : Pourquoi un Ministre dédié uniquement au développement des Régions du Nord, comme s’il n’y avait pas de sous-développement dans les Régions du SUD ?

 

 

Savez-vous que 82% de nos communes rurales dont les trois quart sont dans les Régions du SUD ont un indice de Pauvreté Communal négatif. Les variables qui rentrent dans cet indice composite sont le taux d’accès aux équipements Collectifs de base, le taux d’utilisation de l’électricité comme source d’éclairage des ménages. Ce taux négatif des Communes rurales signifient qu’elles sont très pauvres aussi bien au Nord qu’au Sud.

 

 

Savez-vous qu’au Sud du Mali, pour ce qui est de l’éducation, il est encore à regretter le faible nombre d’écoles fondamentales second cycle par rapport à l’effectif des écoles primaires. Ainsi l’on ne dénombre en moyenne que 15 écoles second cycle pour écoles primaires. On dénombre encore au Mali 194 Communes sans second cycle.

 

 

Cela voudrait dire que l’atteinte des objectifs du millénaire pour le développement en matière d’éducation ne se fera pas d’ici 2015.

 

 

Savez-vous que dans les régions du Sud, il y a encore 74 Communes dispersées presque dans tous les cercles des différentes régions administratives particulièrement à Kita, Sikasso, Bougouni et Douentza etc… cette situation concerne 600 000 âmes.

 

 

Savez-vous que 52% des Communes Rurales sont très pauvres. Ce pourcentage est encore plus élevé à Mopti (76%) à Sikasso (55%) Tombouctou (56%) et Kidal (70%) ?

 

Savez-vous que la Norme OMS qui est de 5 000 habitants pour une sage-femme est de 48 000 habitants en moyenne pour nos communes rurales au Sud ?

 

 

Pour éveiller les consciences, Mr. Cheick TANDINA dans le N° 259 du jeudi 12 Septembre 2013 du Prétoire dans la rubrique «Politique» s’exprimait en ces termes :

 

 

« Le grand public n’a pas oublié, en effet, que depuis des décennies le nord engloutit une très grande part de l’aide publique au développement même si, au finish, seuls quelques individus (ministres, élus, notables, chefs coutumiers, chefs de projet ou de programme, etc.) en profitent réellement. Le grand public sait également que le souci de ces rebelles terroristes avec lesquels le gouvernement veut dialoguer et négocier n’est pas le développement de leurs terroirs. Sinon, pendant le laps de temps où ils se sont rendus maitres du septentrion, ils n’auraient pas déchiré le fragile tissu socioéconomique, détruit le peu de réalisations qui ont pu être faites péniblement grâce aux partenaires. Pour rappel, dans les centres de santé, les lits, matelas, draps  et couvertures ont été emportés par les assaillants de même que certains matériels et équipements dont des véhicules et motos. De la même manière, des écoles ont été pillées de fond en combles avec les battants des portes et fenêtres arrachés et emportés ; des ONG, projet et programmes de développement ont également été saccagés et pillés.

Le gouvernement aura donc du mal à dialoguer et à travailler avec des gens qui n’ont pas la même perception du développement que lui.

 

 

Par ailleurs, pourquoi un département consacré uniquement au développement des régions du Nord ? N’est-ce pas cautionner cette dichotomie qui veut qu’il y ait un Mali du Nord et un Mali du sud, alors que le développement doit être national, total et intégré ? Les ressortissants des autres régions vont-ils continuer à accepter que le gouvernement injecte des centaines de milliards dans une seule et même partie du pays au profit de ces rebelles et chefs traditionnels qui sont les premiers à détourner et piller les ressources avant de prendre les armes contre le pouvoir central ?

Il est temps pour le pouvoir central de ne plus faire de différence entre le nord et le sud d’un pays qu’il veut un et indivisible.

 

 

D’autant plus qu’une initiative pareille s’était révélée malheureuse. C’était en 1996-1997, lorsqu’IBK, en sa qualité de Premier Ministre du président Alpha Oumar KONARÉ, pour faire plaisir à des amis politiques, comme c’est le cas aujourd’hui, avait créé un ministère des zones arides et semi-arides ». Plus récemment, le président Amadou Toumani TOURÉ, pour les mêmes raisons, a tenté la même chose avec la création du projet PSPSDN d’un montant de 30 milliards FCFA. Le résultat de ce projet doit être connu de tous après un audit technique et financier à faire. Cependant, il faudra signaler dès à présent que pour tous les marchés adjugés en ce qui concerne ce projet, seules les fondations des Infrastructures ont été réalisées. A cette étape, la totalité des décaissements a été faite au profit des entreprises qui dans la majorité était des Entrepreneurs Touaregs ou arabes des Régions du Nord. Aucun entrepreneur sudiste n’a eu un marché dans le cadre de l’Exécution de ce projet. Pour couvrir cette arnaque, avec la rébellion renaissante les fondations ont été tout simplement dynamitées laissant croire que les dites Infrastructures avaient été totalement réalisées. Le problème dans les Régions du Nord est moins le sous-développement que la présence effective de l’Etat. L’Etat du Mali doit s’assumer pleinement. C’est à cause de sa fermeté surtout par rapport au Nord que le Peuple Malien a plébiscité IBK. Ce n’est donc pas pour dresser le Nord contre le Sud ou le Sud contre le Nord. Le sous-développement existe aussi bien au Nord, qu’au Sud. Les deux expériences citées ci-haut ont tourné court.

 

 

Et IBK ne tardera pas à connaitre le même sort tant qu’il se refusera à appréhender le véritable problème du Nord qui est l’absence totale de l’Etat.

 

Namori DOUMBIA

Politologue à Missira Bamako

SOURCE: Le Prétoire
MaliwebPolitique
  Le 04 Septembre 2013, IBK a prêté le Serment au C.I.C.B devant une foule nombreuse composée de personnalités Maliennes et étrangères.   Lors de sa prestation de serment, en début de mois, le président de la République nouvellement élu disait en substance ceci pour marquer son territoire dès le départ :...