Vendredi 14 juin 2019, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali a rendu public, à Genève, un communiqué dans lequel il estime que les violations des droits de l’homme commises au Mali, depuis un bon moment, pourront recevoir la connotation de crimes contre l’humanité.

 

Les attaques meurtrières qui se multiplient contre des civils au centre du Mali ainsi que dans certaines régions du nord du pays pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité, a précisé l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali, Alioune Tine.

«Ces violations des droits de l’homme, documentées presque toutes les semaines depuis plus d’un an, pourraient être qualifiées de crimes contre l’humanité », a-t-il laissé entendre. Cette intervention fait suite à l’attaque qui a eu lieu dans la nuit du dimanche 9 juin au lundi 10 juin 2019 dans le village dogon de Sobane Da, au centre du Mali.

Aux dires de M. Tine, cette attaque « s’inscrit dans l’intensification du cycle de violence meurtrière dans le centre du Mali ». Ce qu’il déplore, c’est le fait que ces attaques ne soient menées que contre des populations civiles. « Il a d’ailleurs indiqué avoir reçu des informations faisant état de nombreuses personnes tuées et blessées, ainsi que de dizaines de personnes enlevées, avec un nombre élevé de femmes et d’enfants parmi les victimes », précise-t-on sur le site des Nations-Unies qui rapporte ces propos de Alioune Tine qui rassure : «Les enquêtes se poursuivent et de plus amples détails, y compris le nombre exact de victimes, seront bientôt disponibles ».

L’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali a tenu à inviter au renforcement de la protection des personnes, mais aussi à faire entendre les auteurs de telles atrocités. Car, précise-t-il, « L’impunité pour ces crimes donne aux auteurs un sentiment d’immunité ». Il recommande que soient mises en place des « mesures préventives pour protéger les civils ». C’est dans ce cadre qu’il formule ses vœux : « J’exhorte les autorités maliennes à mettre en place une force de sécurité renforcée dans le centre du pays ».

Quant à la question des milices, il a recommandé le désarmement et la dissolution immédiate de toutes ces milices armées. Rappelons que le président de la République malien n’a pas manqué à rassurer les citoyens maliens de ce désarmement prochain des milices. C’était lors de son passage à Sobane Da le jeudi 13 juin dernier. En outre, Alioune Tine suggère la tenue d’enquêtes judiciaires efficaces afin que les auteurs de tels actes soient traduits devant la justice.

Il a fait comprendre également la nécessité d’« une approche globale et coordonnée » afin que non seulement de nouvelles violences ne soient plus possibles, mais aussi, et surtout de mettre un terme de façon durable à ces violences.

Alioune Tine termine en lançant un appel vibrant à tous les acteurs de la paix au Mali : «J’en appelle au gouvernement malien, à la société civile, aux dirigeants traditionnels et religieux, ainsi qu’à la communauté internationale et aux instances régionales, à s’acquitter de leurs responsabilités respectives ».

Fousseni TOGOLA

 LE PAYS

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Vendredi 14 juin 2019, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali a rendu public, à Genève, un communiqué dans lequel il estime que les violations des droits de l’homme commises au Mali, depuis un bon moment, pourront recevoir la connotation de crimes contre l’humanité.   Les attaques...