La transition a du plomb dans l’aile au regard des récentes arrestations qui, selon Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO au Mali,  « ne sont pas de nature à faciliter la conduite de la transition ».

 

La CEDEAO, acteur clé du processus de crise sociopolitique au Mali, a déposé de nouveau ses valises à Bamako, le lundi 11 janvier 2021, pour 48 heures. La mission conduite par son médiateur Goodluck Johnathan est centrée sur la feuille de la transition, l’inclusivité du processus et le niveau de concertation avec les différents segments de la société.

Elle s’inscrit dans le cadre du suivi de la mise en œuvre des décisions du mini-sommet sur le Mali, tenu  en octobre 2020 à Accra, qui a permis, selon le Premier ministre Moctar Ouane,  de « traiter des questions telles que l’élaboration de la feuille de route de la transition qui aborde l’organisation des élections, les réformes politiques, la sécurité nationale, la gestion du front social, l’inclusion et la question relative à l’arrestation  de certaines personnalités, ces dernières semaines ».

Cette visite intervient dans un contexte d’ébullition du front social avec la grève de l’UNTM et l’arrestation de certaines personnalités accusées d’ourdir un projet pour déstabiliser la transition. Excepté l’ancien Premier ministre Boubou Cissé visiblement recherché par  le Procureur Mamoudou Kassogué et l’ex-secrétaire de la Présidence Sékou Traoré en liberté sous contrôle judiciaire,  messieurs  Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Mamadou Koné et Souleymane Kansaye du Trésor national, Aguibou Tall de la société de télécommunication AGEFAU, et de Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, activiste et chroniqueur de radio passent depuis quelques jours leurs nuits à la prison centrale de Bamako. Le communiqué du procureur  se fondant sur « des enquêtes menées par le service d’Investigation Judiciaire (SIJ) de la gendarmerie nationale » soupçonne ces derniers  « sur les faits d’atteinte à la sureté intérieure de l’Etat, dénoncés au parquet par les services de Sécurité… ».

Pour la médiation de la CEDEAO, cette chasse aux sorciers et la grogne sociale constituent un obstacle au bon fonctionnement de la transition.  « Le médiateur a aussi fait remarquer que l’ébullition du front social et les récentes arrestations ne sont pas de nature à faciliter la conduite de la transition », a révélé le Premier ministre Moctar Ouane.

Du côté du Premier ministre malien, la lecture est tout autre.  « Sur ces points, j’ai tenu à rassurer que mon gouvernement est engagé à la tâche et rester attentif à l’évolution des affaires judiciaires qui suivent un cours parfaitement légal », a indiqué Moctar Ouane.

Quant à l’inclusivité de tous les acteurs dans le processus de transition,  ils « seront impliqués au processus qui sera enclenché », a rassuré le Premier ministre Ouane qui a souligné que le programme de la transition assorti d’un chronogramme est bien ficelé depuis le 25 novembre 2020 et n’attend que le quitus du Conseil National de la Transition censé valider selon la charte de la transition.

Et le Chef du Gouvernement de promettre : « Dans les semaines à venir, le Programme d’Action Gouvernemental assorti d’un chronogramme sera validé et une conférence sociale sera organisée afin d’écouter et prendre en compte toutes les parties prenantes pour la bonne marche de la transition et pour la tenue des élections libres et crédibles », a promis le Chef du gouvernement de la transition.

D.C.A

Le Soft

MaliwebPolitique
La transition a du plomb dans l’aile au regard des récentes arrestations qui, selon Goodluck Jonathan, médiateur de la CEDEAO au Mali,  « ne sont pas de nature à faciliter la conduite de la transition ».   La CEDEAO, acteur clé du processus de crise sociopolitique au Mali, a déposé de nouveau ses...