Le débat Afrique de la radio France international (Rfi) avait sur le plateau, le weekend passé, deux Maliens pour discuter de la situation sociopolitique de leur pays. Une occasion pour les deux invités : Me Fatoumata Sidibé Diarra et Poulo de défendre leur position sur le respect du délai de la transition.

Toute la crise socio politique, sécuritaire et diplomatique du Mali était au menu des échanges lors de ce débat entre Housseini Amion Guindo Politique, non moins ancien ministre ayant occupé plusieurs portefeuilles ministériels et l’avocate inscrite aux barreaux de France et du Mali, Me Fatoumata Sidibé Diarra. Les deux personnalités ont des perceptions différentes quant à la durée de la transition en cours au Mali.  L’avocate a tout d’abord souligné que le problème du Mali n’est pas une question d’homme, mais, une question de système politique et de gouvernance. « Un système conçu par les Maliens » dit-elle pour dire que les hommes politiques traditionnellement sollicités doivent être écartés cette fois-ci à ces assises nationales. Selon elle, le Mali a besoin d’un système comme le décrit le président Ghanéen Jerry Rawlings pour que même si le diable venait au pouvoir qu’il ne puisse pas faire ce qu’il veut. « Avec tout le respect que j’ai pour les partis politiques et hommes politiques, il faut les mettre de côté pour que le reste des Maliens discutent » a-t-elle confirmé. Surtout que lors des récentes discutions des termes de références des assises nationales, un tournant important de la vie du Mali, rappelle-telle, le débat de fond a été occulté par des petites querelles politico politiciennes sur des sujets de participation et de non-participation « pourquoi diable, ne pas laisser les agendas politiques de côté et se diriger vers l’essentiel » a-t-elle déploré. Tout en rappelant que l’objet du parti politique est la conquête du pouvoir, elle dit de mettre de côté cette question afin de faire face à l’essentiel, vu que, selon elle, le Mali n’existe aujourd’hui quasiment plus aujourd’hui à cause de l’insécurité. « En tant que fils du pays, sans aucune étiquette politique, sans aucun agenda politique, mettons nous en ordre de bataille ( pour chercher à savoir) quel type d’Etat nous voulons, quel type de gouvernance, quelles sont les valeurs sur lesquelles nous devons nous appuyer, quelles sont les valeurs sur lesquelles les dirigeants que nous allons élire vont s’appuyer, quels sont les modes de contrôle que nous aurons pour contrôler ces dirigeants » a-t-elle déclaré avant d’ajouter qu’en ce moment, une fois qu’on sera d’accord, les partis politiques libres à eux, pourront enfin nous faire une offre politique adaptée.

Concernant cette pression sur le respect du délai des 18 mois, Me Fatoumata Sidibé Diarra trouve que ça ne colle pas avec la volonté de changement recherchée par le peuple. « Je ne comprends pas ce fétichisme de date par rapport à ce mois de février 2022 » a-t-elle laissé entendre avant de rappeler : « La CEDEAO, lors de la crise poste électorale en 2018 nous disait, nous maliens de prendre des décisions courageuses et que cela comprend, la révision de la constitution et maintenant qu’on veut prendre cette décision courageuse, on veut nous en empêcher. Mais de quel droit ? » elle n’a pas manqué de mettre en garde que « si nous précipitons à ces élections au mois de février 2022, sans avoir fait une analyse, sans savoir quel est le problème qui explique toutes ces ruptures, sans se demander pourquoi cette population ne se sente pas représenté par l’Etat qu’elle considère comme un corps étranger, ces dirigeants qu’elle considère comme illégitimes, qu’on n’est pas de moyen de contrôle sur ces dirigeants-là, nous nous dirigeons dans quelques mois qui suivront ces échéances, si nous devons les appliquer, à une nouvelle rupture de la constitutionnelle ».

Pour sa part, « on ne change pas la règle du jeu pendant le jeu » a indiqué pour sa part, Housseini Amion Guindo avant de rappeler qu’il y’a eu une première concertation nationale en début de cette transition, à laquelle elle tire d’ailleurs, selon lui, toute sa légitimité. Il estime que ce n’est pas la communauté internationale qui veut imposer le délai de la transition comme le fond croire beaucoup. « Ça été décidé par nous-mêmes dans la charte de la transition qui a fixé 18 mois » at-il indiqué en se posant la question que si avec l’arrivée d’un nouveau premier ministre, on abandonne toutes les concertations et les objectifs de la transition après 9 mois, « qu’est ce qui nous prouve que s’il y’a un troisième premier ministre, ce dernier ne viendra pas avec son assise pour demander neuf autres mois supplémentaire ? » Pour sa part et en réponse de vouloir donner « un blanc Sain » à la transition en cours, Me Fatoumata Sidibé Diarra a souligné qu’il suffit de regarder ces dernières années, pour observer tout le retard accumulé.

Issa Djiguiba

Source: LE PAYS

MaliwebPolitique
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