La première sortie médiatique de Gouagnon Coulibaly, le désormais président de l’URD, intervient après la confirmation du jugement du tribunal de la Commune V par la Cour d’Appel de Bamako. Occasion pour le successeur de feu Soumaila Cissé d’enfiler son costume de   rassembleur et de soutien à la transition avant de se prononcer sur la situation politique et sécuritaire du Mali. Ce, avec un accent particulier sur l’Avant-projet de la nouvelle Constitution.

 

Cette première rencontre consacrée à la presse n’est pas anodine puisqu’il s’agissait pour l’ancien député de Kati d’exposer sa victoire sur la place publique contre ses adversaires dirigés par le vice-président du parti, Pr Salikou Sanogo. Après des mois de léthargie marqués par une bataille judiciaire, la formation politique de feu Soumaila Cissé sera désormais au-devant de la scène politique pour se prononcer sur tous les sujets d’intérêt national.

Stratège politique qu’il est, Gouagnon a vite occupé le terrain juste après son installation suite à la confirmation du jugement du tribunal de la Commune V par la Cour d’Appel de Bamako. Ainsi, le bureau politique national de l’Union pour la République et de Démocratie a organisé le samedi 3 novembre 2022 une conférence de presse pour non seulement édifier l’opinion nationale sur la bataille judiciaire qui secoue la stabilité du parti mais également sur la situation sécuritaire et politique du Mali.

Gougnon Coulibaly en rassembleur

Conscient de sa responsabilité politique et historique vis-à-vis de ses prédécesseurs dont le père fondateur de l’URD, le regretté Soumaila Cissé, Gougnon Coulialy se pose désormais comme la seule alternative crédible pour redorer le blason du parti de la poignée de main. Cela, dans le souci de mieux relever les défis auxquels le parti fait face depuis la disparition de son président fondateur. « L’Union pour la République et la Démocratie (Urd) est de retour après tant de mois d’absence car sa voix forte et pesante a sans doute manqué », indique le président Gouagnon Coulibaly. L’ancien parlementaire enfonce le clou dans un langage on ne peut plus clair. « Je suis le seul chef du parti de la poignée de main », avertit-il les contestataires de sa légitimité à la tête de l’URD.

Malgré cette mise au point, Gouagnon Coulibaly garde sa posture de rassembleur de tous les militants du parti. Il dit être prêt à s’investir auprès de tous ses camarades contestataires absents de la salle pour les convaincre qu’il n’y a pas d’alternative à l’unité et à la cohésion du parti. « Les perspectives individuelles se forgent et s’épanouissent dans le destin collectif. Je leur tends avec sincérité la main militante et fraternelle car ils sont et demeurent des militants et hauts responsables de l’Urd », a-t-il expliqué.

Il se félicite de l’esprit d’ouverture des uns et des autres. Selon lui, malgré le feuilleton judiciaire, l’unité du parti est restée indemne avec zéro départ. « Cette crise née du refus de certains cadres et militants du parti d’accepter non seulement la tenue du congrès extraordinaire en janvier 2022 et mon l’élection à la tête du parti doit un être un mauvais souvenir dans la vie de l’URD », a-t-il dit.

Parlant de la candidature du parti pour les prochaines élections et la situation de certains responsables de l’URD qui font l’objet de mandat d’arrêt international, Gouagnon Coulibaly a indiqué que l’URD est plutôt préoccupée par son unité interne que par un débat autour de la désignation d’un candidat. Ainsi, il met en garde contre les positionnements personnels qui risquent de fragiliser le parti. « C’est le lieu de rassurer tous les militants et de leur redire ma confiance en leur lucidité et en la justice de notre pays afin que la légitimité démocratique non viciée du parti, qui s’est fortement, le 16 janvier 2022, soit davantage confirmée par le vent du renouveau qui souffle désormais sur le parti et par les instances judiciaires », a-t-il souligné.

En ce qui concerne la situation judiciaire de Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et de Mamadou Igor Diarra, ancien ministre de l’Economie et des Finances, il a laissé entendre que les deux cadres cités dans le dossier de l’affaire dite « paramount » bénéficient le soutien total du parti.

Soutien à la transition

L’autre plat de résistance a été sans nul doute la situation politique et sécuritaire du Mali avec un accent particulier sur l’avant-projet de la nouvelle Constitution.  Saluant les efforts des autorités actuelles malgré certaines difficultés sur le plan économique et politique, l’URD, par la voix de son président, a réaffirmé son soutien au processus de transition. « Il répond au souci du parti d’apporter son appui politique et sincère à la réussite de la transition qui sera infailliblement la réussite du Mali », a précisé le président du parti de la poignée de main. Il a salué les efforts louables sur le plan militaire et se réjouit de la posture offensive engagée par les forces armées maliennes.

Concernant l’avant-projet de la nouvelle Constitution, Gouagnon Coulibaly a indiqué que l’URD privilégie l’approche la plus inclusive dans le cadre d’un dialogue national, démocratique, républicain et fécond pour doter le Mali d’une Constitution acceptée par une large majorité des Maliens.

Nouhoum DICKO

Source : L’Alerte