Civil, comme réclamé par la Cédéao, mais ancien militaire de carrière, le président de transition fera peu d’ombre aux soldats putschistes.

Le comité n’a pas eu le choix. Ses 15 membres censés nommer le président de transition du Mali ont juste pris acte du choix des militaires. “La junte est arrivée dans la salle avec les deux noms et le comité a pris acte”, ont rapporté des participants. Ainsi, les militaires assoient un peu plus leur emprise sur le pays. Le comité fantoche désigné par les militaires a fait ce qu’on lui demandait : à savoir, rien.

 

Voilà donc un colonel à la retraite, Bah Ndaw, à la tête de la transition politique dans son pays. Né en 1950, “le grand” comme on le surnomme (1,95 m !), a fait une longue carrière militaire, et une bien plus courte carrière politique.

A peine incorporé dans l’armée en 1973, il est désigné pour suivre un stage de pilote d’hélicoptère en URSS. En 1976, il intègre la 7e promotion de l’Ecole interarmes de Koulikoro, au Mali. Mais c’est en URSS et en France qu’il suivra l’essentiel de sa formation.

Un civil très militaire !

De sa vie militaire, on retiendra surtout qu’il a été l’aide de camp du président Moussa Traoré, militaire également, qui pris le pouvoir par un putsch et le conserva 23 ans, avant d’être renversé. Moussa Traoré qui est décédé le 15 septembre 2020.

Bah Ndaw mène ensuite une carrière dans les états-majors : armée de l’air, Garde nationale, etc. En 2008, on le retrouve à la tête de l’Office national des anciens combattants. En 2014, il fera un bref passage par la politique. Il est nommé ministre de la Défense après la déroute des forces armées maliennes face aux Touaregs à Kidal. Il ne restera à ce poste que quelques mois.

Bref, si Bah Ndaw est un civil, il est quand même singulièrement marqué par la chose militaire. Nul doute qu’il trouve auprès des hommes qui dirigent le pays une communion de pensée. Il partage avec Assimi Goïta une formation identique à l’Ecole militaire interarmes. Et le nouvel homme fort du pays, qui occupera la vice-présidence, s’est rendu chez Moussa Traoré peu de temps après le coup d’Etat.

Marionnette ?

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui réclamait un civil au poste de président a obtenu satisfaction. Ce dernier nommera vraisemblablement un civil comme Premier ministre et le tour sera joué. Les apparences seront sauves, et la Cédéao pourra lever les sanctions économiques. Les pays de la communauté ont fait un ultime pas en direction des militaires en acceptant une période de transition de 18 mois.

La question est désormais de savoir comment réagira la rue, ou plutôt l’opposition. Le pays avait accueilli le coup d’Etat avec soulagement, espérant y voir un nouveau départ pour le pays. Depuis, les relations se sont un peu détériorées. Une partie du Mouvement du 5 juin accuse la junte de faire cavalier seul. Il ne lui reste que l’hypothétique poste de premier ministre pour espérer participer à la transition. Et il n’est pas sûr que les militaires en fassent cadeau.

Franceinfo

MaliwebPolitique
Civil, comme réclamé par la Cédéao, mais ancien militaire de carrière, le président de transition fera peu d'ombre aux soldats putschistes. Le comité n'a pas eu le choix. Ses 15 membres censés nommer le président de transition du Mali ont juste pris acte du choix des militaires. 'La junte est arrivée...