Si rien n’est encore officiel sur la nouvelle durée des 20 mois proposés par la Transition malienne qui s’était donnée une période incompressible, tout délai en deçà de deux ans constitue une reculade qui entamerait la confiance d’une bonne partie des Maliens aux autorités. Alors le Mali va-t-il céder après avoir entretenu le bras de fer avec la CEDEAO pendant plusieurs mois ?

 

En marge du Sommet des Chefs d’État sur la sécheresse et la gestion durable des terres à l’occasion de la COP15 dont les travaux ont été ouverts ce lundi 9 mai à Abidjan, des responsables de l’UEMOA ont profité de l’occasion, pour se réunir à nouveau, sur le Mali disposé à renouer le dialogue sur le délai de la Transition : goulot d’étranglement avec la communauté internationale.

Cette réunion intervient à la suite de la décision des autorités de Bamako de donner un nouveau souffle au dialogue qui était presque au point mort, avec la communauté internationale fâchée contre la proposition du Mali jugée, selon elle, comme un mandat pour se maintenir au pouvoir.

Ainsi, lors de sa visite de travail au Togo, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye DIOP, a officiellement sollicité la médiation du président togolais sur instruction du président Assimi GOITA en vue de «  soutenir l’effort de dialogue du gouvernement malien avec l’ensemble de la communauté internationale et de prendre des initiatives de facilitation et/ou missions de bons offices pour mobiliser à nouveau les acteurs régionaux et internationaux autour de la Transition dont la visée essentielle demeure l’organisation d’élections libres, transparentes et crédibles et le retour à l’ordre constitutionnel.»

Alors que le processus de médiation entamé sous le leadership du président Faure E.  Gnassingbé, plusieurs sources annoncent des avancées et se prononcent déjà vers une levée des sanctions infligées au Mali depuis le 9 janvier 2022.

Selon elles, le gouvernement qui s’était donné un délai de 24 mois incompressible a finalement décidé d’adoucir sa position. Sa nouvelle proposition et de 20 mois pour la 2e phase de la transition, affirment les mêmes sources. Cependant, à ce stade du dialogue, la position du gouvernement reste les 24 mois.

« Pour l’instant, on s’en tient à la décision du gouvernement lu par le porte-parole du gouvernement, il y a quelques semaines et les propos du Premier ministre tenus devant le Conseil national de Transition », nous indique une source du gouvernement.

Par ailleurs, si rien n’est encore officiel sur la nouvelle proposition du gouvernement, mais toute décision fléchissant la position des autorités de la Transition serait une reculade et un abandon en plein vol d’une partie du Peuple malien.

Elle aurait aussi pour conséquences d’entacher la confiance de ceux qui pensent que le Mali pourrait réussir sans les organisations sous régionales.

Également, en faisant des compromis sur les 24 mois, la Transition se rend coupable de trahison aux yeux de certains observateurs après avoir engagé le Peuple dans un bras  fer qu’elle ne pouvait pas tenir et dont les conséquences ont été exacerbées par la crise économique au plan mondial, avec notamment la guerre en Ukraine.

Et d’ailleurs, c’est inédit qu’un pays soit sous embargo pour faute de consensus et d’accord entre les autorités nationales et les responsables de la CEDEAO et de l’UEMOA.

Toutefois, un observateur politique estime que les autorités de  la Transition en sollicitation, une médiation en vue de remobiliser la communauté internationale pourrait accepter de faire de concessions sur les deux ans de la Transition.

« Lors du passage du Premier ministre, Choguel Kokalla MAIGA, il a déjà laissé ouverte cette fenêtre en affirmant que la dernière décision sur la durée de la Transition revient à Assimi GOITA », a déclaré notre interlocuteur. Alors il n’est pas exclu que le Mali cède.      

PAR SIKOU BAH

Source : Info-Matin

MaliwebPolitique
Si rien n’est encore officiel sur la nouvelle durée des 20 mois proposés par la Transition malienne qui s’était donnée une période incompressible, tout délai en deçà de deux ans constitue une reculade qui entamerait la confiance d’une bonne partie des Maliens aux autorités. Alors le Mali va-t-il céder...