Suite à l’échec des négociations, les Syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2016 maintiennent leur mot d’ordre de grève de 14 jours, soit 336 heures, allant de ce mardi 21 au vendredi 24 janvier 2020, du lundi 27 au vendredi 31 janvier 2020 et du lundi 03 au vendredi 07 février 2020 inclus. L’information est de la Synergie des enseignants qui a observé la semaine dernière une trêve à la mémoire du ministre de l’Éducation nationale, Témoré TIOULENTA, décédé. Au même moment, le débat fait rage autour des propos du Premier ministre de faire un nouveau recrutement d’enseignants pour suppléer les grévistes.

 

Vendredi dernier, une rencontre a eu lieu entre les syndicats des enseignants signataires du 15 octobre 2016 et le Gouvernement. A l’ordre du jour : l’application immédiate de l’article 39 de la loi N° 2018-007 du 16 janvier 2018, portant statut particulier des syndicats de l’éducation. Selon nos sources, la rencontre s’est soldée sur un échec, puisque les enseignants ne veulent que la satisfaction immédiate de ce point unique. Les enseignants battent en brèche l’argument du Gouvernement selon lequel les caisses de l’État sont vides, à cause de la guerre contre le terrorisme dans laquelle l’État du Mali est engagé, depuis 2013. Et pour cause, oppose-t-on : comment peut-on justifier un tel argument au moment où les budgets de fonctionnement des institutions ne font qu’augmenter chaque année sans aucune explication convaincante ? Ne trouve-t-on pas injuste qu’au moment où le Président de la République a un budget de plus de 14 milliards, que l’Assemblée nationale en a autant, sinon plus, et que son Président ait 35 millions par mois et le PM plus de 75 millions par mois comme caisses de souveraineté, qu’on demande aux enseignants de renoncer à leurs droits (application de l’article 39), s’insurge-t-on.

Pis, les enseignants projettent, le jeudi prochain, une grande marche de protestation également sur l’ensemble du territoire, prévient-on. Pour les préparatifs de cette marche, des campagnes de sensibilisation ont déjà commencé sur les réseaux sociaux.

Le cri de guerre des enseignants

« Nous appelons tous les enseignants grévistes qui demandent l’application stricte et correcte de l’article 39 de la loi N° 2018-007 Du 16 JAN 2018 à la résistance. Enseignantes et Enseignants du Mali, tous à la Marche Nationale de l’honneur et de la dignité », peut-on lire sur la page Facebook du Collectif.

« Si le Premier ministre Docteur Boubou Cissé n’arrive pas à appliquer strictement et correctement l’article 39 de la loi N° 2018-007 Du 16 JAN 2018 d’ici 14 jours qu’il démissionne avec son gouvernement », poursuit-on.

Pour les enseignants grévistes, Dura lex, sed lex « dure est la loi, mais c’est la loi ». Ils estiment qu’une «loi ne se négocie pas, une loi s’applique ». Les enseignants exigent l’application stricte et correcte de l’article 39 de la loi N° 2018-007 Du 16 JAN 2018.

Les fonctionnaires relevant du statut général ont bénéficié une augmentation de 20% à compter du 1er Janvier 2019 et bénéficieront d’une autre augmentation de 9 % à compter du 1er Janvier 2021.

Les enseignants exigent une augmentation de 20% à compter du 1er Janvier 2019 et 9% à compter du 1er Janvier 2021 de leur grille (Article 37 de la loi N° 2018-007 Du 16 JAN 2018) comme indique clairement la loi N° 2018-007 Du 16 JAN 2018.

L’article 39 stipule: ‘’toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’Enseignement secondaire, de l’Enseignement fondamental et de l’Éducation préscolaire et spéciale’’.

Le plan de sortie de crise

Profitant du cadre de sa rencontre avec des partis politiques de la Majorité présidentielle ‘’Ensemble pour le Mali’’ (EPM), le PM Boubou CISSE a fait le point de la situation, appelé à la rescousse avant d’égrainer son plan de sortie de crise.

Selon lui, le Gouvernement travaille inlassablement à faire face aux revendications ‘’de dernière minute’’ relatives au milieu des enseignants du secondaire et du primaire.

« On a fait lever des missions de bons offices en y associant des chefs coutumiers, religieux… Mais on n’arrive pas à faire entendre ceux qu’on a en face de nous et donc je vous demande à vous aujourd’hui, constituant la Majorité présidentielle, constituant les signataires de l’Accord politique de gouvernance de nous aider à affronter ces difficultés, si vous parlez, ça donnera plus de force à l’État (…) au gouvernement et je suis sûr que ça donnerait plus de pression de la part de ceux qui refusent d’entrer en classe aujourd’hui… », a confié le PM à ses interlocuteurs, tout en les rassurant que le gouvernement n’acceptera pas le scénario de l’année dernière, sur le front scolaire.

« Et, je le dis ici, je souhaiterais au moment venu que vous puissiez aussi nous accompagner …. Les négociations ont échoué avant-hier (Ndlr : vendredi 17 janvier 2020), il n’y avait pas de raison que ça échoue, car nous avons accepté le principe (…), mais ç’a échoué …. Ils vont aller vers la grève, les retenues sont faites et si dans deux (2) semaines les enseignants ne décident pas de retourner en classe, nous allons procéder à un recrutement exceptionnel de 15 000 enseignants qui ont été formés dans nos IFM (institut de formation des maîtres). Ils sont qualifiés sans emploi que l’on peut utiliser sur la base d’un volontariat et c’est sur cela », a expliqué le PM.

La précision est de taille pour la compréhension du commun des Maliens qui commence à donner des orientations différentes à ces propos du PM.

Le maintien du dialogue

Selon le PM, le recrutement des 15 000 enseignants de l’IFM sera encadré par un contrat de volontariat. Les recrues seront progressivement intégrées, en fonction de l’évolution de la situation du côté des enseignants grévistes.

Enfin, les 15 000 enseignants volontaires ne remplaceront pas les enseignants actifs grévistes, ils seront un moyen pour le gouvernement de poursuivre les cours afin que les élèves ne restent pas à la maison, d’une part, même si les 15 000 ne peuvent pas couvrir toutes les écoles et, d’autre part, cette initiative est une façon de tenir compte du cri de cœur des sortants des IFM qui finissent la formation et se retrouvent en chômage. Aussi, selon le PM, parallèlement à l’animation faite par les contractuels des IFM, les négociations continueront entre le gouvernement et les grévistes… Donc, le dialogue ne sera pas rompu.

Mais les responsables syndicaux, qui trouvent ’’indignant’’ les propos du chef du gouvernement, indiquent que des réponses appropriées seront données à ces propos.

« Les syndicats de l’éducation signataires du 15 Octobre 2015 ont suivi avec amertume et indignation sur les réseaux sociaux les propos désobligeants tenus par le Premier ministre, Boubou CISSE sur les enseignants du Mali.

Ces propos caractérisent le mépris et la haine que le Premier ministre a toujours manifestés vis-à-vis des enseignants et font suite à ceux tenus par son conseiller technique Siaka DIARRA sur les antennes de Africable lors du débat du vendredi 17 janvier 2020.

Les syndicats de l’éducation rassurent les enseignants et le peuple que des réponses appropriées seront données à ces propos malintentionnés ».

PAR SIDI DAO

Source : Info-Matin

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