Le calendrier de la transition, les assises nationales de la refondation, la lutte contre l’insécurité sont, entre autres, les sujets abordés entre le premier ministre de la transition et les membres de la délégation du Conseil de sécurité en visite au Mali le weekend dernier.

Écouter les autorités maliennes et les inviter à honorer leurs engagements concernant le respect de la durée de la transition. Tel est l’objectif de la visite des membres du conseil de sécurité de l’ONU qui ont été reçus, dimanche, par le premier ministre Choguel Kokalla Maïga.

A l’entame de ses propos, le premier ministre a rappelé à la délégation du conseil de sécurité de l’ONU les trois besoins du Mali. « Il s’agit du BESOIN de SECURITE dont la finalité est de permettre à l’État d’exercer pleinement ses prérogatives de puissance publique sur l’ensemble du territoire national. En deuxième lieu, le BESOIN de JUSTICE afin de lutter contre l’impunité et la corruption, deux phénomènes à la base du délitement de l’État. Enfin, le BESOIN DE REFORMES, voire de REFONDATION. En effet, les réformes politiques et institutionnelles et la refondation de notre État sont à la fois une quête vieille de plus de vingt ans et une aspiration profonde de notre peuple, aspiration à la base de l’insurrection populaire ayant conduit au changement de régime le 18 août 2020 », a-t-il expliqué. Pour lui, cette transition doit s’attaquer « aux insuffisances politiques et institutionnelles, révélées par la pratique démocratique des trente dernières années ; pratiques marquées par des déficiences graves à la base de la défiance des citoyens dans les institutions publiques, des ruptures politiques violentes et de l’instabilité chronique ».

Parlant des réformes politiques et intentionnelles, Dr Choguel Kokalla Maïga a insisté sur la nécessité d’organiser les Assises nationales de refondation et la mise en place de l’Autorité Indépendante de Gestion des Élections. Même si les membres du conseil de sécurité de l’ONU insistent sur le calendrier électoral, le premier ministre a précisé que ce sont les ANR qui décideront de ce calendrier. « Assises nationales de refondation au terme desquelles les Maliens, à travers toutes les composantes de notre société, vont renouveler leur vision de l’État et redéfinir leurs rapports vis-à-vis de la gestion des affaires publiques », a affirmé Dr Choguel Kokalla Maïga.

Le premier ministre a également exprimé sa volonté d’un changement de paradigme en matière de sécurité pour améliorer la situation très préoccupante sur le terrain. « Ce changement de paradigme interpelle aussi nos partenaires, parmi lesquels la MINUSMA dont la posture et le mandat doivent tenir compte de son environnement d’évolution », a-t-il laissé entendre avant d’indiquer que son gouvernement est déterminé à relever les défis pour répondre à la profonde aspiration au changement de notre peuple et pour mériter la confiance des amis qui ont accouru au chevet de notre pays.

Il a, enfin, exhorté tous nos partenaires bilatéraux et multilatéraux « à apporter leur soutien à la réussite de la Transition et à continuer à avoir une lecture réaliste et lucide des défis complexes auxquels le pays est confronté ».

L’ONU insiste sur le respect de la durée de la transition

Comme on pouvait s’y attendre, les membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont appelé les autorités maliennes à respecter leurs engagements par rapport au respect de la durée de la transition. « La meilleure transition, c’est la transition la plus courte », a souligné Abdou Abarry. Ce membre du conseil de sécurité de l’ONU est conscient de la nécessité des reformes au Mali. « Si nous accédons aux préoccupations des autorités maliennes et du peuple malien très certainement à de besoins impératifs de reformes, ces impératifs de reformes devraient aller avec la détermination d’un calendrier qui soit prévisible conformément aux décisions qui ont été prises par la CEDEAO pour que très rapidement le peuple malien choisisse démocratiquement et librement ses dirigeants », a précisé le diplomate nigérien qui a ajouté : « Les autorités maliennes nous ont parlé de la tenue des assises nationales de la refondation comme une sorte de préalable avant la tenue des élections ». L’ONU est d’accord avec les réformes nécessaires mais s’oppose à la prolongation de la transition : « on ne peut pas avoir d’objection pour les reformes parce qu’effectivement le pays a pas mal de difficultés, mais simplement il ne faudrait pas retarder de façon prolongée la fin de la transition. Il faut donner aux Maliennes et aux Maliens la possibilité de choisir démocratiquement les personnes qui vont prendre en charge la destinée de ce pays ».

Le représentant de la France au Conseil de sécurité de l’ONU a, pour part, invité les autorités maliennes « à respecter leurs propres engagements, c’est-à-dire d’organiser les élections mettant en termes la transition dès que cela sera possible ».

Il faut rappeler qu’au cours de cette visite de deux jours, les membres du conseil de sécurité de l’ONU ont rencontré la société civile, le premier ministre, le président de la transition et les responsables de la Minusma.

Boureima Guindo

Source: LE PAYS

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Le calendrier de la transition, les assises nationales de la refondation, la lutte contre l’insécurité sont, entre autres, les sujets abordés entre le premier ministre de la transition et les membres de la délégation du Conseil de sécurité en visite au Mali le weekend dernier. Écouter les autorités maliennes et...