La campagne pour les élections législatives du 29 mars prochain est plus que morose du fait des énormes difficultés financières de la plupart des candidats, mais aussi à cause du contexte sécuritaire tendu et de la menace liée à la pandémie du coronavirus.

Le contexte de la disette généralisée dans le pays a fait que presque aucun parti politique n’a débloqué le moindre sou pour appuyer ses candidats. Conséquence : c’est la débrouillardise chez tous les candidats pour faire face aux dépenses de la campagne électorale pour ces élections législatives.

C’est pourquoi, les caravanes de campagnes et les grands meetings ont été rares, avant même que le gouvernement n’interdise les grands rassemblements de plus de 50 personnes du fait de la menace du coronavirus.

Cette menace sanitaire est venue se greffer à la situation où la plupart des candidats ont opté pour des campagnes porte-à-porte. Celle-ci permet à des équipes légères d’amis et proches des candidats de sillonner quartiers et ruelles, concessions et familles pour distribuer quelques affiches relatives à leurs candidatures.

De même, au plan médiatique et communicationnel, les organes de presse écrite et/ou audiovisuelle, les imprimeries n’ont presque rien eu à se mettre sous la dent en terme de messages et supports liés à la campagne. Une campagne électorale qui aura été des plus ternes et des plus insipides. C’est seulement l’ORTM qui, grâce au Comité national de l’égal accès aux médias d’Etat a pu s’occuper à travers la diffusion des massages de campagne de nombreux candidats.

Ce forfait politique s’est corsé par le contexte de crise sociale avec des grèves et des soucis existentiels (vie chère, dette intérieure, retard de paiement de salaires de certains agents, etc) qui ne favorisent aucun engouement vis-à-vis de la chose politique.

Ainsi, la crise sécuritaire a refroidi les ardeurs de nombreux candidats à vouloir sillonner le pays, sur dans des zones du centre et du Nord. Selon certains candidats dans ces zones, la population fait face à des menaces, des intimidations et mêmes des tueries de la part des hommes armés. Pour eux, cette situation n’offre pas de meilleures conditions d’une campagne électorale libre. Des candidats à Bankass, Koro , Douentza se plaignent d’« une situation sécuritaire fragile » qui « n’offre la possibilité aux candidat de se mouvoir ». A Nara, dans la région de Koulikoro, des candidats signalent également des incidents sécuritaires. Le convoi d’une candidate a été récemment attaqué par des individus armés non identifiés, qui ont emporté son véhicule. C’était à l’entrée de Kaloumba, à quelques mètres de la ville de Nara. La prétendante à la députation crie sa colère et interpelle les autorités à « une meilleure sécurisation de la campagne».

Un cas d’enlèvement d’un candidat (il a été ensuite retrouvé) vient d’être signalé dans le cercle de Niafunké et dans d’autres localités du septentrion. 

Face à cette situation, l’Association malienne pour le relèvement du taux de participation aux élections demande aux candidats « de mieux se coordonner avec le gouvernement pour que celui-ci puisse les sécuriser ». Pour le président de cette association Bissiry Coulibaly, cette communication entre les candidats et les autorités est nécessaire pour le bon déroulement de la campagne électorale.

Sans compter qu’avec la menace sanitaire causée par le coronavirus, des voix se sont encore élevées pour plaider en faveur du report du scrutin. Ce que le gouvernement n’entend visiblement pas faire, préoccupé plus que jamais à renouveler l’Assemblée Nationale dont le mandat a expiré depuis plus d’un an.

Bruno D SEGBEDJI

Source: Mali Horizon

MaliwebPolitique
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