L’option d’une candidature interne au sien du Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) risque de plonger le Comité exécutif dans une crise profonde.

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Déjà en difficulté avec l’annonce de la candidature de l’ancien DG de la CMDT, Kalfa Sanogo, le C.E. (Bureau exécutif) devra faire face à une fronde de SOS Adéma qui défie les responsables du parti dans leur volonté de soutenir IBK.

À presque huit mois de la bataille pour la succession du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, le ciel ne semble toujours pas dégagé du côté de Bamako-Coura. Les responsables du comité exécutif et les partisans d’une candidature interne ne parviennent toujours pas à accorder leurs violons. Les dernières nouvelles de Bamako-Coura ne sont pas rassurantes et sèment plutôt un doute. Puisque les militants du parti ne savent toujours pas si leur parti sera présent ou non sur la ligne de départ de la présidentielle prochaine.

Dans une récente rencontre, des militants ont demandé et obtenu le mercredi 4 octobre une réunion autour de la procédure de désignation du candidat du parti à l’élection présidentielle de l’an prochain. Cette rencontre, que certains voulaient comme «spéciale», a permis aux participants de connaître les vraies intentions des deux parties.

«On veut tuer le parti, les militants sont démobilisés, certains travaillent contre l’intérêt du parti. Et pour aplanir les divergences, la procédure de désignation du candidat du parti doit être ouverte ici et maintenant…», soutient un partisan d’une candidature interne, qui est par ailleurs remonté contre le C.E.

La réplique ne s’est pas fait attendre de l’autre côté. Le chargé à la communication, Yaya Sangaré, en phase avec les adémistes du gouvernement et d’une bonne partie des députés, et bien d’autres, est revenu à la charge, indiquant que le moment n’est pas arrivé.

Pour les soutiens d’une candidature de la majorité présidentielle, le PASJ n’a pas les ressources financières nécessaires pour aller à la présidentielle, surtout qu’il est endetté auprès de la BMS. Son TF sis à Hamdallaye ACI serait toujours en gage au niveau de cette banque qui lui a prêté de l’argent à la faveur des dernières communales. Ce groupe a jugé utile de préserver les maigres sous existants pour les législatives, afin d’engranger beaucoup de sièges et de s’imposer davantage à celui qui sera élu.

Pour SOS Adéma, la démarche des ministres et certains députés du parti est claire : engager le parti dans une démarche suicidaire. «Pour leurs propres intérêts, ils veulent sacrifier le parti. Le ministre du Commerce, porte-parole du gouvernement, Abdoul Karim Konaté, compte sur le RPM pour ses ambitions législatives afin de diriger le perchoir. Et Tièmoko Sangaré ne veut pas quitter son poste ministériel sitôt. Quant à Hamadaou Soukouna, il n’a jamais soutenu un candidat ADEMA. En 2002, il a préféré le candidat ATT à celui des rouges et blancs, Soumaïla Cissé. En 2013, lui et son ami d’alors, Iba N’Diaye, ont saboté la candidature de Dramane Dembélé et ont choisi Soumi champion contre IBK, que le parti a demandé de soutenir au second tour. Ensuite, ils lui ont dit qu’il suffit de désigner un candidat à l’interne pour qu’il récidive. En clair, ses camarades lui ont fait savoir qu’il est très mal placé pour défendre une candidature interne», dénonce un militant.

En tout cas, la candidature interne risque de provoquer un clash entre les abeilles. Déjà confronté à l’annonce de la candidature de l’ancien DG de la CMDT, Kalfa Sanogo, le C.E. devra faire face à une fronde de SOS Adéma qui est en train de défier les responsables du parti dans leur volonté de soutenir IBK.

Zan Diarra

MaliwebPolitique
L’option d’une candidature interne au sien du Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma/PASJ) risque de plonger le Comité exécutif dans une crise profonde. Déjà en difficulté avec l’annonce de la candidature de l’ancien DG de la CMDT, Kalfa Sanogo, le C.E. (Bureau exécutif) devra faire face à...