Au cœur des actions du pilier développement de la composante Police des Nations Unies (UNPOL) du bureau régional de la MINUSMA à Mopti, s’inscrit le renforcement des capacités techniques des Forces de Sécurité maliennes (FSM). Au cours de la première moitié du mois de novembre, ont été organisées deux formations dont l’une portant sur le monitorat et le secourisme tenue du 02 au 13 novembre, et l’autre sur l’utilité de la téléphonie au cours de l’enquête criminelle entre les 10 et 13 novembre derniers. Un total de 24 éléments de la Police, de la Gendarmerie et de la Protection civile ont bénéficié de ce renforcement de capacité.

Les locaux de la Direction de la Protection civile de Mopti ont abrité la formation sur le monitorat et le secourisme qui entre dans le cadre du renforcement des capacités techniques des sapeurs-pompiers maliens en secourisme et en monitorat. Elle visait l’objectif d’aider les participants à développer les compétences nécessaires pour exercer l’activité de citoyen de sécurité civile (secouriste), conformément au référentiel en vigueur en la matière, à travers la pédagogie appliquée aux emplois/activité de classe 3 (PAE3), communément appelée secourisme grand public.

« La PAE3 est une qualification qui fixe les différentes capacités nécessaires afin que le moniteur de secourisme soit capable d’exécuter correctement les gestes de premier secours destinés à protéger une victime et les témoins, alerter les secours d’urgence, empêcher toute aggravation de l’état de la victime et préserver son intégrité physique en attendant l’arrivée des secours organisés », a expliqué le formateur, l’Officier de Police Individuel du Bénin, Alban NASSARA, servant au sein de la composante Police des Nations Unies (UNPOL) à Mopti.

Cette formation de dix jours, réunissant six cadres de la Protection civile de la région, a été répartie sur huit jours de cours alliant théorie et pratique, ainsi que deux autres consacrés aux examens. Elle comprend au moins neuf modules obligatoires à valider par les participants pour l’obtention du certificat de moniteur. Il s’agissait de la deuxième vague de formations réalisées sur le sujet, car un premier groupe de six autres membres de la Protection civile avait été formé en août dernier.

Sapeur-pompier, c’est un métier que le Sous-lieutenant Abou GORO exerce parce qu’ « être secouriste, c’est vouloir sauver des vies », soutient celui qui dit avoir eu la vocation à son adolescence. « Lorsque j’étais élève, j’ai vu un enfant décéder sur les lieux d’un accident, par manque d’assistance adéquate et depuis ce jour, j’ai su que mon métier sera de sauver des vies », se rappelle-t-il. De plus, il s’est réjoui de l’ambiance qui a régné entre le formateur et les participants durant ces jours. « Nous avons la chance de ne pas être nombreux à la formation, ce qui a favorisé les débats pour une meilleure assimilation des modules », a-t-il ajouté.

Outiller les FSM pour tirer profit de la téléphonie dans les enquêtes criminelles

Du 10 au 13 novembre, s’est déroulée une autre formation portant sur « L’utilité de la téléphonie dans l’enquête criminelle », dispensée à 18 éléments des Forces de Sécurité Maliennes (FSM) dont 10 Gendarmes et huit policiers, réunis dans la salle de formation de l’UNPOL au camp intégré de la MINUSMA à Sévaré. En raison des normes en vigueur dans la Mission pour le respect des mesures barrières contre la COVID-19, les participants ont été divisés en deux groupes.

Pour le coordonnateur de la section de formation de l’UNPOL, l’Officier de Police canadien, Mathieu GALLIENNE, c’est une opportunité de partager des techniques et connaissances supplémentaires avec les Forces de Sécurité Maliennes au niveau de la téléphonie lors des enquêtes criminelles. « Le milieu policier évolue en complexité de jour en jour, et encore plus au Mali, qui comporte une situation sécuritaire difficile. Le développement des technologies, y compris des téléphones cellulaires utilisés dans la communication et le stockage des données apporte son lot de bienfaits, mais amène aussi des défis supplémentaires lors des enquêtes policières », a-t-il souligné.

Il s’agit d’un sujet d’actualité pour lequel l’UNPOL a mobilisé deux experts issus de l’unité de support des Crimes graves et organisés (Serious and Organized Crime – Support Unit-SOC/SU) de la MINUSMA. Quatre jours durant, les Lieutenants Rodople SPRIMONT et José HERMOSA de la Gendarmerie française ont formé les FSM sur les principes généraux de la téléphonie, la présentation des réquisitions, la mallette numérique, ainsi que la présentation des outils de piratage destinés aux forces de sécurité. Les sessions se sont déroulées selon une méthodologie participative avec des débats ouverts autour des questions de compréhension lors des présentations.

« Cette formation nous a apporté de nouvelles compétences et techniques, notamment sur la façon d’aborder les opérateurs de téléphonie mobile afin qu’ils répondent à nos demandes. Certains réagissent vite et d’autres presque jamais », a expliqué le Sergent-Chef Moussa Touré de la Police Nationale de Sévaré. « Or, il nous faut agir dans un bref délai avant que les arnaqueurs ne se débarrassent des puces utilisées pour leur forfait », a-t-il fait remarquer.

Les principes droits de l’homme au centre des formations

À chacune des actions de renforcement de capacités mises en œuvre par l’UNPOL au profit des FSM, la composante Police de la MINUSMA s’assure que les droits de l’homme y soient intégrés. Lors de la formation sur la téléphonie, c’est dans cette optique que les éléments des FSM ont, les 10 et 12 novembre, suivi un module sur l’introduction générale aux droits de l’homme et les terminologies usuelles s’y rapportant. Parmi les thèmes développés, les concepts de droits de l’homme, de violations et abus des droits de l’homme, les catégories de droits de l’homme, les caractéristiques des droits de l’homme, et les terminologies en droits de l’homme. Au cours de ces sessions animées par des officiers de la Division des droits de l’homme et de la protection de la MINUSMA, ont aussi été abordés la revue des systèmes international, régional et national des droits de l’homme, ainsi que les instruments et mécanismes y afférant.

De leur côté, les agents bénéficiaires de ces séries de formation ont exprimé leur satisfaction et se disent motivés à partager les nouvelles connaissances acquises avec leurs collègues, en plus d’en faire bon usage dans l’exercice de leur fonction. « Nous espérons que cela continue pour contribuer au développement de nouvelles compétences parmi nous », a souhaité l’Adjudant Idrissa Diallo de la Gendarmerie de Sévaré.

Il a été noté une participation très active des auditeurs des formations pour qui, les thématiques sur les droits de l’homme ont constitué un rappel. Aux termes de la formation, l’UNPOL a remis à chaque participant, une clé USB contenant les présentations afin de faciliter la restitution de ces formations à leurs pairs qui n’ont pas pu être présents, et faciliter l’utilisation des outils explorés au moment d’opérer sur le terrain.

Bureau de la Communication Stratégique et de l’information publique de la MINUSMA

SourceMINUSMA

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