Dans son bulletin d’information de ce mois de janvier, le Comité international de la croix rouge (CICR) constate que l’année 2018, «l’insécurité endémique dans les régions septentrionales», s’est installée durablement dans le Centre du pays. Cette dégradation de la situation humanitaire a rendu plus difficile les conditions de vie des populations civiles et leur accès par les acteurs humanitaires, ajoute le CICR.

Selon la même source, les conditions sécuritaires déficitaires ont contraint les populations à se déplacer massivement. L’afflux des personnes déplacées vers les zones plus accueillantes a augmenté la pression sur des ressources très limitées. Les structures de santé continuent à accueillir un nombre plus croissant de blessés par armes à feu et engins explosifs. Les restrictions de circulation et le manque d’équipements fonctionnels entravent l’accès des populations à des services sociaux de base. A en croire l’organisation, à l’heure actuelle l’interdépendance entre conflit, climat et migrations ne fait aucun doute. La jeunesse est la principale victime de ces phénomènes.

Le Mali et les autres pays du Sahel sont frappés de plein fouet par la destruction de l’écosystème soumis à la double pression des phénomènes climatiques et des conflits. L’alternance cyclique de la sécheresse et de l’inondation obère les communautés. Du coup, il ne leur reste qu’une alternative, se déplacer vers d’autres terroirs plus réceptifs ou migrer vers d’autres horizons. Au regard de ces enjeux humanitaires, le CICR maintiendra en 2019 la proximité avec des personnes vulnérables. Il continuera à placer la population civile et les soins de santé au centre de ses activités.

C’est dans ce contexte que le président du CICR, Peter Maurer a, du 6 au 11 janvier 2019, effectué une visite dans notre pays. Il a eu un entretien avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, avant de se rendre à Tombouctou, Gao, Ménaka et Mopti.

Dans ces différentes régions, il a rencontré les autorités régionales et locales, les leaders communautaires et les populations affectées par la crise. Ce qui lui a permis de se rendre compte de la situation humanitaire difficile des populations du Nord et du Centre.

A son retour des régions, il a animé une conférence de presse, jeudi dernier, en présence du directeur adjoint du CICR pour l’Afrique et du chef de délégation du CICR au Mali respectivement Patrick Youssef et Jean Nicolas Marti et du président de la Croix rouge malienne, Dr Abdourahamane Cissé.

«D’octobre 2012 à maintenant, j’ai constaté que les besoins humanitaires des populations des zones de conflit au Mali restent les mêmes. Mais la crise a simplement changé de visage et progresse vers le Centre avec des conflits communautaires. Outre la sécurité, les populations civiles ont aussi besoin de nourriture et de soins de santé. En tant qu’organisation humanitaire, nous avons aussi pour mission d’exiger le respect des textes du droit international humanitaire (DIH)», a expliqué Peter Maurer. Le conférencier a aussi soutenu que le changement climatique accentuait les conflits communautaires. Il a félicité les associations de femmes au Nord et au Centre qui continuent de générer des revenus pour nourrir leur progéniture et invité les belligérants à ne pas s’attaquer aux acteurs humanitaires.

Pour sa part, le président de la Croix rouge malienne s’est engagé à accompagner les efforts du CICR afin d’apporter une réponse satisfaisante aux besoins humanitaires des populations en souffrance. Rappelons que Peter Maurer est né en 1956 en Suisse. Il a fait ses études d’histoire et de droit international à Berne, couronnées par un doctorat et assume la présidence du CICR depuis 2012.

Après sa prise de service, il a effectué sa toute première visite dans notre pays. Il avait réaffirmé alors aux autorités maliennes l’engagement de son organisation à agir en faveur des populations touchées dans le Septentrion.

Sidi Y. WAGUé

L’Essor

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Dans son bulletin d’information de ce mois de janvier, le Comité international de la croix rouge (CICR) constate que l’année 2018, «l’insécurité endémique dans les régions septentrionales», s’est installée durablement dans le Centre du pays. Cette dégradation de la situation humanitaire a rendu plus difficile les conditions de vie...