Le Mali et le Maroc entretiennent des liens séculaires, voire de sang, mais c’est surtout à partir de 2014 et la visite d’Etat effectuée dans notre pays par Sa majesté le Roi Mohamed VI, que la coopération entre nos deux pays a pris un nouvel élan. Ainsi, en cinq ans, plus d’une dizaine d’accords ont été signés entre Maliens et Marocains et qui concernent tous les domaines.

De l’éducation, à la santé, en passant par les finances, la téléphonie mobile, l‘énergie, le transport, la lutte contre le terrorisme, la coopération militaire, souligne le nouvel ambassadeur du Mali au Maroc, Mohamed Mahmoud Ben Labat, des accords ont été signés dans tous les domaines. «Sur le plan politique également, renchérit le diplomate, les relations entre le Mali et le Maroc sont excellentes. Le président Ibrahim Boubacar Keïta et Sa Majesté le Roi Mohamed VI entretiennent des relations privilégiées et il y a une identité de vue sur toutes les questions internationales». «En 2013, le Roi Mohamed VI était l’invité d’honneur de l’investiture du président Ibrahim Boubacar Keïta. La présence de Sa Majesté le Roi Mohamed VI à cette cérémonie était une première dans l’histoire du Royaume chérifien. Tout ça pour dire que nos deux pays entretiennent d’excellentes relations et c’est normal, parce qu’il y a des liens de sang entre les Maliens et les Marocains qui remontent à la nuit des temps, c’est-à-dire au XVIè siècle», insiste Mohamed Mahmoud Ben Labat qui a été nommé ambassadeur du Mali dans le Royaume chérifien, après avoir occupé le même poste pendant cinq ans en Arabie Saoudite. Présent au Maroc depuis plusieurs années, le 2è conseiller de l’ambassade du Mali à Rabat, Sinaly Koïta se réjouit également du coup d’accélérateur qui a été donné ces dernières années à la coopération Maliano-Marocaine, ajoutant que le Mali a tout à gagner dans cette coopération. «Le Maroc est un pays en mouvement constant vers la modernité. Ce qui frappe ici et que nous avons tous constaté, c’est la bonne gouvernance, l’organisation et la méthode. Pour moi, la monarchie du Maroc est une référence. Tout ce qu’on fait ici est pensé, réfléchi et exécuté comme prévu», insiste Sinaly Koïta,bamada.net alors que le chargé culturel de l’ambassade du Mali à Rabat, Belco Touré se dit impressionné par le système éducatif du Royaume chérifien. «Il y a des universités dans toutes les grandes villes et le nombre d’étudiants maliens, boursiers de l’Etat et privés, ne se compte plus. Ils sont plusieurs milliers d’étudiants maliens qui fréquentent les universités marocaines, dont six cent boursiers de l’Etat», indique Belco Touré, en précisant que c’est la ville de Fez qui accueille le plus grand nombre d’étudiants maliens. «Ils (les étudiants, ndlr) sont dans toutes les filières et la plupart sont enregistrés au niveau du Consulat», ajoute notre interlocuteur qui reçoit quotidiennement les étudiants maliens, Rue Thami Lamdaouar de Rabat.

UNE OMBRE AU TABLEAU- L’ombre au tableau est sans doute l’Autorisation électronique de voyage au Maroc (AEVM) qui a été instaurée par la partie marocaine et qui est obligatoire pour tous les Maliens désirant aller au Maroc. «Ce qui est un peu embêtant, regrette Sinaly Koïta, c’est le fait qu’elle s’applique seulement aux ressortissants de trois pays, à savoir le Mali, la Guinée et le Congo. On ne comprend pas, même si les Marocains ont indiqué que le Mali fait partie des pays où les migrants sont très nombreux». Le diplomate ajoute : «Lors de la visite qu’il a effectuée ici, le ministre des Affaires étrangères, Tiébilé Dramé a demandé un assouplissement de la mesure, mais jusque-là, la situation n’a pas évolué». Même si le document en question est délivré dans la plupart des cas en 72h, le diplomate malien pense que l’instauration de l’AEVM (l’inscription se fait en ligne, ndlr) pénalise nos compatriotes, surtout les opérateurs économiques qui sont de plus en plus nombreux à aller dans le Royaume chérifien. Ce d’autant que seuls les détenteurs de passeports diplomatiques et de service, de cartes de résident du Maroc ou les personnes en transit peuvent se rendre au Maroc sans AEVM. L’autre dossier qui suscite incompréhension et interrogation chez le 2è conseiller de l’ambassade du Mali à Rabat est la Grande commission mixte Mali-Maroc. Depuis 1998, rappelle-t-il, cette commission ne s’est plus réunie, alors qu’elle doit permettre de passer en revue tous les dossiers et d’élaborer des projets d’intérêt commun. «Cela fait 21 ans que la Grande commission mixte Mali-Maroc ne s’est pas réunie. Pour moi, c’est clairement une anomalie qu’il faut corriger. Nos relations avec le Maroc sont trop importantes pour passer autant d’années sans rencontre de haut niveau», martèle le diplomate.
Notre visite à l’ambassade du Mali a coïncidé avec la comparution au tribunal de Casablanca de deux étudiants maliens qui ont été interpellés à l’aéroport Mohammed V pour trafic de stupéfiants. Malheureusement, la vie des Maliens du Maroc rime également avec ce genre d’incidents.

Envoyé spécial
Souleymane B. TOUNKARA

Source: L’Essor-Mali

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