La fracassante affaire, comme une bombe, enclenchée par le président du Patronat malien Mamadou Sinsy Coulibaly à l’encontre de l’actuel président de la cour suprême Nouhoum Tapily continue d’alimenter les discussions et les interrogations des maliens. Le Figaro du Mali s’est glissé dans les coulisses de cette affaire pour mieux récolter des éléments potables sur les intentions et les sentiments des autres magistrats, visiblement trop gênés par la nature des dénonciations portées contre un homme de la famille judiciaire.

 

Le regard de l’opinion était rivée, surtout vers les magistrats, collègues de Tapily qui l’ont côtoyé et qui le connaissent certainement mieux que le commun des maliens. Le flou devrait donc être levé. L’essentiel des magistrats, ceux qui portent le corps, les interlocuteurs légitimes, n’ont pas apporté leur soutien à leur collègue. Mais dans son dos, Manassa Danioko, présidente de la cour constitutionnelle, demeure encore solidaire de celui qui légitime tout en République du Mali.

Est-il possible que ce qui est imputé à la tête de notre plus haute institution judiciaire soit fondé ? Une de nos sources est formelle et nous fait même des confidences. « Toutes les personnes qui ont soutenu Tapily ont été démarchées par lui-même. Mais nos collègues du SAM et du SYLIMA ont refusé catégoriquement de se salir avec lui » poursuit notre interlocuteur bien introduit dans les grandes affaires de la République.

Le président de la cour suprême, Nouhoum Tapily, se serait même agenouillé devant les magistrats, ceux-là mêmes qu’il a contournés et trahis lors de leur grève. Il se serait longuement mis en question pour implorer leur soutien et leur pardon. Refus catégorique, auraient répondu les magistrats des deux syndicats (SAM et SYLIMA) les plus influents du monde judiciaire malien.

Le président de la cour suprême aurait reconnu, devant ses collègues cadets, ses fautes et ses choix erronés. Il les aurait exhortés à confier tout cela au passé et de regarder l’avenir ensemble. En a-t-il réellement ? Cela s’appelle le jugement du temps et de l’histoire. La nouvelle race de magistrats serait décidée à tourner la page de cette façon de faire. Nouhoum Tapily, toujours selon notre source, dit craindre que les autres l’abattent s’il n’a pas le soutien des magistrats : « il a même envoyé Boya Dembélé pour nous convaincre de le soutenir, mais nous avons refusé. Nous sommes pour une justice saine qui n’a pour objectif que de combattre le type de faits que M. Coulibaly a dénoncés » ajoute un magistrat.

Sa rencontre avec Manassa Danioko devrait donc le servir, surtout que celle-là craint les effets collatéraux d’une plainte qui l’emporterait et de quelle manière. Cette affaire, insolite dans notre pays, prouve que bien de choses sont en reconstitution et que nul ne peut demeurer intouchable dans une République en soif de reformes et de ressorts à tous les niveaux.

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La fracassante affaire, comme une bombe, enclenchée par le président du Patronat malien Mamadou Sinsy Coulibaly à l’encontre de l’actuel président de la cour suprême Nouhoum Tapily continue d’alimenter les discussions et les interrogations des maliens. Le Figaro du Mali s’est glissé dans les coulisses de cette affaire pour mieux récolter des...