Ces deux dernières années, la gestion des aides alimentaires destinées au Mali ont fait l’objet de spéculations. Ce phénomène a pris de l’ampleur au point que certains partenaires comme le Japon ne veulent plus participer à la reconstitution du stock national de sécurité (SNS). Finalement, le pays fait face à une situation alimentaire fragile sans précédent. Lire notre dossier.

Selon notre source, les partenaires de notre pays seraient en colère à cause de la mauvaise gestion des différents fonds. Ils demanderaient l’ouverture des enquêtes pour situer les responsabilités et punir les fautifs. Il semble qu’un réseau de détournement est mis en place dont les principaux commanditaires sont tapis dans l’ombre au ministère de l’agriculture.

Rappelons que suite à la mauvaise pluviométrie de la campagne agricole 2011-2012, il a été décidé lors d’une rencontre gouvernementale de prendre des mesures d’urgence pour éviter à notre pays de connaitre la famine. À l’époque, la cartographie de la sécheresse mettait au rouge plusieurs localités des régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et le district de Bamako. Vingt milliards de nos francs avaient été fixés pour l’achat des céréales destinées au renforcement du stock national de sécurité (SNS) et à la distribution gratuite et massive dans les zones à risque.

Les stocks prélevés sont-ils en train d’être reconstitués?

Le Mali parait abonner aux infortunes parce que la mise en œuvre des mesures palliatives précédemment expliquées a conduit au prélèvement de plus de 40 000 tonnes de céréales sèches sur le stock national de sécurité (SNS) et le stock d’intervention de l’Etat (SIE). Le taux d’exécution au niveau du SNS a occasionné un trou de 114% sur une disponibilité de 811 T 100 de céréales. À ce jour, le stock disponible représenterait seulement 3,24% de la quantité normale. Pire, jusqu’à présent le SNS n’a pas été reconstitué malgré les efforts du gouvernement et des partenaires financiers. Une question s’impose. Pourquoi l’Etat s’était-il engagé à assurer sa part prévue dans le contrat plan qui le lie à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM)?

En effet, l’Etat avait promis de reconstituer le stock national de sécurité (SNS) à hauteur normale de 35 000 tonnes de céréales sèches. S’y ajoutent la mise en place d’un fonds de sécurité alimentaire dont le montant correspond à 25 000 tonnes de céréales et de la constitution du stock d’intervention de l’Etat (SIE). À signaler au passage que l’OPAM est une structure d’Etat ayant pour mission d’assurer la sécurité alimentaire durable. Il doit soutenir la production par des achats locaux et en ravitaillant la population sur l’étendue du territoire national. Il est aussi chargé de la gestion du SNS du SIE et des aides alimentaires octroyées au Mali dans le cadre de la coopération bilatérale et multilatérale.

Malheureusement, depuis plusieurs années des vers rongent l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM). Sont indexés, l’ancien ministre de l’agriculture Aghatam Ag Alassane certains de ses collaborateurs proches comme Diaby et tant d’autres. La cible de ces cadres véreux était le riz offert au Mali par le gouvernement japonais et les fonds gardés dans le plus grand secret. Leurs complices étaient certains commerçants de la place. Le hic c’est que les magouilles qui continuent autour des produits importés et locaux ont, aujourd’hui, exposé notre pays à l’insécurité alimentaire. En conséquence, la reconstitution des stocks pour 2013 demeure incertaine.

Le président Dioncounda Traoré intervient et implique le PM

Préoccupé par la situation, Alou Soumano secrétaire général du comité syndical de l’OPAM a tiré la sonnette d’alarme à travers un mémorandum adressé aux plus hautes autorités du pays. Le 4 février 2013, le Ministre de l’économie des finances et du budget Tiénan Coulibaly a répondu par lettre n°00405 en rappelant les efforts entrepris par le gouvernement. Précisant que tous les arriérés de l’OPAM au titre des distributions gratuites de céréales en 2012 sur le stock national de sécurité (SNS) ont été payés. Le ministre a fait savoir que ce montant permettra à l’OPAM de commencer les achats des céréales en période de récolte.

Tiénan Coulibaly a souligné que les inscriptions budgétaires en faveur de cette structure soit 450 millions en 2012 870 millions en 2013 et 1,200 milliard en 2014 lui permettront d’accomplir ses missions de service public. Le Ministre de l’économie des finances et du budget ministre a également parlé des requêtes adressées aux partenaires techniques et financiers dont le Japon et le Brésil. Mais des sources concordantes affirment que le gouvernement nippon qui serait mécontent du détournement de ses précédentes aides attendrait des explications de la part du Mali.

L’ancien ministre de l’agriculture Aghatam Ag Alassane et sa bande auraient fait disparaître plus de 870 millions de Cfa. Suite à cette affaire, il régnerait un froid diplomatique entre le Mali et le Japon qui aurait déménagé son ambassade au Sénégal. En outre, les japonais auraient bloqué leurs comptes afin d’avoir une justification. Au regard de ce qui précède, les autorités du Mali doivent trouver une solution efficace pour rapidement démanteler ce vaste réseau qui s’étend du ministère de l’agriculture à l’OPAM en passant par certains opérateurs économiques.

Il faut que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice. D’ailleurs, la feuille de route du gouvernement de Django Sissoko prévoit la lutte contre l’impunité. Personne ne doit profiter de la situation actuelle du pays pour s’enrichir sur le dos des démunis. Bakorè Sylla (GGB) et Modibo Kéita (GDCM) doivent faire attention pour avoir longtemps sucé le sang des Maliens.

À suivre…

Issa Santara

MaliwebCorruption
Ces deux dernières années, la gestion des aides alimentaires destinées au Mali ont fait l’objet de spéculations. Ce phénomène a pris de l’ampleur au point que certains partenaires comme le Japon ne veulent plus participer à la reconstitution du stock national de sécurité (SNS). Finalement, le pays fait face...