DÉCIDÉMENT, lutter contre la corruption, tel qu’il le chantait, n’est pas un souci réel d’IBK qui, avant de parvenir au pouvoir, ne triait pas de mots pour coller à la peau de ses prédécesseurs. Et voilà, seulement en deux petites années, sous le règne de ‘’Monsieur propre’’, c’est tout le peuple malien, stupéfait qui rive les yeux sur ce vieillard au corps trapu, à l’image du Dieu de la probité, mais dont les frasques heurtent  plus d’un.  Qui l’aurait cru ? 153 milliards de FCFA détournés sous IBK en deux petites années de gestion.

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Depuis plusieurs mois déjà, le Vérificateur Général, chargé de fouiner dans les affaires publiques, avait terminé sa mission de vérification en ce qui concerne l’année 2014 qui s’est écoulée. Plutôt, il avait aussi à son bureau, le rapport annuel de l’exercice 2013. Tous ces deux rapports ont séjourné dans ses tiroirs alors qu’il n’attendait qu’un rendez-vous du côté de Koulouba pour les remettre officiellement au premier magistrat du pays. Peine perdue, le Vérificateur qui n’a aucune autorité sur le Chef de l’Etat, n’avait qu’à attendre l’aval de celui qui ne voulait point recevoir de tels manuscrits dont l’intérêt ne sera que d’accumuler les soucis de l’homme de poigne. Parce qu’en dépit de toutes ses sorties médiatiques, IBK ne peut sévir. L’une des simples raisons avancées est qu’IBK dont la famille politique a placé des hommes à la tête des structures compromises, ne pourra que s’attaquer à sa propre personne, s’il fallait agir ainsi.

Finalement, c’est le lundi 4 mai dernier qui fut la fin de course pour IBK. Comme s’il le souhaitait, IBK a dû faire face à un Vérificateur qui a, avec célérité,  effectué un travail lassant dont il ne parvenait pas à se débarrasser des fruits.

Au palais de Koulouba, c’est un IBK,  l’air content, mais véritablement indécis qui a daigné contre son gré à vrai dire, recevoir lesdits rapports cumulés des exercices annuels 2013-2014.

En fait, comme pour mettre IBK devant le fait accompli, le vérificateur général a indiqué que les vérifications de 2013 et 2014 ont révélé un essor considérable d’une gestion publique qui cacherait des formes nouvelles de fraude et traduirait les contours de l’imagination audacieuse et tendancielle de certains gestionnaires. Parmi les insuffisances constatées, Amadou Ousmane Touré a cité les faiblesses et irrégularités récurrentes, la mauvaise gestion des dépenses effectuées au niveau des régies, la multiplication injustifiée des contrats simplifiés pour éviter les appels d’offres, la non justification et la non éligibilité de dépenses, la réception de biens non conformes aux commandes. Ce n’est pas tout. Il y a aussi l’octroi d’avantages injustifiés, la fabrication et l’usage de faux documents pour justifier des dépenses, des manipulations des offres par les commissions de dépouillement et d’évaluation dans les opérations des marchés publics, le non reversement au trésor public de ressources collectées, et enfin de la réalité et de l’effectivité de certaines missions administratives.

Pour le vérificateur général, ces situations qui concernent, pour certains cas, des montants irrécouvrables ont porté un préjudice énorme à l’Etat : 80,21milliards FCFA dont 12,28 milliards de fraude et 67,93 milliards de mauvaise gestion au titre du rapport de 2013. En ce qui concerne l’année 2014, ce sont 72,97 milliards FCFA dont 33,95 milliards de fraude et 39,02 milliards de mauvaise gestion. Ce qui fait un manque à gagner de plus de 153 milliards FCFA pour l’Etat.

Que diantre, il ne s’agirait donc pas seulement d’un vieux fléau qui continue de saigner à blanc les fonds publics, mais aussi et surtout, tenez-vous bien : DE FORMES NOUVELLES DE FRAUDE. Autrement, il s’agit en fait de nouvelles manières de voler instaurées  par des hommes nouveaux en charge des affaires publiques depuis l’alternance annoncée en 2013 comme étant le temps de la rupture.

C’est en fait, une véritable rupture car plus il est question de semer l’espoir, plus on trébuche dans le mal.

Mais ce qui est inquiétant, c’est surtout la réaction quasi insensée du Président de la République. Comme  réponse, tout ce qu’il trouve à introduire c’est de dire « il n’est pas normal que la mauvaise gestion puisse conduire à la perte de plusieurs  milliards pour notre pays ». Oui mais, n’est-ce pour mettre fin à ce qui n’est pas normal qu’IBK a été élu au Mali ? Ou juste pour commenter les dangers comme des faits divers ?

Pis, IBK, comme à ses habitudes avec ses fables aux allures des aveux, affirme que le rôle du vérificateur n’est pas de traquer les délinquants financiers. C’est donc dire que dans peu  de temps, la corruption pourrait être même instituée au Mali. Sinon qui dit mieux ?

En tout cas, avec de tels discours décourageants, le président de la République semble dire aux Maliens qu’il n’est pas apte à traquer les acteurs de la corruption bien dénoncés par le Vérificateur, et que par conséquent, il serait inutile de les dénoncer et même de vérifier encore.

Message : On mange ou on se tait.

IMT

 

Source:  La Révélation

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DÉCIDÉMENT, lutter contre la corruption, tel qu’il le chantait, n’est pas un souci réel d’IBK qui, avant de parvenir au pouvoir, ne triait pas de mots pour coller à la peau de ses prédécesseurs. Et voilà, seulement en deux petites années, sous le règne de ‘’Monsieur propre’’, c’est tout...