Existe-t-il un remède miracle pour lutter contre la corruption, la malversation, bref la délinquance financière ? La question mérite d’être posée quand on sait que le fléau a pris des proportions inquiétantes dans tous les compartiments du très lent développement du pays. Le dernier exemple en date est la gestion scabreuse de l’Ambassade du Mali au Congo.

Le Mali a encore du chemin à faire dans le cadre de la lutte contre la délinquance financière. Principale vitrine du pays à l’extérieur, les ambassades doivent être gage d’une bonne gestion afin de véhiculer une bonne image du pays. Pourtant cela est loin d’être le cas dans certaines de nos représentations diplomatiques précisément à l’Ambassade du Mali au Congo ou les irrégularités financières et les dysfonctionnements se sont érigés en règle de gestion. Un acte punissable qui n’a pas échapper au Bureau du Vérificateur Général qui a élit quartier à l’ambassade. Le résultat se passe de tout commentaire : ainsi, la mission de vérification a mis en exergue un ensemble de dysfonctionnement et d’irrégularités financières dont le manque de suivi des décrets et arrêtés, portant abrogation des actes de nomination du personnel diplomatique dans les ambassades. Des agents relevés de leur poste y demeurent pendant des années après l’abrogation de leur acte de nomination au grand dam de l’Etat. De plus, les recettes propres réalisées par l’ambassade sont autoconsommées sans autorisation préalable du Payeur Général du Trésor. La Mission a porté sur la vérification financière des opérations de recettes et de dépenses de l’Ambassade du Mali à Brazzaville en république du Congo au titre des exercices 2016, 2017, 2018 et 2019 (1ersemestre). Après vérification, le montant total des irrégularités financières qui s’élèvent à la somme colossale de 391 944 121 Francs CFA  qui est répartie entre le montant des recettes autoconsommées sans autorisation qui s’élève à 216 490 150 F CFA, la perception illégale des salaires et avantages par 3 agents diplomatiques qui se chiffrent à 139 563 172 F CFA dont 92 261 138 F CFA pour le Conseiller Consulaire et 46 317 302 F CFA pour l’Agent Consulaire et 984 732 F CFA pour un autre agent consulaire. Aussi, l’ambassadeur n’a pas réclamé le remboursement des frais médicaux à la compagnie d’assurance. Le montant total non réclamé par son Excellence, l’ambassadeur du Mali au Congo est de 1 113 449 F CFA. Autres irrégularités financières, c’est la non restitution de la caution suite à la libération des logements pour un montant de 12 600 000 F CFA, le double paiement des frais de location du logement de l’ambassadeur soit un montant de 1 500 000 par mois, l’acceptation par le secrétaire agent comptable des pièces judiciaires irrégulières d’indemnités de déplacement et de mission pour un montant de 1 478 500 F CFA, la minoration des recettes de la chancellerie pour un montant de 3 660 000 F CFA.

Les maliens épris de justice sociale et de gestion transparente reprennent espoir grâce au Vérificateur Général Samba Alhamdou Baby qui depuis son arrivée est en train de faire du bon boulot.

La balle est désormais dans le camp des autorités judiciaires déjà saisies.

Affaire à suivre

Oumar Baba TRAORE

Source : L’Analyste

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Existe-t-il un remède miracle pour lutter contre la corruption, la malversation, bref la délinquance financière ? La question mérite d’être posée quand on sait que le fléau a pris des proportions inquiétantes dans tous les compartiments du très lent développement du pays. Le dernier exemple en date est la...