Tandis que les Maliens tentent de se défaire de l’étourdissement engendré par les quelques 200 partis politiques et autres milliers d’associations et club de soutien, de nouvelles formations politiques, associations et clubs de soutien sont portés sur les fonts baptismaux par les cadres et leaders d’opinion en rupture de ban pour la plupart avec leurs anciens partenaires ou alliés pour disent-ils, mieux servir le Mali, rien que le Mali.

 

Malgré ces multiples formations politiques, clubs de soutien et associations aux noms évocateurs (Fasoko, Faso Dambé, Faso hèrè, Faso yiriwaton…anw ta ye Maliko ye…), le pays ne se porte guère mieux. De l’éclatement de la crise sécuritaire en 2012 à nos jours, les défis s’amoncèlent et l’état du pays se détériore malgré la présence de la constellation de formations et regroupements. Aujourd’hui, on est en droit de s’interroger sur la motivation réelle de toutes ces formations qui pullulent sans rendement significatif sur l’état général du pays dont le recul n’est plus un secret.

On résisterait difficilement à la tentation de dire que l’aide aux partis politiques et la générosité des parrains ayant des soucis avec leur image ne sont pas étrangers à l’engouement pour la création de structures associatives ou politiques. Il y’a en certes quelques-unes initiées et portées sur les fonts baptismaux par des patriotes convaincus dont l’engagement et la détermination ne souffrent de l’ombre d’aucun doute, mais le gros du contingent a besoin de faire la preuve de sa sincérité à cause du parcours de leur mentor. Au regard de la promptitude des formations et clubs à s’engager dans des alliances contre nature et la vague de dissension qui les traverse, on peut sans risque de se tromper que la convoitise des privilèges et aux avantages liés aux postes de responsabilité est à la base de la création de nombreux partis politiques et mouvements associatifs pour lesquels le seul rempart contre la précarité est la mise sur pied d’une structure pour se faire remarquer et se faire une place dans le banquet à court terme.

Les conflits intercommunautaires et la persistance de la crise sécuritaire ont révélés au grand jour la nature et la représentativité de nombreuses formations politiques et regroupements qui ont toujours mis en avant leur légitimité et leur statut d’interface capable de contribuer à l’apaisement. La reprise des hostilités entre communautés avec une violence inouïe et le retournement de veste de certaines associations ont levés le doute sur le peu d’influence qu’elles ont sur les groupes dont elles sont censées être les représentants. En temps de paix ou de guerre, la majorité des formations politiques, associations et clubs se sont plutôt illustrées par leur attirance pour les postes et les privilèges. L’amour pour le pays, le patriotisme et les appels incessants à l’union sacrée autour du Mali ne sont ni plus ni moins que l’arbre qui cache leur ambition personnelle.

La naissance permanente de partis politiques, d’associations et de clubs de tous genres est le symbole d’une fracture sociale qui ne dit pas son nom. Dans un pays gangréné par la corruption, le clientélisme, l’impunité…, la meilleure façon de se rapprocher de la table des banquets est d’être à la tête de sa propre structure pour échapper à la précarité devenue le lot de la majorité du peuple. Aujourd’hui, il est plus que urgent que l’on comprenne que cette pratique qui s’est durablement enracinée dans nos mœurs est un l’obstacle majeur à l’unité et à la cohésion appelée de tous les vœux sans succès.
Bouba Sankaré

Source : Le forum

MaliwebPolitique
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