Le Mali indépendant, à l’instar de nombreuses jeunes nations africaines, n’a pas été épargné par les crises. Le premier régime basé par une économie de type socialiste qui a fait du village la cellule de base de l’essor du pays a été stoppé net dans élan par un coup d’Etat mené par de jeunes officiers en 1968. Avec une nouvelle constitution en 1974, naît la 2e République. Les contestations protéiformes doublées d’un environnement économique et politique défavorable ont fini par avoir raison du régime de Moussa TRAORE balayé également par un coup d’Etat dans la mouvance d’une révolution en 1991. Après une Transition conduite par le chef des putschistes, Amadou Toumani TOURE, Alpha Oumar KONARE passera 10 ans tranquillises à la tête de l’Etat, en raison de contestations politiques très fortes dont le Collectif des partis politiques d’opposition (COPPO) est la parfaite illustration. ATT qui lui succèdera, en 2002, sera également écarté du pouvoir par le putsch du capitaine SANOGO ouvrant la voie à une nouvelle Transition dirigée par Dioncounda TRAORE, Président de l’Assemblée nationale. Ibrahim Boubacar KEITA qui a été élu à l’issue de cette transition ne terminera pas non plus son second mandat, victime d’un coup d’Etat des colonels. Ainsi, en 60 ans d’indépendance, le Mali, c’est 4 coups d’Etat, une économie morose, de forts clivages politiques, une situation sécuritaire très volatile. Toutes choses qui assombrissent sérieusement les perspectives. Rétrospective sur le Mali de l’indépendance à nos jours.

 

La première République
Une économie de type socialiste
Le régime souhaite une modernisation de l’agriculture dans le sens d’un socialisme collectiviste. L’État tente de lutter contre les chefferies traditionnelles et de mettre en place de collectivités socialistes dans les campagnes, afin de promouvoir le « champ collectif », cultivé par l’ensemble des villageois. Ainsi, sont mis en place des groupements ruraux de producteurs et de secours mutuels (GRPSM) au niveau des villages, regroupés au niveau des arrondissements au sein de groupements ruraux associés et au niveau des cercles au sein des sociétés mutuelles de développement rural (SMDR). Les paysans sont incités à adhérer à l’US-RDA et à participer aux « contributions volontaires » et aux « investissements humains », travaux non rémunérés tels que construction de routes ou de dispensaires.
Le champ collectif (maliforo en bambara) est obligatoire dans chaque village. Le bénéfice de la vente de ses produits est utilisé pour l’entretien des structures coopératives et les investissements intravillageois. Les paysans s’investissent peu dans ces champs collectifs dont la production est inférieure de 30 % en moyenne par rapport aux champs familiaux.
Les paysans sont forcés de vendre leur production de céréales à des prix très bas fixés par l’État. L’objectif est d’assurer un approvisionnement des villes, sûr et à faible coût. Mais les paysans préfèrent vendre leur production aux commerçants privés plutôt qu’à l’Office des produits alimentaires maliens (OPAM), organisme étatique qui bénéficie pourtant du monopole.
En octobre 1960, la Société malienne d’importation et d’exportation (SOMIEXx) est créée et se voit attribuer le monopole des exportations des productions locales et de l’importation des produits manufacturés et de biens alimentaires comme le sucre, le thé et le lait en poudre, et leur distribution à l’intérieur du pays. Ce qui mécontente les commerçants dont beaucoup ont soutenu l’US-RDA avant l’indépendance.
Le 1er juillet 1962, le gouvernement crée le Franc malien qui remplace le franc CFA. Le franc malien n’est pas convertible et la détention de l’ancienne devise est interdite. Cette décision aggrave les dissensions avec les commerçants. L’un d’eux est emprisonné pour détention de francs CFA. Le 20 juillet 1962, une manifestation de commerçant est violemment réprimée, faisant plusieurs morts. Fily Dabo SISSOKO, Hamadoun DICKO, ancien responsable du Parti progressiste soudanais sont arrêtés avec Kassim TOURE, chef de file des commerçants de Bamako. Ils sont jugés pour complot contre l’État par un tribunal populaire du 24 au 27 septembre 1962 qui les condamne à la peine de mort, peine commuée en condamnation à perpétuité. Ils mourront au bagne de Kidal dans le Nord du Mali.
Le franc malien ne parvient pas à se maintenir face aux francs CFA. Un marché noir s’instaure par des commerçants vendant aux pays voisins du bétail ou des céréales et achetant des marchandises importées pour être revendues au Mali sans paiement des taxes et droits de douanes. Ce marché noir entraîne un manque à gagner pour le budget de l’État, déficitaire de 1960 à 1968.
En 1961, la régie des transports du Mali est créée en vue d’assurer l’acheminement des marchandises exportées (arachides et cotons) ou importées vers et depuis le Port d’Abidjan en Côte d’Ivoire. Cet acheminement par camion a été mis en place à la suite de la fermeture de la ligne de chemin de fer entre Bamako et Dakar.
La compagnie Air Mali est créée avec des avions principalement importés d’Union soviétique.
Plusieurs industries sont créées avec l’aide financière de différents pays, comme la Société des conserveries du Mali à Baguinéda avec la Yougoslavie, l’usine céramique du Mali avec la Corée du Nord, une cimenterie avec l’URSS, la Société nationale des tabacs et allumettes avec la République populaire de Chine…

Le durcissement politique
En 1962 a lieu le 6e et dernier congrès de l’US-RDA qui institue six commissaires politiques chargés du contrôle du parti et de l’administration. Le mouvement de la jeunesse soudanaise, créée en 1959, est intégré au sein de l’US-RDA. Une milice populaire est mise en place ainsi qu’un service civique obligatoire et des brigades de vigilances. Ces mesures vont accroître l’impopularité du régime de Modibo KEITA.
En 1962, une première rébellion touarègue, limitée à la région de Kidal éclate pour refuser l’autorité du président Modibo KEITA. Les autorités maliennes répriment férocement et placent la région du nord sous surveillance militaire.
En avril 1964, les 80 candidats de la liste unique présentée par l’US-RDA sont élus aux élections législatives.
Face aux difficultés économiques que connaît le Mali, auxquelles s’ajoute la rébellion touarègue au nord, le parti unique US-RDA est en proie aux divisions entre une aile modérée et une aile radicale. En 1967 Modibo KEITA qui a tenté l’équilibre, s’allie avec les radicaux qui prônent la révolution active. Le bureau politique national de l’US-RDA est dissous et remplacé par le Comité national de défense de la révolution (CNDR).
Le 22 janvier 1968, Modibo KEITA dissout l’Assemblée nationale et décide de gouverner par ordonnance.
Le 19 novembre 1968 des quartiers officiers militaires, dont les capitaines Yoro DIAKITE et Mamadou CISSOKO et les lieutenants Youssouf TRAORE, Kissima DOUKARA et Moussa TRAORE renversent le régime de Modibo KEITA. Le président est arrêté au retour d’un voyage officiel dans la région de Mopti.

Un régime d’exception
Un Comité militaire de libération nationale (CMLN) est formé qui met en place un régime d’exception. Le 23 novembre 1968, un gouvernement placé sous l’autorité du CMLN est constitué avec le capitaine Yoro DIAKITE comme Premier ministre. Le capitaine Charles samba CISSOKHO et le chef d’escadron de gendarmerie Balla KONE sont nommés respectivement ministre de la Défense nationale et ministre de l’Intérieur, de l’Information et de la Sécurité. Deux personnalités modérées du régime de l’US-RDA font partie du gouvernement: Jean-Marie KONE qui a négocié les accords franco-malien, nommé ministre des Affaires étrangères et Louis Nègre qui conserve son poste de ministre des Finances auquel s’ajoute le Plan et les Affaires économiques.
Le 7 décembre 1968, la constitution du 22 septembre 1960 est abolie et remplacée par la Loi fondamentale. Le CMLN est l’organe suprême du pays, son président, Moussa TRAORE, est chef de l’État. Le CMLN promet l’adoption rapide d’une nouvelle constitution et des élections dans l’année à venir.
Yoro DIAKITE est démis rapidement de ses fonctions de Premier ministre qui sont attribuées au chef de l’État. Du 10 septembre au 26 novembre 1970 il occupe les fonctions de ministre de la Défense, de l’Intérieur et de la Sécurité. Il est démis de ces fonctions au profit de Kissima DOUKARA. Rayé des cadres de l’armée, il est arrêté pour tentative de coup d’État le 7 mars 1971 et condamné le 31 juillet aux travaux forcés à perpétuité dans une mine de sel où il meurt de mauvais traitement deux ans plus tard. Le capitaine Malick DIALLO, ministre de l’Information est condamné en même temps à la même peine. En octobre 1971, Moussa TRAORE prend le titre de colonel.
Les conseils municipaux élus sont dissous et remplacés par des délégations spéciales dont les chefs remplissaient les fonctions de maire.
Malgré l’interdiction des partis politiques, le parti malien du travail (PMT) s’active dans la clandestinité pour la défense des libertés individuelles et l’instauration du pluralisme politique. Les militants du PMT s’impliquent au sein de l’Union nationale des travailleurs du Mali, qui, lors de son 2e congrès (appelé « congrès de revitalisation des travailleurs maliens », réclame le départ des militaires. La junte militaire fait dissoudre la direction de l’UNTM et arrêter des membres du bureau syndical.
Une deuxième République : le Parti unique
Moussa TRAORE fait approuver le 2 juin 1974 une nouvelle constitution créant la 2e république par référendum. Le Oui l’emporte par 99,71 %, mais l’opposition qualifie ce référendum de « farce ».
Le 30 mars 1976, le parti unique Union démocratique du peuple malien (UDPM) est créé. Le régime autoritaire met en place également l’Union nationale des jeunes du Mali afin de contrôler la jeunesse et réduire l’influence du syndicat étudiant, l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM), qui avait des liens avec des partis clandestins comme le PMT, le Parti malien pour la démocratie et la révolution (PMDR) et le Comité de défense des libertés démocratiques au Mali (CDLDM).

Affichage d’une volonté d’ouverture
Moussa TTRAORE décide rapidement de se séparer de l’aile dure du Comité militaire de libération nationale qui lui reproche sa volonté d’ouverture. Il fait arrêter le 28 février 1978, Kissima DOUKARA, ministre de la Défense et de l’Intérieur Karim DEMBELE et Tiécoro BAGAYOGO, directeur des services de sécurité, en leur reprochant une tentative de coup d’État. Le 30 avril, les directeurs de la SOMIEX et de la COMATEX, des proches de Tiécoro BAGAYOGO, sont arrêtés pour corruption.
Le procès politique de « la bande des trois » a lieu du 18 au 21 octobre, Kissima DOUKARA et Tiécoro BAGAYOGO sont condamnés à mort, Karim DEMBELE est condamné à 20 ans de travaux forcés. Deux ans plus tard, le 28 juin 1980, ils seront de nouveau jugés, cette fois pour détournement de fonds publics. Kissima DOUKARA et Nouhoun DIAWARA, ancien intendant général de l’armée sont condamnés à mort pour détournement de fonds publics tandis que Tiécoro BAGAYOGO, ancien directeur des services de sécurité est condamné à 5 ans de travaux forcés et Karim DEMBELE à 3 ans de prison.

La contestation du régime par les étudiants et les élèves
La jeunesse, et plus particulièrement les lycéens et les étudiants sont les principaux contestataires du régime de Moussa TRAORE.
Le 7 février 1977, une grève des étudiants est lancée par l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) contre l’instauration d’un concours d’entrée pour les établissements de l’enseignement supérieur. Un accord conditionnel est signé par Samba Lamine SOW, secrétaire général de l’UNEEM, mais est contesté par la base. Le 10 février, une manifestation violente se déroule à Bamako, organisée par une fraction de l’UNEEM opposée à l’accord. Boniface DIARRA, secrétaire général de l’UNEEM à l’École normale d’administration, est arrêté par la police.
Le 22 février le gouvernement exige des parents qu’ils fassent pression sur les lycéens pour reprendre les cours, les menaçant de leur faire rembourser les frais de scolarité. Les étudiants doivent s’engager à ne pas faire grève pendant une période de 10 ans. La majorité des élèves reprend les cours.
Le 24 avril le ministre de l’Éducation nationale annonce la dissolution du bureau de l’UNEEM et la fermeture des établissements scolaires de Bamako. Ceux-ci rouvrent le 6 mai. Le 9 mai, une manifestation est organisée pour demander la libération de Boniface DIARRA. La police interpelle de nombreuses personnes.
Le 17 mai, Modibo KEITA est enterré à Hamdallaye à Bamako. Une manifestation spontanée rassemble plusieurs milliers de personnes. L’état d’urgence est décrété et une centaine de personnes sont arrêtées.

Combat pour le multipartisme
En 1979, le Parti malien pour la démocratie et la révolution (PMDR) appelle, lors de sa conférence de Tombouctou en 1979, « les patriotes et démocrates maliens » à s’unir pour combattre le régime de Moussa TRAORE.
En 1984 est créé le Front démocratique des patriotes maliens, en 1986 le Front national démocratique populaire (FNDP) qui comprend le Parti malien du travail (PMT), le PMDR, le PDPM, rejoint en 1989 par l’US-RDA.
L’Union nationale des travailleurs du Mali tient son conseil central extraordinaire les 28 et 29 mai 1990 et déclare : « Considérant que le parti unique constitutionnel et institutionnel ne répond plus aux aspirations démocratiques du peuple malien ; […] le conseil central extraordinaire rejette en bloc le dirigisme politique qui entrave le développement de la démocratie au Mali […] opte pour l’instauration du multipartisme et du pluralisme démocratique ».
Le 15 octobre 1990 est créée l’Association des jeunes pour la démocratie et le progrès (AJDP).
Le 18 octobre 1990, le Comité national d’initiative démocratique (CNID) est créé à Bamako par Mountaga TALL et Demba DIALLO, afin d’agir à visage découvert pour le multipartisme.
Une semaine plus tard, le 25 octobre 1990, l’Alliance pour la démocratie au Mali est créée par des militants du PMT, du PMDR, du FDPM et de l’US-RDA créent l’Alliance pour la démocratie au Mali (ADEMA), présidée par Abdrahamane Baba TOURE.
Ces associations vont mobiliser la population, en organisant des marches à Bamako et dans d’autres villes du pays. Le 10 décembre 1990, le CNID organise une manifestation pacifique qui réunit 10 000 personnes à Bamako. Le 30 décembre 1990, une marche unitaire est organisée par le CNID et l’ADEMAà Bamako. Entre 30 000 à 50 000 personnes y participent.
Le régime interdit d’activité l’ADEMA et le CNID le 18 janvier 1991.
Le 18 janvier 1991, une nouvelle manifestation est organisée à Bamako. Mountaga TALL, le leader du CNID est blessé par un tir de grenade lacrymogène. Le lendemain, une manifestation a lieu à Ségou.
Le 3 mars 1991, une marche unitaire rassemble le CNID, l’ADEMA, l’Association pour la justice, la démocratie et le progrès (AJDP) et la Jeunesse libre et démocratique (JLD). Le 17 mars 1991, l’ADEMA, le CNID et l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) organisent une marche silencieuse en souvenir de Cabral, leader étudiant assassiné le 17 mars 1980.
Le Comité de coordination des associations et des organisations démocratiques, communément appelé Mouvement démocratique voit le jour le 22 mars 1991. Il est constitué par le CNID, l’ADEMA, l’AJDP, le JLD, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), l’AEEM et le barreau.
Le 26 Mars 1991, Moussa TRAORE est arrêté par le lieutenant-colonel Amadou Toumani TOURE. Le Comité transitoire pour le salut du peuple (CTSP) dirige la Transition instaurée.

Une transition démocratique
Le CTSP organise une conférence nationale du 29 juillet 1991 au 12 août 1991 afin d’élaborer une nouvelle constitution et définir le processus électoral.
Le multipartisme est reconnu et une charte des partis politiques a été établie par une ordonnance CTSP le 10 octobre 1991.
Les Maliens approuvent par référendum le 12 janvier 1992 la nouvelle constitution. Le oui l’emporte avec 98,35 % des suffrages. Des élections municipales sont organisées la semaine suivante le 23 février et le 8 mars puis des élections législatives le 23 février et le 8 mars. Sur les 48 partis déjà créés, 22 participent aux élections et 10 obtiennent des élus. L’ADEMA-PASJ, avec 76 députés sur 116, obtient une large majorité absolue. Le nouveau gouvernement signe un pacte national de réconciliation avec les Touaregs le 11 avril 1992 qui prévoit notamment : l’intégration des ex-rebelles dans les services publics (corps en uniforme et administration générale) et dans les activités socioéconomiques; l’allégement du dispositif militaire dans les régions du Nord; le retour de l’administration et des services techniques dans le Nord; la reprise des activités économiques et la mise en œuvre de programmes de développement socio-économique d’envergure pour le moyen et le long terme. L’élection présidentielle du 12 et 26 avril 1992 clôt le processus électoral de l’année 1992. Le candidat de l’ADEMA-PASJ Alpha Oumar KONARE l’emporte au second tour face à Tiéoulé Mamadou KONATE, candidat de US-RDA et devient le premier président de la 3e république.

Changement à Bamako, attaques jihadistes et réactions
Le 1er septembre 2001, Amadou Toumani TOURE, dit ATT, demande et obtient sa mise en retraite anticipée de l’armée pour pouvoir se présenter à l’élection présidentielle. Il est élu président en mai 2002 avec 64,35 % des voix au second tour. Son adversaire Soumaïla CISSE, ancien ministre, obtient 35,65 % des voix. Il nomme Ahmed Mohamed Ag HAMANI comme Premier ministre en le chargeant de réunir un gouvernement de grande coalition. Le 29 avril 2007, Amadou Toumani TOURE est réélu au premier tour avec 71,20 % des voix, mais cette élection est contestée par les principaux candidats de l’opposition. Les relations commerciales, politiques et culturelles avec la France se ralentissent tandis que celles avec la Chine, la péninsule arabique et les États-Unis se renforcent.
En septembre 2010, sept étrangers, dont cinq Français, sont enlevés par Al-Qaida au Maghreb islamique. Treize mois plus tard, des Touareg maliens, ex-mercenaires en Libye, reviennent dans la partie nord du Mali : le contrôle de cette partie du pays semble échapper de plus en plus au pouvoir en place à Bamako entre les interventions de Al-Qaida au Maghreb islamique et ces forces Touaregs. Le 22 mars 2012, le capitaine Amadou Haya SANOGO dirige un coup d’État militaire. Quelques mois plus tard, soumis également à une pression internationale, il rend le pouvoir à des autorités civiles, pour une période de transition, avec comme président par intérim Dioncounda TRAORE. Celui-ci organise une élection présidentielle qui se tient les 28 juillet et 11 août 2013 et s’achève par la victoire d’Ibrahim Boubacar KEITA auquel Dioncouda TRAORE transmet le pouvoir le 4 septembre suivant.
Pendant ce temps, durant cette même année 2012, profitant des bouleversements politiques successifs à Bamako, les événements s’accélèrent dans le nord du pays et dans le Sahel, au centre du pays. De mars à septembre 2012, les villes de Kidal, Gao, Tombouctou et Mopti tombent aux mains des islamistes qui se rapprochent des régions du sud. Le 23 septembre 2012, Le Mali et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’accordent sur le déploiement d’une force africaine. Le 21 décembre 2012, le Conseil de sécurité des Nations unies autorise par une résolution le déploiement d’une force africaine au Mali. Le 11 janvier 2013, les troupes françaises interviennent en appui de cette force africaine, c’est le début de l’opération Serval.
Le 18 août 2020, le Président Ibrahim Boubacar KEITA est renversé par un coup d’État militaire. Le Comité National pour le salut du peuple (CNSP) qui tient les rênes du pouvoir depuis cette date est dirigé par le colonel Assimi GOITA, précédemment commandant du Bataillon Autonome des Forces Spéciales. Plus d’un mois après ‘’l’acte’’ des militaires, le Mali cherche désespérément Président de Transition et Premier ministre.

Source : INFO-MATIN

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Le Mali indépendant, à l’instar de nombreuses jeunes nations africaines, n’a pas été épargné par les crises. Le premier régime basé par une économie de type socialiste qui a fait du village la cellule de base de l’essor du pays a été stoppé net dans élan par un coup...