Depuis mars 2016, nous nous sommes posés la question de savoir quel sera le sort de l’ADEMA en 2018 après avoir perdu sa position dominante dans le paysage politique actuel, du fait de son manque d’innovation, sa perte de terrain, et surtout le manque d’engagement politique de ses actuels dirigeants. En effet ceux-ci n’utilisent le parti qu’au bénéfice de leur tube digestif. Le « moi » prime sur le « nous » désormais dans ce parti. Depuis la perte du pouvoir en 2002, le parti ADEMA, n’a jamais valorisé son idéal et ses fondements. De la petite graine d’arbre semée en 1990 par des hommes pétris d’idéal démocratique, de bonheur pour le peuple malien est sorti un grand fromager, l’un des plus grands d’Afrique à l’image des arbres de la forêt Mayombé au Congo comparable au Congrès National Africain « ANC ». Par le comportement de ses responsables, les feuilles vertes de ce grand fromager sont fanées et continueront à faner tant que l’idéal de création n’est pas entretenu par tous.Le peuple ADEMA se retrouvera dans un dilemme en 2018 infailliblement, dans la mesure où certains ténors du Comité Exécutif veulent embarquer le peuple ADEMA dans un éventuel soutien au Président IBK qui depuis quatre ans ne cesse d’entrainer le Mali et les maliens vers une perte vertigineuse dans tous les compartiments des institutions nationales. Depuis quatre ans, le Mali fait face à une crise sur laquelle, le régime d’IBK n’a aucune prise. Les 2/3 du territoire sont interdits à l’état, les groupes terroristes, les djihadistes, les rebelles de la CMA ont pris en otage la République. Venu pour résoudre la question sécuritaire et la réunification du pays selon des principes républicains et démocratiques, IBK de par sa gouvernance basée sur la corruption, le clientélisme, le manque de vision pour le développement socio-économique du Mali est désormais qualifié par la majorité de la population comme n’étant pas la solution mais plutôt le problème. Pour cette majorité, IBK est désormais un  obstacle  pour le peuple malien. La dernière voix qui a dénoncé la gouvernance dans ce sens est celle du général Moussa Sinko. Les premières voix ayant averti le peuple depuis les premières heures du mandat d’IBK ont été celles de l’opposition dirigée par Soumaïla Cissé. Cette opposition dite républicaine ne s’est pas limitée à dénoncer les tares de sa gouvernance, mais elle a fait des propositions pertinentes à l’appui. Mais il n’ya pas pire sourd que  celui qui ne veut pas entendre. Moussa Sinko, un autre candidat en plus des  traditionnels  challenger, est on ne peut plus clair sur la situation du Mali. Il l’a fait savoir lors d’une interview accordée au doyen Adama Dramé du journal ‘’le Sphinx’’ en ces termes :

« Disons que le constat a été vite fait autant par de nombreux compatriotes. Depuis 2013, avec l’élection de l’actuel président, nous avions vite compris que les espoirs en lui placés et à son équipe, n’ont pas été honorés, j’ai envie de dire trahis ! A partir de cet instant, il était de mon devoir, de celui de tous la maliens qui pensent qu’on ne peut plus continuer sur cette voie, de rêver tous les matins à un changement profond dans ce pays. Donc je fais partie de ces gens qui rêvent tous les matins à un changement profond dans ce pays.

Comme vous le saviez, à la fin de la transition, nous pouvions estimer que l’insécurité était localisée au nord du pays. Le constat est qu’aujourd’hui,  le phénomène est généralisé, le nord n’est plus sécurisé, le centre a été contaminé, c’est maintenant tout le sud où résident les difficultés et déficits sécuritaires. Sur le plan économique, faites plutôt un tour dans les différents marchés de la capitale et écoutez les commerçants et opérateurs économiques. Ils vous diront toutes les difficultés qu’ils rencontrent en ce moment. Il y a aussi tous ces scandales de corruption au grand jour… Nous sommes tous au courant ! Je pense qu’il y a beaucoup de choses à reprocher à la gouvernance actuelle et il s’agit de trouver des hommes et des femmes qui vont mettre le Mali au cœur des préoccupations, pour nous permettre, l’année prochaine au mois de septembre, après le scrutin, d’écrire un nouveau chapitre de l’histoire de notre pays.

Le mandat du président en exercice prenant fin le 04 septembre, le scrutin doit donc être organisé 40 jours au plutôt et 21 jours au plus tard par rapport à cette date (04 septembre). En tout état de cause, la fin du mandat est le 04 septembre 2018. Il (le mandat) ne peut aller au-delà !

En analysant, les forces en présence il y a deux types : celles    qui tentent de maintenir ce régime en place, constituées par les partis de la majorité présidentielle, environ une soixantaine, mais dont la plupart n’ont pas de poids politiques sur le plan national, même au prix de la fraude, et les forces centrifuges qui tentent d’éjecter le régime d’IBK ou le renverser démocratiquement à la suite d’élection libre, transparente et crédible. En évaluant chacune des tendances, la force qui veut le départ d’IBK  est composée des partis de l’opposition, du bas peuple mécontent ils sont les plus  nombreux. Il ya aussi les faiseurs de roi en 2013, c’est-à-dire la junte militaire. Aujourd’hui  ceux qui veulent son départ sont plus nombreux  que ceux  qui veulent  son maintien. En effet, le peuple ADEMA particulièrement ne votera pas IBK en 2018. Les responsables du Comité Exécutif qui veulent sceller le sort du peuple ADEMA se trompent largement. Ils seront les seuls à voter IBK en 2018. Le peuple ADEMA fera son choix entre les leaders de l’opposition, et les nouveaux arrivants sur la scène politique qui constituent une sérieuse menace pour le régime actuel. L’opposition et les nouveaux ‘’Macron’’ de la politique malienne sauront se regrouper au moment venu pour faire tomber le géant au pied d’argile dans le but de mettre le Mali au-dessus de tous, car c’est l’union qui fait la force. Le peuple ADEMA sera de ce combat, qui restaure la dignité, l’honneur du Mali.

Ivette GUINDO

Le Carréfour

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Depuis mars 2016, nous nous sommes posés la question de savoir quel sera le sort de l’ADEMA en 2018 après avoir perdu sa position dominante dans le paysage politique actuel, du fait de son manque d’innovation, sa perte de terrain, et surtout le manque d’engagement politique de ses actuels...