« De quoi demain sera-t-il fait sinon du réveil douloureux des masses pauvres des villes et de la brousse. L’histoire des années à venir sera sans conteste l’histoire des luttes de ces masses pour un devenir meilleur. Elle peut être l’histoire des luttes entre ces masses et tout groupe qui, en accaparant le pouvoir sans le mettre à leur service, se serait érigé en classe ou couche exploiteuse. Et dans cette hypothèse, l’impérialisme voudrait-il et pourrait-il promouvoir un développement capitaliste réel ? Ne préférait-il pas transformer le groupe dirigeant en unepseudo caste bureaucratique qui gérerait, moyennant de substantielles rétributions morales et matérielles, les intérêts néocoloniaux.» (Majhemout Diop).

Notre peuple se rappellera toujours du voyage courageux et historique que l’honorable Oumar Mariko a effectué en 2012 dans le septentrion de notre pays. L’on rappelle que Mariko a dit et redit que la solution à la crise sécuritaire que traverse notre pays réside dans un dialogue franc, ouvert et constructif avec Iyad Ag Agaly et Amadou koufa. Comme on pouvait s’y attendre, les autorités de la République n’ont, en tout cas dans les faits, accordé aucun crédit à cet appel de Mariko à dialoguer avec nos frères qui ont pris les armes contre leur propre pays. Cet appel était justifié à plus d’un titre :
– D’abord, parce que depuis nos aïeux le dialogue a toujours eu le dessus sur les différends entre frères. Cette valeur cardinale de notre société devrait être le leitmotiv des gouvernants maliens.
– Aussi, il pouvait éviter à notre pays que des marchands d’armes profitent de la situation pour transformer le Mali en une poudrière à ciel ouvert où se tramera toutes les bêtises du monde. Aujourd’hui, nul doute que le Nord et le Centre de notre pays sont devenus des no man’s lands où les narcotrafiquants et marchands d’armes font la pluie et le beau temps dans une bamboula indescriptible.
Mais il faut retenir que l’appel de Mariko en faveur du dialogue ne pouvait être entendu par les gouvernants maliens parce qu’il était à contre courant de la politique française dans notre pays.
Ce qui semble curieux dans tout cela aujourd’hui, c’est que c’est bien Dioncounda Traoré qui souhaite que l’Etat malien prenne langue avec Iyad Ag Agaly et Amadou Koufa (deux individus que la France ne veut sentir chez nous), tout en rappelant que c’est le même Dioncounda qui a fait appel à l’armée française pour combattre les présumés terroristes. Mais au Mali, le ridicule a cessé de tuer.
A regarder donc à la loupe de la raison cette calamiteuse situation, deux hypothèses s’offrent à nous :
– D’abord, il est possible que la France ait l’intention de lâcher Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) ou que celui-ci ait décidé de lui tourner le dos (ce qui semble peu probable).
– Secundo, il semble que Iyad Ag Agaly et Amadou Koufa ne voient pas d’interlocuteur crédible dans le gouvernement d’IBK.
Dans tous les cas de figure, il importe aujourd’hui de se demander si le régime n’a pas compris qu’il n’a plus de solution au mal malien. Pour ce faire, son appel à dialoguer avec les deux rebelles a mis à nu son incapacité à gérer le problème (sachant que c’est son Haut Représentant pour le Centre qui a demandé ce dialogue). Surtout, il semble utile de se poser cette fatidique question qui brûle toutes les lèvres au Mali :’’ Sur quoi va-t-on dialoguer et qui seront les interlocuteurs de Iyad et de Koufa ?’’ Tout compte fait, il ne peut être question d’une solution fiable au mal malien tant que la France restera au Mali. Il est temps pour les gouvernants du Mali de comprendre cette triste vérité. L’autre triste vérité que doivent comprendre les suppôts de la France c’est que les armées étrangères ne peuvent servir la paix au Mali. Aussi, l’autre gage inavouable de la France c’est de détruire l’Afrique subsaharienne pour mieux l’exploiter. Mais elle doit se rendre à l’évidence que ces propos d’Edgar Pisani sont sans appel. Celui-ci disait : « Une Afrique en charpie est une menace pour la paix du monde ; une Afrique en construction est une promesse. ». Enfin, Macron doit s’assurer que le peuple malien l’a bien compris et ne le laissera pas décider de notre avenir parce que la jeunesse du Mali a compris ce sage conseil du président Modibo Keïta selon lequel « Lorsque les propriétaires deviennent des observateurs, c’est le festival des brigands. ».
Vivement le Mali aux Maliens !

Fodé KEITA

L’Inter de Bamako

MaliwebPolitique
« De quoi demain sera-t-il fait sinon du réveil douloureux des masses pauvres des villes et de la brousse. L’histoire des années à venir sera sans conteste l’histoire des luttes de ces masses pour un devenir meilleur. Elle peut être l’histoire des luttes entre ces masses et tout groupe...