Dans la pratique s’il arrive parfois que certaines entreprises n’arrivent pas à faire face à leurs engagements pour des questions de mauvaise gestion, dans d’autres cas ce sont des entreprises qui se trouvent confrontées à des difficultés qui relèvent purement et simplement de la responsabilité de ceux qui attribuent le marché. C’est cette situation qui prévaut dans la construction de l’Ambassade d’Arabie Saoudite au Mali.

L’entrepreneur Mady Keïta avec qui nous avons échangé sur ce sujet touche du doigt les points suivants : les modifications des plans du projet, la mauvaise organisation du démarrage du chantier, les retards dans le payement des factures. Selon lui, ce sont les raisons qui expliquent le retard pris dans la réalisation de ce chantier qui devrait être bouclé depuis 2016 avec comme délai d’exécution initial de deux ans.

M. Keïta souligne un manque de fonds dû au non payement de la facture N°5 toujours bloquée par l’Ambassade qu’il attend pour achever le chantier en finition qui a pris cinq ans de retard.

Faut-il le rappeler, le projet de construction de l’Ambassade du Royaume d’Arabie Saoudite et de la Résidence de l’Ambassadeur a été  attribué à l’Entreprise Malienne Mady Keïta Sarl  (EMK Sarl) depuis 2014 pour un délai d’exécution de 24 mois. Malheureusement ce projet n’est toujours arrivé à terme. Ce n’est pas tout, les travaux sont arrêtés.  Il ressort des explications de M. Keïta que l’arrêt total des travaux est une volonté de l’Ambassadeur d’Arabie Saoudite qui, par voie d’huissier, lui a notifié son dessaisissement du chantier, tout en bloquant  plus de 30 conteneurs remplis de ses matériels sur le site. Le retard pris dans la réalisation des travaux est lié à plusieurs facteurs. Il a fait savoir ce qui suit : « Le premier facteur du retard s’explique par l’absence de l’ingénieur chargé du contrôle au démarrage des travaux  qui a mis sept (7) mois avant de venir au Mali. Le projet a démarré le 25 mars 2015 en son absence. En effet, conformément aux termes convenus, tous les intervenants devraient être présents sur le chantier pour y jouer pleinement leur rôle. C’est d’ailleurs l’une des recommandations faites lors de la réunion de démarrage en février 2015. L’absence de contrôle et ainsi que les difficultés   ont été signalées à l’Ambassadeur à plusieurs reprises par courrier. A son arrivée, sa première instruction fut de nous demander de soumettre tous les plans à la validation de son bureau à Riyad et de rehausser le bâtiment de 40 cm. Ainsi commençait une suite de soumission, de correction et de modifications pour recevoir les premiers plans approuvés au 9ème  mois du démarrage. C’est alors que les travaux ont réellement commencé. A cause du démarrage tardif des travaux, l’entreprise n’était pas en mesure de finir le projet dans le délai contractuel ».

Selon ses explications, il a apporté les justificatifs du retard à qui de droit avec une demande de rallonge du délai. Aux dires de M. Keïta, après la première demande de prolongation du délai d’exécution du projet, les responsables de l’entreprise ont reconnu que les travaux se déroulaient normalement et les trois premières factures de l’entreprise ont été payées sans problème. Il a ajouté ceci : « C’est à partir de la quatrième facture que le consultant a commencé à trainer la (…)

Tougouna A. TRAORE

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