A sa nomination, en mai dernier, cumulativement, à la tête du gouvernement et de l’Hôtel des Finances, personne ne donnait chère de la peau de Dr Boubou Cissé. Très jeune pour porter un tel fardeau, disent les uns. Il n’est pas issu du sérail politique pour y faire, disent les autres. Mais trois mois, seulement après, ses succès se passent de commentaire.

Il est, peut-être, prématuré d’esquisser un bilan de Dr Boubou Cissé à la Primature. Mais trois mois après sa nomination, il a réussi ce qui, aux yeux de l’écrasante majorité des Maliens relevait de « l’impossible ».
Au nombre des succès remportés, durant ces trois  derniers mois par le chef du gouvernement, deux ont retenu l’attention de nos concitoyens.
Le premier est, sans conteste, la signature de « l’accord de gouvernance politique » par la quasi-totalité des partis politiques.

Trouver des solutions maliennes aux problèmes maliens

Réclamé par l’opposition depuis trois ans, accepté par le président de la République en vue de la décrispation de la situation politique délétère, le dialogue politique inclusif – qui doit s’ouvrir dans les semaines à venir – devrait permettre à tous les Maliens de se parler, de discuter de tous les sujets brûlants de l’heure, en vue de leur trouver des solutions acceptables pour tous.
Le second succès de Dr Boubou Cissé est la cessation d’hostilités entre milices peulhs et dogons, qui ont fait plusieurs centaines de morts en l’espace de quelques mois.

Mettre fin aux massacres dans la région de Mopti

Après sa nomination, le 05 mai dernier, le tout-nouveau Premier ministre avait été chargé, par le président de la République, de mettre fin aux massacres perpétrés sur les populations civiles par de présumés djihadistes ; mais aussi, de faire la paix entre milices dogon et peulhs, qui se livrent une guerre sans merci.
On se rappelle, l’attaque du village d’Ogossagou a fait 154 morts, dont des vieillards de plus de 100 ans et des bébés de moins de 6 mois. Celle de Sobane Da, 95 victimes, dont plusieurs corps calcinés… La liste est loin d’être exhaustive.
Fuyant les attaques meurtrières de leur village, les populations fuient leurs localités par centaines. Avant de se retrouver comme des réfugiés dans leur propre pays, dans les centres urbains où, ils ne connaissent personne. Ou presque. « La survie du pays est en jeu », estimait IBK, au bord des larmes.
Le tout-nouveau Premier ministre avait pour mission de stopper ce cycle de violences, qui a suscité colère et indignation à l’intérieur, comme à l’extérieur de notre pays.
Après un premier voyage, qui lui a permis d’échanger avec les communautés à la base, les leaders communautaires et les chefs des milices, Dr Boubou Cissé est retourné sur place pour consolider les acquis.
C’était le 03 juillet dernier. La suite, on la connaît.
Accompagné, entre autres, du ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Michel Hamala Sidibé ; du général Dahirou Dembelé, ministre de la Défense, du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Housseïni Amion Guindo et du ministre de la Jeunesse et des Sports, Arouna Modibo Touré, le Premier ministre a échangé avec le commandement militaire sur place. Avant de présider la conférence des cadres de la région.
S’y ajoute la distribution gratuite de vivres aux populations affectées par la crise et le lancement du plan de sécurisation intégré de la région, qui concernera tous les cercles et arrondissements.
Cette seconde visite du Premier ministre, dans la région de Mopti, a été sanctionnée par la signature d’un accord de paix dans lequel, les milices dogon et peulhs ont promis de ne plus se faire la guerre. Depuis, aucun mort n’a été déploré dans la région. Ou presque.

Les raisons du succès

Le succès de Dr Boubou Cissé est dû à sa connaissance des populations de la région de Mopti, dont il est originaire. Mais surtout, des langues parlées dans cette zone. S’y ajoutent sa grande capacité d’écoute et son calme olympien, dont il ne se défère jamais, dit-on.
Autre succès, et non des moindres du successeur de Boubeye à la Primature : le paiement de la dette intérieure du pays à hauteur de 100 milliards CFA. Ce qui permettra aux opérateurs économiques d’insuffler une nouvelle dynamique à l’activité économique au point mort.
Autre domaine, autre succès : la fin de la guéguerre au sein de la Fédération Malienne de Football. Avec à sa tête Arouna Modibo Touré, camarade de classe de Dr Boubou à l’école primaire, le nouveau ministre de la Jeunesse et des Sports a réussi, en trois mois, à mettre fin à la guerre que les acteurs du football malien se livrent depuis plus de cinq ans. Mais aussi, à relancer le championnat de la ligue 1 en berne depuis plusieurs années. Mieux, l’élection du nouveau président de la FEMAFOOT est annoncée pour le 29 août prochain.
Bref, 100 jours, seulement, après sa nomination, l’équipe Dr Boubou Cissé a remporté des succès sur les plans politique, économique et social.
Avec la nomination de Babaly Bah, ex-PDG de la BMS-SA, et de Hamadoun Touré, ex-procureur anti-corruption au tribunal de la commune III, respectivement, comme conseiller spécial et direceur de cabinet, le chef du gouvernement entend faire mieux que son prédécesseur, réputé pour son efficacité et son pragmatisme.
Oumar BaBI

Source: Canard Déchainé

 

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A sa nomination, en mai dernier, cumulativement, à la tête du gouvernement et de l’Hôtel des Finances, personne ne donnait chère de la peau de Dr Boubou Cissé. Très jeune pour porter un tel fardeau, disent les uns. Il n’est pas issu du sérail politique pour y faire, disent...