La politique est généralement perçue par le citoyen lambda comme « l’art de dire ce qu’on ne fera jamais et de faire souvent ce qu’on n’a pas promis ou dit ». La crise de confiance entre le politique et le citoyen maliens est très profonde. Cela est compréhensible, d’autant plus que la crise multiforme que notre pays traverse est d’abord politique avant d’être sécuritaire ou sociale. La politique, à mon entendement, est la locomotive principale qui mène à bon port l’économie, la sécurité, le développement social d’un pays. Pour ce faire, le pouvoir politique doit être investi d’hommes et de femmes crédités de confiance et capitalisant sur une légitimité sociale voire professionnelle.

Ainsi, la situation actuelle de notre pays ne laisse personne indifférente. En tant qu’anthropologue et chercheur, j’ai contribué à ma façon à analyser la situation sécuritaire dans certaines régions et à faire des recommandations aux décideurs. Aussi, ayant travaillé dans des organisations internationales comme l’Ambassade du Danemark, j’ai apporté ma pierre à la construction de l’édifice à travers des éclairages, des réflexions et des actions concrètes.

Après tout, notre pays est loin de sortir du labyrinthe dans lequel il se trouve. « Ai-je échoué ? N’ai-je pas fait assez ? Dois-je combiner la recherche avec d’autres actions (dont la politique) ? » Je me pose régulièrement ces questions. Et je suis parvenu à la conclusion qu’on a beau eu de belles idées si on n’est pas au bon endroit pour les appliquer ou les faire connaitre, on ne pourra rien changer dans la gouvernance d’un pays.

C’est pourquoi j’ai décidé de me porter candidat aux élections législatives prochaines dans la circonscription de Kadiolo. Certains se poseront la question de savoir pourquoi Kadiolo. Kadiolo, parce que je suis natif du Folona et plus précisément de Misséni. Kadiolo, parce que je m’y sens beaucoup mieux que n’importe quelle autre circonscription au Mali. Kadiolo, parce que c’est là où j’ai fait mon enfance, mon éducation-mes cycles fondamental (1er et second cycles) et secondaire (lycée). Kadiolo, parce que les valeurs que j’incarne sont inspirées par le mélange de la culture Sénoufo et de la culture peule.

D’autres se diront également que je suis trop jeune, probablement le plus jeune candidat aux législatives. Qu’ils sachent qu’« aux âmes bien nées, la valeur d’un homme n’attend point le nombre des années ». Qu’ils sachent aussi que la jeunesse est une vertu, et c’est pendant la jeunesse qu’on doit rêver à révolutionner le monde, avec toute l’énergie et les idées qu’on dégage.

Beaucoup se diront aussi : a-t-il les moyens financiers nécessaires pour battre campagne ? Je leur dis que la politique peut se faire autrement sans dilapider les millions. Les Maliens sont très conscients de la situation du pays et sont suffisamment éclairés pour faire le bon choix.

Enfin beaucoup se demanderont aussi si j’abandonne la recherche. Je leur dis non. Quel que soit le résultat du scrutin, je poursuivrai en politique et dans la recherche, qui est une passion.

Boukary Sangaré,

Anthropologue, candidat aux élections législatives à Kadiolo

Fait à Bamako, le 19 février 2020

Source: Journal le Pays- Mali

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La politique est généralement perçue par le citoyen lambda comme « l’art de dire ce qu’on ne fera jamais et de faire souvent ce qu’on n’a pas promis ou dit ». La crise de confiance entre le politique et le citoyen maliens est très profonde. Cela est compréhensible, d’autant...