Incontestablement, la bataille pour le contrôle de l’hémicycle se jouera entre les trois grands partis de l’échiquier politique malien, à savoir le Rassemblement pour le Mali, RPM, l’Union pour la République et la Démocratie, URD, et l’Alliance pour la Démocratie au Mali, ADEMA. Le premier était largement majoritaire à l’Assemblée sortante, mais avec le bilan qui est le sien aura plus de problème à reproduire l’exploit du passé. Le second, avec son statut de principale force de l’Opposition, ambitionne de lui ravir la vedette, tandis que le troisième, véritable machine électorale, est capable de surprendre. Les autres partis politiques pourront obtenir des sièges sur la base des alliances qu’ils noueront avec ces trois grands mastodontes. Quelles sont les forces et les faiblesses de chacun des trois partis ? En quoi les alliances vont-elles faire la différence ? Ces élections législatives n’annonceront-elles pas les couleurs de la grande joute présidentielle de 2023 ?

Après sept ans de mandat, l’Assemblée Nationale du Mali sera renouvelée le 29 mars et le 19 avril, selon le calendrier établi par le Gouvernement. Cette législative tant attendue, donnera l’occasion à toutes les forces politiques, qu’elles soient partis politiques ou Mouvements, de jauger leur capacité de mobilisation et de savoir ce que chacun vaut réellement sur le terrain. A la fin de ces élections, une nouvelle configuration politique verra le jour et un nouveau gouvernement sera la conséquence politique des résultats obtenus par les uns et les autres.

Selon nos analyses, les trois grands partis de l’échiquier politique national se disputeront le contrôle de l’hémicycle et les jeux semblent ouverts. Ces trois partis sont le RPM, parti majoritaire à l’Assemblée Nationale sortante, l’URD, le principal parti de l’Opposition et la deuxième force politique au sortir des scrutins de 2013 et enfin l’ADEMA la troisième force politique à l’Hémicycle. Certains m’en voudront de ne pas citer d’autres partis comme l’ASMA-CFP, peut-être l’ADP-Maliba, la CODEM et le MPM, qui ont chacun une dizaine de députés. La réponse est que ces partis ont pour la plus part de débauché des députés d’autres partis. S’agissant des trois grands partis, à savoir le RPM, l’URD et l’ADEMA, ils joueront à jeu égal et chacun pourra se tailler la part de lion. Quelles sont les forces et les faiblesses de chaque parti ?

Le RPM a comme atouts son ancrage territorial en tant que parti présidentiel. Sa Majorité au parlement, et son contrôle de l’administration sur toute l’étendue du territoire. Surtout quand on sait que l’Administration a un très grand rôle à jouer dans le processus électoral. Un autre atout, non moins important, les moyens financiers et matériels dont dispose le parti. S’agissant de ses faiblesses, il y a d’abord le bilan calamiteux de sa gestion du pouvoir, ç cela s’ajoutent les dissensions entre cadres du RPM et qui se font jour, le grand fossé qui semble séparé le locataire de Koulouba, IBK et son pari. Une autre faiblesse est surtout le manque de leadership, de charisme du Président du RPM qui, par ses sorties inopportunes et malveillantes, risque des frustrés les éventuels alliés qui pourront former une coalition anti RPM.

L’URD a comme atouts sa constance dans l’Opposition ; le maillage territorial comme le RPM et surtout la qualité des ressources humaines qui composent ce parti. Le parti du chef de file de l’Opposition pourrait avoir suffisamment d’arguments pour convaincre les électeurs à sanctionner la gouvernance qu’il a toujours qualifié de chaotique. Et si le peuple malien est bien mature il doit châtier tous les candidats des partis qui ont géré le pays sous IBK pour donner la majorité à celui qui n’a pas pris part à la gestion du pays pendant les six dernières années. Un autre atout que le parti de la poignée des mains semble avoir c’est aussi le rôle éminemment important qu’il a joué pendant le quinquennat d’IBK dans l’hémicycle. Comme faiblesses, c’est probablement son isolement, car il n’est pas exclu que les partis qui soutiennent le Président de la République, forment des larges coalitions pour barrer la route aux candidats de l’URD au nom de la majorité. Une autre faiblesse serait le manque des moyens financiers et matériels. Si les partis de la majorité disposent des moyens de l’Etat ceux de l’opposition n’auront pas cette chance.
L’ADEMA a comme atouts sa grande implantation dans les coins et les recoins du pays, sa proximité avec le pouvoir et sa grande capacité de mobilisation. Qu’on l’aime ou qu’on le déteste, le parti d’Alpha Oumar Konaré a des bases solides qui, malgré tous les soubresauts, qu’il a connus, sont restées intactes. Il pourra surprendre compte tenu de sa position centrale qui lui donne la latitude de composer avec tous les partis politiques du Mali. Ses faiblesses par contre tiennent du fait qu’il a accompagné tous les régimes et semble être comptable de tous les bilans de 1991 à nos jours. Les électeurs pourraient sanctionner les candidats de l’ADEMA pour leur complicité dans la mauvaise gestion du pays. D’autres faiblesses seraient liées au manque de leadership du Président, qui fait chaque fois l’objet d’attaques véhémentes pour sa gestion que d’aucuns qualifient de patrimoniale mais aussi la division en clans souvent fratricides, ce qui risque de réduire les chances de ratissez large.

En somme, il n’est même pas exclu de voir entre ces trois partis des alliances par endroits. Ils sont condamnés à coopérer pour ne pas mourir ensemble face à l’adversité des autres.
Youssouf Sissoko

Source: Infosept

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Incontestablement, la bataille pour le contrôle de l’hémicycle se jouera entre les trois grands partis de l’échiquier politique malien, à savoir le Rassemblement pour le Mali, RPM, l’Union pour la République et la Démocratie, URD, et l’Alliance pour la Démocratie au Mali, ADEMA. Le premier était largement majoritaire à...