Après la création de son mouvement politique, (CMAS), Mahmoud Dicko, influent chef sunnite, n’a pas manqué de susciter une vague d’interrogations au sein de l’opinion publique nationale aussi bien que provoquer un réel séisme au sein de la classe politique vieillissante qui y voit un adversaire redoutable, capable de chambouler la donne. Seulement, à quelques semaines des législatives auxquelles il était censé prendre part, l’Imam Dicko, à la surprise de tous, s’est rétracté pour des raisons non encore clarifiées.


La maxime populaire « reculer pour mieux sauter », ne correspondrait-elle pas à la stratégie de l’Imam Mahmoud Dicko suite à la soudaine suspension de sa participation aux élections législatives prochaines auxquelles son mouvement politique s’était pourtant, il y a juste quelques jours, officiellement déclaré prêt à prendre part, allant jusqu’à sceller des alliances ? Et, curieusement, comme un couperet sur la tête de ses militants et sympathisants, l’Imam vient d’annoncer, le lundi, 03 février, son sursis à toute activité électorale en rapport aux législatives prochaines officiellement prévues pour le 29 Mars 2020.Pourtant, les ambitions de l’Imam sont claires : peser de tout son poids sur la scène politique nationale en vue de pouvoir y exercer son influence sur les grandes décisions publiques. Et, comme toujours, il n’y est jamais allé par quatre chemins pour le faire savoir à qui veuille l’entendre. Ces dernières années, l’Imam s’est farouchement insurgé contre le système de gouvernance politique et institutionnelle du pouvoir en place qu’il a incessamment qualifié de « destructif » pour l’honneur et la dignité du peuple malien.
La priorisation des intérêts extérieurs, notamment, de la France, par rapport à ceux de l’Etat souverain du Mali, l’impuissance suicidaire du Gouvernement à gérer efficacement la crise sécuritaire et mettre fin aux tueries à grande échelle, la banalisation de l’Islam et son droit de cité, l’amenuisement de l’influence religieuse sur la sphère politique et institutionnelle, la prolifération effrénée des instruments de perversion morale, tels que les bars, hôtels et autres pratiques addictives, notamment, dans la capitale malienne, sont entre autres raisons majeures de l’engagement de l’Imam Dicko dans le microcosme de la gestion des affaires publiques.
En revanche, nombreux sont ceux, parmi les observateurs de la vie publique malienne, qui n’ont pas caché leurs appréhensions quant à l’interférence du chef religieux dans les affaires de l’Etat, estimant que l’Islam et la Politique ne feraient jamais bon ménage, de surcroît, dans une République fondamentalement régies par des lois démocratiques. Mais, l’Imam Dicko, malgré la suspension de ses activités législatives, ne compte aucunement en rester là, à en croire des membres du directoire de son mouvement politique.
Au regard d’un certain nombre de pressions récemment exercées par une partie de l’opinion nationale sur sa structure politique, l’ex-Patron du Haut Conseil Islamique du Mali, aurait préféré se retirer temporairement pour mieux rebondir avec fracas sur d’autres opportunités politiques pouvant lui permettre d’asseoir une meilleure influence dans la sphère publique.
Moulaye DIOP

Source: Journal Le Point du Mali

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Après la création de son mouvement politique, (CMAS), Mahmoud Dicko, influent chef sunnite, n’a pas manqué de susciter une vague d’interrogations au sein de l’opinion publique nationale aussi bien que provoquer un réel séisme au sein de la classe politique vieillissante qui y voit un adversaire redoutable, capable de...