Si le nombre de candidature n’atteindra pas celui de 2013, à cause des critères draconiens à remplir, il est fort à parier qu’ils seront au moins six à se lancer dans la bataille pour la succession du Président IBK. Tous croient en leurs chances et ont la ferme conviction que si les élections sont transparentes, ils peuvent se qualifier pour le second tour et enlever la partie. Ils sont des partis et de positionnement idéologique souvent différents, mais se disent tous prêts à servir le Mali avec intégrité, abnégation et compétence. Il s’agit de : Soumaila Cissé, Modibo Sidibé, Kalfa Sanogo, Oumar Mariko, Moussa Mara et Aliou Boubacar Diallo. Quelles sont les atouts et les faiblesses de chacune des candidatures ?

presidence malienne palais koulouba

La bataille pour Koulouba s’annonce déjà  ardue et très ouverte, au regard du bilan, très décevant, du président sortant, et surtout des enjeux socio-sécuritaires. Ils seront probablement six à se frotter à IBK. Si le président d’honneur de l’ADP-Maliba, M. Diallo, va être à sa première tentative, les cinq autres sont des vieux habitués.

Soumaila Cissé, président de l’Union pour la République et la Démocratie, URD, il est  député élu à Niafunké et Chef de file de l’Opposition. M. Cissé est l’adversaire le plus craint par IBK, pour avoir été son challenger en 2013. Mais aussi, et surtout, il est le candidat de la troisième force politique du Mali. Sa plus grande faiblesse est qu’il peine à se blanchir des préjugés négatifs concernant son passé. Son atout serait son parti et le rejet d’IBK. Donc, le vote en sa faveur pourrait être un vote-sanction contre IBK et non une adhésion à son programme.

Modibo Sidibé, ancien Premier ministre et président des Forces Alternatives pour le Renouveau et l’Emergence, FARE-Anka Wuli, M. Sidibé a du cran et a une réputation d’intégrité. Son parti est membre de l’Opposition Républicaine, comme celui de Soumaila Cissé, mais ne pèse pas assez lourd sur l’échiquier national, avec un seul député après le départ de quatre autres de son parti. Son atout est son charisme, mais son plus grand handicap serait le faible poids de son parti et certainement le manque des moyens matériels et financiers pour battre campagne. Il pourrait être l’un des arbitres de ce scrutin.

Kalfa Sanogo, maire de Sikasso, ex-Pdg de la CMDT et possible candidat de l’ADEMA, si Dioncounda renonçait, M. Sanogo est un gros outsider qui pourrait faire mouche si tout le peuple de l’ADEMA se mobilisait derrière lui. Cette hypothèse semble moins probable quand on sait que certains barons du parti de l’Abeille ont déjà pris fait et cause pour IBK avant que la question ne soit même tranchée. Son atout serait sa base électorale qui est Sikasso et sa plus grande faiblesse est qu’il serait aux yeux des électeurs des autres régions du Mali, un illustre inconnu. A cela, on peut ajouter la rancune de beaucoup de militants de l’Adema qui n’ont pas oublié qu’il avait en 2013 rejoint IBK avec armes et bagages dès le premier tour.

Oumar Mariko, député élu à Kolondièba, membre de l’Opposition, M. Mariko est un ex-leader estudiantin. Il serait à sa troisième tentative pour aller à Koulouba. Opposant historique, Oumar Mariko est l’homme politique malien le plus constant dans son combat contre l’impérialisme et le néo-colonialisme, mais   il peine toujours  à convaincre l’électorat de son pays  à le suivre. Son atout est son audace à aller au charbon, mais sa plus grande faiblesse serait  son jusqu’au-boutisme en tout. Mariko fait plutôt peur. Il fera également partie des arbitres.

Moussa Mara, ancien Premier ministre, ancien maire de la Commune IV du District de Bamako, M. Mara est un  jeune loup aux dents acérées. L’expert-comptable, après son bref et tonitruant passage à la primature, semble étoffer son agenda et croit en son étoile, surtout après le phénomène Macron en France. Son atout serait sa jeunesse, ce qui semble être son cheval de bataille ; ses plus gros handicaps seraient son passé sulfureux à la primature, sa gestion à la Mairie de la Commune IV, sa proximité avec le régime d’IBK et la faiblesse de son parti sur l’échiquier national.

Aliou Boubacar Diallo, Pdg de la société minière Wassoul’Or, M. Diallo est le président d’honneur et fondateur  du Parti ADP-Maliba, un autre parti de l’Opposition. Il a fait son baptême de feu en politique en 2013 en soutenant bec et ongle le candidat IBK. Tombé en disgrâce avec ce dernier, il a quitté la Majorité pour l’Opposition. Il s’opposera à celui pour lequel il a mobilisé une bonne partie des électeurs de la première région. Son atout serait  son appareil politique, ADP-Maliba, qui est une jeune formation dynamique avec des députés et des maires. Sa plus grande faiblesse est qu’il n’est pas connu dans le Mali profond.

En conclusion, le constat général serait qu’aucun des candidats cités ci-haut ne serait prêt à reporter ses voix au Président sortant au second tour, parce que tous sont ses adversaires. Donc un second tour entre n’importe quel candidat parmi les six face à IBK, a d’énormes chances de voir le président sortant vaincu.

Youssouf Sissoko

youssouf@journalinfosept.com 

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Si le nombre de candidature n’atteindra pas celui de 2013, à cause des critères draconiens à remplir, il est fort à parier qu’ils seront au moins six à se lancer dans la bataille pour la succession du Président IBK. Tous croient en leurs chances et ont la ferme conviction...