Le président de la République est discret depuis l’enlèvement et la séquestration du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé. Cette attitude du chef de l’État est compréhensible. Elle consiste à gérer la question de la libération du président du parti de la poignée de main avec diplomatie.

Ça fait maintenant plus d’une semaine que le chef de file de l’opposition et une partie de sa délégation sont dans les mains des personnes inconnues. Toute la nation est mobilisée pour leur libération et leur retour sains et saufs dans leur famille respective. Le Gouvernement et le président de la République sont vivement interpellés. Si le Gouvernement a fait des communiqués afin de rassurer le peuple malien qu’il fera tout pour le retour du député de Niafunké et ses collaborateurs, le Président IBK, lui, il est discret dans le dossier. C’est la stratégie qu’il faut pour vite résoudre cette affaire ? Une hypothèse possible,

L’heure de « je ne négocie pas avec les hommes armés »

Si une chose a favorisé l’élection d’IBK à la magistrature suprême en 2013, c’est sa promesse de ne pas dialoguer avec les groupes armés. Tout le monde comptait sur lui pour le retour de la paix tout en gagnant la guerre contre les groupes armés. Mais le désespoir des Maliens fut grand quand le messie de 2013, deux ans après son élection, a signé l’Accord pour la paix et la réconciliation avec les groupes armés. Du coup, le langage dur « je ne négocie pas avec les groupes armés » est tombé dans l’eau. Il a accepté ces groupes armés et les a reçu même au palais de koulouba. Mieux, les gens de la CMA ont eu, avec lui, ce dont ils n’ont jamais bénéficié avec ATT qui est, pourtant, taxé de « laxiste ». La loi d’entente nationale a été promulguée par IBK, lui-même, pour amnistier les crimes commis par ces groupes armés. Le constat est aujourd’hui là et patent : rien ne se fait dans la République du Mali sans que ces groupes armés ne soient concertés. Tout cela se passe sous le même IBK.

Nécessité de résoudre la question de la libération de l’honorable Soumaila Cissé dans la discrétion

Après les groupes armés, le Président IBK a promis de ne pas dialoguer avec les djihadistes. Il est resté campé sur cette position pendant des années. Pourtant, beaucoup de Maliens dont des leaders politiques, l’ont invité à faire un dialogue avec ces djihadistes. Là aussi, IBK a été affaibli. Lors du Dialogue national inclusif, les participants ont trouvé nécessaire de dialoguer avec Iyad et Koufa et IBK a fini par céder. Des émissaires seraient déjà envoyés aux chefs djihadistes, selon le haut représentant du chef de l’État pour le centre.

L’Enlèvement du chef de file de l’opposition est donc plus qu’un coup dur pour tout le Mali, car il est intervenu au moment où toute la nation est déterminée à mettre fin à la crise à travers le dialogue inter-malien.

Le constat est amer, mais de nos jours, l’État est faible au centre et nord du pays. Ces parties sont presque dominées par ces groupes djihadistes. Il est donc compréhensible qu’IBK gère cette question de libération de l’honorable avec diplomatie, car nous sommes en position de faiblesse. Les rapports de force ne favorisent pas l’honorable Cissé et ses collaborateurs.

Il est urgent que l’État et ses partenaires mettent tout en œuvre pour le retour sains et saufs du député de Niafunké et des membres de sa délégation de campagne enlevés depuis le 25 mars 2020.

Boureima Guindo

Source : LE PAYS

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Le président de la République est discret depuis l’enlèvement et la séquestration du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé. Cette attitude du chef de l’État est compréhensible. Elle consiste à gérer la question de la libération du président du parti de la poignée de main avec diplomatie. Ça...