Lorsqu’on aborde le sujet de l’enlèvement, depuis le 25 mars 2020, du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé, la conclusion est vite tirée par bon nombre de Maliens. Cette situation honteuse que le pays vit relève de la seule responsabilité des pouvoirs publics. Je ne leur intenterai pas un mauvais procès car notre système de gestion de la nation, la démocratie, leur donne la plénitude totale d’étaler divers avis sur tous les sujets.  Qu’à cela ne tienne. La liberté démocratique ne doit occulter en nous Maliens la morale.

Le bon sens recommande de chacun de nous l’ultime sacrifice au bénéfice du bonheur collectif.  Au-delà des clivages, le Mali étant notre dénominateur commun, nous devons nous retrouver à son chevet aux heures critiques de son existence. Je ne dirai pas que le pays est bien gouverné.  Loin s’en faut. Je suis un des avertis à avoir déployé toute mon énergie pour que IBK ne puisse pas être président de ce pays. En 2013 lorsque l’euphorie pour la cause d’IBK battait son plein, j’ai produit pas mal de pamphlets qui ont fini par me coller l’étiquette d’apatride. En 2018, mon engagement s’est redoublé car le premier mandat d’IBK n’a produit que malheur pour le pays. Alors il fallait par tous les moyens changer la vieille roue qui nous plombait. Malheureusement, les Maliens voyaient autrement les choses. Au lieu de voir le Mali, le jugement se limitait à une question de personne. Le chaos s’étant fortement enraciné, l’heure est-il encore au critique ?

Je dirai non. Il est plus que jamais temps de changer de paradigme. Le reflexe doit venir des récents évènements provoqués au nord du Mali à cause de l’insécurité. Opposition et majorité politiques ont, toutes les deux, été victimes de rapts suivis de séquestration de leurs militants en pleine campagne dans le cadre des législatives dont le premier tour a eu lieu dimanche dernier.

Ces enlèvements doivent nous ramener à comprendre que ce climat d’insécurité, les gouvernants taxés d’être à la base ne sont pas les seules victimes des conséquences qui en résultent.

Tout le monde vit la menace et les groupes armés n’ont pour cible que le Mali et ses partenaires.

Je prie chaque seconde pour le retour sains et saufs, parmi nous, de Soumaila Cissé et ses compagnons enlevés. Nous devons nous donner la main. Faire table rase du passé, franchir les barrière politiques et autres clivages. Que chacun apporte ce qui est à son possible pour le redressement du Mali. L’heure n’est plus à qui la faute, elle n’est non plus propice pour les critiques qui, à mon avis, sont vides de sens aujourd’hui.

Aux partenaires du Mali de comprendre et d’accepter les nouvelles postures issues du dialogue national inclusif. Dialoguer avec les détenteurs « illégaux » d’armes tels que Kouffa et Iyad est une hypothèse qui pourra être payante. Ce sont des Maliens et le bon sens voudrait qu’on accepte de se parler lorsque des citoyens se dressent contre l’État au point que cette menace impacte dangereusement sur l’existence du pays.

Je suis journaliste engagé, mais ce texte est l’avis d’un simple citoyen malien profondément touché par ce que nous vivons et inquiet pour le Mali de demain. Si le Mali n’existe plus, où irons-nous ? Il faut qu’on s’accepte, qu’on se parle, qu’on fasse front commun pour le Mali.

Boubacar Yalkoué

Source : LE PAYS

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Lorsqu’on aborde le sujet de l’enlèvement, depuis le 25 mars 2020, du chef de file de l’opposition, l’honorable Soumaila Cissé, la conclusion est vite tirée par bon nombre de Maliens. Cette situation honteuse que le pays vit relève de la seule responsabilité des pouvoirs publics. Je ne leur intenterai...