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«On bat le fer quand il est chaud». Ce vieux dicton, nos politicards, – pardon – nos politiciens ne semblent pas bien l’assimiler. Et pour cause, au lieu d’animer le jeu politique comme il se doit dans une République démocratique, ils préfèrent s’occuper de «leurs oignons», en attendant que la vie de la Nation pourrisse, pour être après les premiers à crier au scandale. De quoi je me mêle ! Mais, il faut tout de même tirer la sonnette d’alarme avant qu’il ne soit trop tard.

En fait, on a encore à l’esprit qu’ils étaient très chauds derrière l’ex-président de la République déchu Amadou Toumani Touré (ATT). «An bi sah i nofè» (on mourra tous derrière toi), clamaient-ils au haut et fort au moment du règne d’ATT. Histoire de bien partager le «gâteau» avec l’ancien Chef de l’Etat qui, lui aussi, ayant compris qu’ils étaient tous malléables, les a emballés dans «son consensus démocratique». Et la suite, on la connaît.
Après avoir tous goûté à la «soupe de Koulouba» et ayant compris que la tasse était vide (le pays au bord du gouffre), ils ont tout bonnement abandonné le «pauvre» ATT qui a fini par être renversé par le putschiste Amadou Haya Sanogo. Il fut alors contraint de s’exiler à Dakar au Sénégal. Et comme la honte ne tue pas dans notre pays, ces renards et vautours de Koulouba d’hier, ont vite fait de retourner leurs vestes. Désormais, ATT est persona non grata ; il est qualifié de tous les noms d’oiseaux : anti-démocrate, laxiste, impuissant, incompétent, chef rebelle… Il semble même qu’ils réclament qu’ATT soit jugé. Et eux-mêmes ? Ne sont-ils pas tous ses vieux «copains», et donc complices ?
De toutes les façons, à la faveur du putsch du 22 mars 2013 orchestré par les mutins de Kati avec à leur tête le capitaine Amadou Haya Sanogo, et suite à l’Accord-cadre signé à Ouagadougou sous l’injonction de la Communauté internationale, Dioncounda Traoré, alors président de l’Assemblée nationale, est parachuté à Koulouba comme président de la République par intérim. Alors, commence un autre bouleversantfeuilleton avec ces politicards, d’aucuns soutenant le nouvel homme fort sous la coupole du Fdr et d’autres, croyant dur comme fer que leur temps avait sonné pour goûter aux délices du pouvoir, se rangeant du côté des putschistes de Kati sous le couvert du MP 22 et de la Copam. Une véritable guerre de tranchées, comme si on était au temps du nazisme, commença. La suite : le président de la République par intérim Dioncounda Traoré est proprement tabassé dans son Palais de Koulouba comme un malpropre et a même frolé la mort, n’eut été son évacuation d’urgence en France.
Ayant senti le danger qui le guettait et qui guettait également toute la Nation avec l’entrée en jeu des jihadistes, des narcotrafiquants et des bandits armés du Nord du Mali, Dioncounda fera vite d’appeler au secours son «ami» François Hollande de la France et la Communauté internationale. Là encore, levée de bouclier, zizanie, tragi-comédie et pagaille de la classe politique !
Mais, qu’en déplaise aux «jaloux», Dioncounda Traoré se tirera d’affaire avec la récupération de l’intégrité du territoire (même si Kidal reste encore un «cas particulier») et l’organisation réussie de la présidentielle. Il se barre alors de Koulouba en passant le flambeau au nouveau président démocratiquement élu, Ibrahim Boubacar Kéïta. Dès lors, ces «politi-chiens» commencèrent à fouiner et lorgner dans le rétroviseur de Koulouba en faisant tous allégeances à IBK.
Mais, voilà que la gestion d’IBK qu’on disait homme de poigne, commence à intriguer nombre de Maliennes et de Maliens : libération des terroristes, levée des mandats d’arrêt des criminels, «pacte» de son parti Rpm avec les rebelles pour les prochaines législatives…Et, alors que les citoyens lambdas ont commencé à grincer les dents et à crier leur ras-le-bol, aucun politicien ne lève le petit doigt. Bouches cousues comme des mules, ces hommes qui sont des champions en politique politicienne, attendent impatiemment qu’IBK soit «pris au piège», avant qu’ils ne le couvrent de toutes les ignominies. Mais, top secret : leur mutisme, me confiait un sexagénaire, serait lié au fait qu’ils ont leurs têtes ailleurs : se caser à Bagdadji (Assemblée nationale). En attendant, le peuple peut bien mourir de sa belle mort ! Peu importe pour eux.
 

 

Source: Le Flambeau

abdoulaye ouattaraPolitique
«On bat le fer quand il est chaud». Ce vieux dicton, nos politicards, – pardon – nos politiciens ne semblent pas bien l’assimiler. Et pour cause, au lieu d’animer le jeu politique comme il se doit dans une République démocratique, ils préfèrent s’occuper de «leurs oignons», en attendant que...