Si tous les citoyens Maliens sont d’avis de la nécessité de lutter contre la corruption et la délinquance financière, les opinions divergent quant aux différentes approches et méthodes ? Celles de la Plateforme de Clément Dembélé laissent planer de sérieux doutes quant à leur efficacité. Deux réactions appropriées émanant de la Police et des Services de la Douane attestent des gros risques voire des périls qui pèsent désormais sur le processus et même sur certains acteurs de ce mouvement. La preuve !

 

On peut dire sans risque de se tromper que les actes de dénonciations entrepris par les associations de la société civile, en l’occurrence, la Plateforme de lutte contre la Corruption, la délinquance financière et l’enrichissement illicite, ont donné des résultats. Ce, au regard des procédures judiciaires désormais en cours contre certaines personnes.

Aussi, l’engagement des responsables de la société civiles et l’ouverture des premières enquêtes sont de nature à décourager le phénomène puisque susceptibles de dissuader d’éventuels corrupteurs et corrompus. A ce stade, l’on ne peut donc qu’encourager les acteurs. Pour autant…

Oui à la dénonciation. Non à la délation, à l’humiliation, aux actes de persécution !

Il importe, dans ce combat de faire preuve de discernement et surtout, d’éviter les aprioris et les préjugés au risque de s’exposer à de graves discrédits. Faut-il, de facto, conclure que certaines catégories de fonctionnaires sont naturellement corrompues ou que les opérateurs économiques sont indubitablement des corrupteurs ? Hélas, selon toute évidence, nombreux sont ceux qui n’ont de référence que ces préjugés pour fonder leur religion ! Trop simpliste !

Une accusation infondée s’appelle la délation. Et l’auteur s’expose à un retour de boomerang puisque susceptible de se retrouver à la place de l’accusé, c’est-à-dire derrière les barreaux.  Dans tous les cas, le mal serait fait de part et d’autre en cas de délation et de poursuites judiciaires y afférentes.   C’est justement le risque auquel s’expose le professeur Clément Dembélé suite à certaines accusations pour le moins très légères et la menace de faire publier les photos de maisons censées appartenir à de présumés riches et «corrompus douaniers». Mais un Douanier riche est-il forcement corrompu ?

Dans une correspondance qui nous est parvenue, un inspecteur des Douanes démonte cette allégation, pièce par pièce. A l’en croire, un Douanier a tout pour s’enrichir de manière licite et propre. La preuve ici.

La réaction d’un Douanier 

«Je viens aujourd’hui pour répondre aux mensonges d’un soi-disant lutteur contre la corruption qui sera probablement poursuivi les jours à venir par la justice pour complicité de conclusion d’un contrat illégal.

 Je suis un inspecteur des Douanes,  Chef de division à la Direction Générale des Douanes,  j’ai une prime mensuelle de 990.000 Francs  CFA minimum  comme travail supplémentaire,   j’ai plus de 1.200.000 Francs CFA  par mois comme prime de saisie car j’interviens dans toutes les affaires contentieuses. Ma prime sur les recettes s’élève à plus de 500.000 Francs par mois.

Et je ne parle pas de mon salaire ni mes indemnités de responsabilité en tant que Chef de division.

Cela fait un montant dépassant les trois millions (3.000.000) de francs CFA.

Donc, je pose la question à ce futur habitant de Bamako-Courra près la Brigade Territoriale de la Gendarmerie.

Combien de temps me faut-il pour construire une VILLA ?

Pas deux cents (200) ans mais deux (02) ans seulement. Je peux vous montrer les différents arrêtés qui régissent ces primes et indemnités.

Et je vous fais comprendre que tous ces sous viennent du Trésor public et non de la Douane. Renseignez-vous.

Par ailleurs, pour ceux qui s’attaquent aux anciens DG des Douanes à cause de leur fortune, sachent que l’administration des Douanes exerce son action fiscale par l’intermédiaire du Directeur Général des Douanes.

À ce titre il reçoit presque 80.000.000 de Francs CFA par an quand il atteint les objectifs budgétaires et cela, c’est encore un arrêté qui le donne comme prime d’encouragement.

Et avant d’être DG, il a fait combien de postes de responsabilité où il a gagné des primes ?…».

 L’auteur de la Correspondance estime que le Syndicat de la Douane n’a, pour l’instant, jugé nécessaire, de réagir, mais le fera quand même et ce, conformément à l’article 44 du code des Douanes…

Au-delà de la douane, associer de facto le revenu d’un cadre, voire d’un citoyen Malien lambda à ses réalisations ou vice-versa, c’est faire preuve d’une grosse méconnaissance des réalités socioculturelles du pays et de ses différentes sociétés (lire article : «Attention à l’amalgame et à la dérive !).  En tout état de cause, la prudence doit être de mise.

B.S. Diarra

La Sentinelle

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