En colère noire contre le président de la transition malienne depuis le 24 mai, le président français multiplie déclarations et interviews pour qualifier le peuple malien d’ingrat. Malgré l’offensive médiatique injurieuse du gouvernement français, les dirigeants maliens, pour ne pas s’enliser dans un débat de caniveau, ont préféré le silence radio comme réponse à l’arrogance, aux injures et aux propos désobligeants de Macron.

La guerre médiatique menée à outrance contre les autorités de la transition malienne par le président français, Emmanuel Macron, pour les distraire du travail patriotique de la refondation du Mali mené sous la clairvoyance de son peuple déterminé à mettre au pas les ennemis intérieurs et extérieurs, n’arrive pas encore à produire ses effets néfastes. Elle s’est butée sur le mur de silence que le colonel Assimi Goïta, président de la transition et son gouvernement ont érigé pour  ne pas répondre à des provocations dont l’aboutissement est de leur faire plier à leurs injonctions pour détourner la transition de son chemin droit de construction d’un nouveau Mali au bénéfice de tous les fils du pays.

Il faut remonter au coup d’État du 18 août 2020 contre le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) pour comprendre la haine du président français contre les militaires qui venaient de parachever l’œuvre du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5- RFP), un regroupement hétéroclite de partis politiques, d’associations de la société civile  et de mouvements politiques, qui manifestaient dans les rues de Bamako pour demander le départ d’IBK des fonctions de président de la République. Il condamne les putschistes maliens et appelle la communauté internationale à prendre des sanctions contre le Mali pour obliger la junte militaire à rétablir le président déchu ou rendre le pouvoir à des civils pour conduire la transition. Ironie du sort. Ce même président approuve le coup d’État au Tchad, en avril 2021 et se bat comme un beau diable auprès de la même communauté internationale pour un soutien aux nouvelles autorités tchadiennes au nom de la sécurité et de la stabilité.

L’offensive médiatique constituant à dénigrer la transition malienne ne s’arrête pas là. La tension monte d’un cran, en mai dernier lorsque le vice- président de la transition, le colonel Assimi Goïta, décharge Bah N’Daw et Moctar Ouane de leurs fonctions de président de transition et de Premier ministre pour prendre les pleins pouvoirs de la transition. Et il fallait s’attendre à la réaction du président Emmanuel Macron. Il annonce un retrait unilatéral de la force Barkhane des villes de Kidal, Tessalit et de Tombouctou à la fin de l’année 2021. Cette déclaration, loin d’être un bagabaga, est restée lettre morte auprès des autorités maliennes de la transition. Ce silence agace l’Elysée qui  pensait que les responsables maliens allaient courber l’échine pour supplier Macron de ne pas quitter les trois villes maliennes du Nord. Dans la mesure où  les médias et les spécialistes de la sécurité dans le Sahel avaient créé la psychose dans l’esprit de beaucoup de Maliens que le départ des forces françaises ouvrirait les portes du Mali à l’occupation djihadiste comme ce fut le cas en Afghanistan après la fuite des Américains.

Malgré cette campagne médiatique de nuisance et de médisance, le colonel Goïta est resté droit dans ses bottes. Comme le diront certains, imperturbable. Toute chose qui ne passe pas du côté du président français qui s’attendait à une délégation malienne de négociations du retrait de ses troupes à Paris pour bien sceller l’allégeance. Mais peine perdue. Et il fallait attendre une autre occasion pour se décharger sur la transition qui conduit avec bonheur la politique de refondation du Mali.

Cette aubaine, il pensait la trouver dans le discours du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, prononcé le 25 sepetembre à la tribune de la 76ème Assemblée générale de l’ONU. Encore, peine perdue. La campagne médiatique à relent haineux, injurieux, arrogant et désobligeant se cogne à la tour d’ivoire du colonel président de la transition malienne. Furieux, Macron déclare: «Je rappelle que le Premier ministre malien est l’enfant de deux coups d’État, si je puis dire. Puisqu’il y a eu un coup d’État en août 2020 et un coup d’État dans le coup d’État. Donc, la légitimité du gouvernement actuel est démocratiquement nulle. Alors qu’hier nous avons présidé à l’hommage national au sergent Blasco et qu’aujourd’hui il est enterré parmi les siens, ce qu’a dit le Premier ministre malien est inadmissible. C’est une honte. Et ça déshonore ce qui n’est même pas un gouvernement».

Avant sa déclaration déshonorante, son ministre des Armées, Florence Party pensait intimider les militaires maliens en ces termes: «C’est beaucoup d’hypocrisie, c’est beaucoup de mauvaise foi, beaucoup d’indécence surtout parce que ces propos ont été tenus le samedi 25 septembre, or, le vendredi 24 septembre un 52ème militaire français a donné sa vie pour combattre le terrorisme au Sahel».

Malgré ces déclarations d’un autre âge, les autorités de la transition maliennes gardent la tête haute comme si de rien n’était. Ce silence perturbe le sommeil de Macron qui ne sait plus à quel saint se vouer pour ne pas perdre le Mali au moment où beaucoup de partenaires frappent à sa porte pour l’aider à lutter contre le terroriste dont l’échec de la France dans ce combat est mis sur la place publique. Comme on le dit, le silence est d’or.

Yoro SOW

Source: Inter De Bamako

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