e serait une lapalissade que dire, des cinq législatures que le Mali a connues depuis l’avènement de la démocratie multipartite sous nos tropiques, celle en cours (la cinquième), est incontestablement la plus décriée par le peuple, tant elle s’illustre par des tares, conséquences d’une mauvaise gouvernance.

Et pourtant, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, c’est le tenant des rênes de cette cinquième législature, à savoir le Président Ibrahim Boubacar Keïta, qui fut le Président de la République du Mali à avoir battu le record de légitimité lors de son élection et comparativement à ses prédécesseurs. C’est dire tout simplement qu’après avoir massivement voté pour celui en qui ils voyaient ‘’l’homme de la situation’’, les maliens ont plutôt désillusionné quand ils se sont rendus à l’évidence que ‘’les fruits n’ont pas été à la hauteur de la promesse des fleurs’’.

La gouvernance sous IBK a surtout été marquée par des scandales financiers dans le sérail du pouvoir, le manque d’avancées notoires sur le plan sécuritaire, économique et social, les nombreux changements à la tête du pouvoir exécutif (cinq Premiers ministres en moins de cinq ans), le népotisme, le clientélisme et la gabegie financière. Ces tares de la gouvernance, qui au demeurant sont de notoriété publique, ont fini par mettre le peuple dans un état d’amertume dans l’âme, mais néanmoins il s’est résigné à prendre son mal en patience en attendant la prochaine élection présidentielle qui pourrait être marquée par un vote sanction contre le régime en place.

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Il ne se fait pas de doute que les tenants du pouvoir d’Etat sont pleinement conscients de cette amertume qui habite en ce moment, en tout cas, la grande majorité de l’électorat malien et c’est justement ce qui motive le Président IBK à s’offrir les moyens d’une politique qui lui permettrait de redorer son blason suffisamment terni et du coup faire remonter sa cote de popularité auprès des électeurs, avec pour objectif, la prochaine élection du Président de la République. Ce qui finit de convaincre bon nombre d’observateurs que si le Président IBK a jeté son dévolu sur Soumeylou Boubèye Maïga pour lui confier les rênes du pouvoir exécutif, c’est essentiellement pour que celui-ci prépare sa réélection à l’issue de la prochaine présidentielle.

A en croire certains analystes avertis de la scène politique malienne, même si jusque-là le Président IBK n’a pas encore clarifié sa position quant à son intention de briguer sa propre succession à la tête de l’Etat, nombreux sont cependant des indices qui augurent bien de son positionnement dans le starting-block pour la prochaine présidentielle. Quoi qu’il en soit, il faut convenir qu’en jetant son dévolu sur Soumeylou pour lui confier les rênes de la ‘’primature’’, IBK a fait un excellent choix dans la mesure où ce nouveau Premier ministre est connu pour être un fin politique qui a suffisamment fait ses preuves en réussissant souvent là où on l’attend le moins.

On peut se convaincre que la réélection d’IBK n’est pas forcement chose acquise, même si le Pm Soumeylou s’y met corps et âme

Depuis sa nomination comme Premier ministre, cet ex-patron des services de renseignement maliens jette toutes ses forces dans la bataille pour assurer la réélection d’IBK et d’ailleurs il l’a clamé haut et fort lors d’une de ses sorties, en ces termes : « Les élections vont se tenir le 29 juillet, même si IBK reste le seul candidat et nous allons les organiser ». On serait tenté de se demander qu’est-ce qui rend si confiant le Pm Soumeylou pour qu’il affirme sans ambages que « nous allons les organiser ».

En tout cas le rôle qui est confié à Soumeylou, à savoir faire réélire IBK en juillet prochain, est une mission extrêmement laborieuse, mais peut-être pas impossible compte tenu de la valeur intrinsèque de l’homme politique qu’il est. Il est vrai que dans le microcosme politique sous nos tropiques, Soumeylou Boubèye Maïga est notoirement reconnu pour avoir plusieurs cordes à son arc dès lors qu’il s’agit d’atteindre des objectifs politiques qu’il se fixe, mais il n’en demeure pas moins vrai aussi que vu l’enjeu en cours, ses adversaires politiques resteront sur leurs gardes et ne lui rendront pas la tâche facile. L’opposition politique n’a jamais caché son manque de confiance à l’endroit de Soumeylou quand il s’agit de poser quelque action que ce soit concernant le processus électoral. Les partis constituant ce pôle politique disent craindre les fraudes, l’achat des consciences et l’instrumentalisation des leaders religieux musulmans pour tenter de gagner les élections. Ce qui amènera un dirigeant de l’opposition politique à dire « Soumeylou est habile, manœuvrier et bon communicant, mais c’est surtout un fin corrupteur ».

Nous savons qu’actuellement la mouvance de l’opposition tente de se mettre dans la logique d’une candidature unique dès le premier tour de la prochaine présidentielle et à cet effet, Tiébilé Dramé, le président du PARENA avait déclaré « il faut nous rassembler. Nous travaillons à la finalisation d’un manifeste pour l’alternance qui sera signé prochainement, à la préparation d’un programme minimum commun avant d’engager des discussions pour savoir qui sera le mieux placé pour nous représenter à la présidentielle ». Eu égard à cette prise de position commune de l’opposition politique à laquelle s’ajoute la grande déception du peuple, conséquemment à la mauvaise gouvernance, on peut se convaincre que la réélection d’IBK n’est pas forcement chose acquise, même si le Pm Soumeylou s’y met corps et âme.

Mamadou GAB

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e serait une lapalissade que dire, des cinq législatures que le Mali a connues depuis l’avènement de la démocratie multipartite sous nos tropiques, celle en cours (la cinquième), est incontestablement la plus décriée par le peuple, tant elle s’illustre par des tares, conséquences d’une mauvaise gouvernance. Et pourtant, aussi paradoxal...