La colère est assurément mauvaise conseillère. Déchu de son piédestal après cinq ans d’exercice calamiteux du pouvoir, le président IBK nous prouve chaque jour que le boubou de la fonction présidentielle est bien trop large pour ses épaules. D’abord en termes de vision pour définir les stratégies de sortie de crise et ensuite de travail pour rattraper en partie ses années de guerre perdues.

L’homme ne s’est révélé ni visionnaire ni travailleur mais les Maliens découvrent à leur grand désenchantement que ce vieillard de 73 ans peut s’égarer dans des dérapages verbaux, voire injurieux. A Kangaba, dit-il chez les siens sans qu’on connaisse le nom de son vrai village, IBK a enterré ce qui reste de son mythe. En décrétant avec véhémence et force gesticulations que « Boua ta bla, maachi fa  ka ta », IBK ignorait que par-delà la personne de Ras Bath, il faisait un bras d’honneur à tous les « Boua» électeurs du Mali et ils doivent faire plus de la moitié des 8 millions figurant dans le fichier électoral. De Modibo Keita à Amadou Toumani TOURE en passant par Moussa Traoré et Alpha Oumar KONARE tous étaient le « Boua » de quelqu’un. A moins que Ibrahim Boubacar Keita veuille passer le témoin de la Présidence du Mali à un Guinéen ou un Gabonais, c’est le « Boua » d’un Malien qui prendra forcément la relève.

Pis encore, nous sommes affligés par ce spectacle pathétique d’un Président de la République, Président « koutrou » comme disent les Maliens, lancé à la poursuite d’un jeune activiste à qui on peut tout reprocher sauf d’insulter ses adversaires. Son verbe est acéré, mais courtois et même sympathique parfois. « Boua » restera comme une de ses meilleures trouvailles sauf que tout apparaît comme une insulte ou critique à celui qui se reproche tout.

Personne n’a la solution au problème de IBK car au fond du fond, il est mécontent de lui-même. Lui qui a présenté Alpha Oumar KONARE comme le méchant loup, le «Banyengo » l’ayant empêché de franchir la dernière marche conduisant à la présidence ; lui IBK qui a vitupéré ATT sur tous les tons, s’est donné tous les moyens, des plus licites aux pires condamnables est finalement arrivé à ses fins en 2013. Dans le silence de son palais et de son âme, il voit le riquiqui de son bilan et l’immense héritage de ses prédécesseurs. La crise ne saurait même tenir lieu d’excuse ; au contraire elle révèle les grands hommes. Au bout, le président qui croyait que la réalité devait obéir à ses ordres, se révèle incapable de retenir ses convives à l’heure de la vaisselle. Et la sortie de IBK est si scandaleusement injuste que ni en fait ni en mots, le jeune Rasta ne s’est à ce jour mêle de la campagne de son père.

Après tout si Boua ne veut pas que le père d’un autre hérite du flambeau, il n’a qu’à légaliser le mariage pour tous. Comme cela nous aurons des couples qui renoncent à la procréation et nous pourrons avoir un « Boua de maachi » à la tête de notre pays. Pour apaiser l’humeur de Boua de Karim, on va lui rappeler un couplet d’une chanson des supporters ivoiriens quand leur équipe domine l’adversaire : « faut pas fâcher, nous s’amuser woo ! Si rien ne va dans le pays « Ras Bath no tè, Allah no  tè, Boua no lé » ! Allez président, respire un peu et la colère descend !

C H Sylla

 

Source: L’Aube

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La colère est assurément mauvaise conseillère. Déchu de son piédestal après cinq ans d’exercice calamiteux du pouvoir, le président IBK nous prouve chaque jour que le boubou de la fonction présidentielle est bien trop large pour ses épaules. D’abord en termes de vision pour définir les stratégies de sortie...