Gouvernement: Moussa Mara succède à Oumar Tatam Ly démissionnaire

07/04/2014 05:46

Membre du gouvernement Oumar Tatam Ly, il a voulu déclarer son patrimoine, mais s’est retrouvé en minorité. Les autres membres du gouvernement n’ont pas voulu souscrire à cette exigence constitutionnelle. La solidarité gouvernementale l’a obligé à garder profil bas. Ne pas rééditer cet exploit qui consiste à être le seul maire à avoir publié son patrimoine.

Moussa Mara  ministre Urbanisme Politique ville
Le président du parti Yéléma (changement en français), créé en juillet 2010, a été candidat à l´élection présidentielle du 28 juillet 2013 et a obtenu 1,5 % des voix. Le désormais plus jeune des Premiers ministres de l’histoire du Mali à seulement 39 ans donne l’image d’être un homme sobre et modeste, d’un commerce facile, intelligent et très attaché aux valeurs religieuses (musulmanes). Ministre, il continue de fréquenter son  » grin  » et demeure toujours ponctuel aux prières matinales de cinq heures ; comme il fait preuve d’une présence assidue aux heures matinales au bureau. Ces premiers rendez-vous de la journée sont souvent fixés à son bureau du ministère de l’Urbanisme et de la politique de la ville à six heures. Si vous arrivez avec un peitit retard, vous constaterez à votre dépens que le ministre est déjà sur d’autres dossiers. Il serait doué d’une grande capacité de travail jusqu’à des heures tardives.
En 2004, le président de Yelema avait présenté une liste indépendante de jeunes aux élections communales dans la commune IV de Bamako mais elle est invalidée par le tribunal administratif car aucun candidat n’est inscrit sur la liste électorale.
En 2007, le fils de Joseph Mara (ancien ministre de la Justice sous le dictature du général Moussa Traoré, son parrain) se présente avec une liste indépendante et met en ballottage celle d’Ibrahim Boubacar Keïta, président du Rassemblement pour le Mali (RPM). Il est battu au second tour en obtenant 48,5 % des voix.
Lors des élections communales du 26 avril 2009, Moussa Mara présente une liste indépendante dans la commune IV de Bamako qui arrive en tête avec 14 sièges sur 413. Le 30 juillet 2009, saisi par plusieurs candidats pour des irrégularités, le tribunal administratif annule les élections dans la commune IV. L’annulation du scrutin est confirmée le 26 novembre 2009 par la Cour suprême.  Lors de l’élection partielle du 6 février 2011, la liste du parti Yéléma conduite par Moussa Mara arrive largement en tête et obtient 19 des 41 sièges à pourvoir. Le 7 mars 2011, il est réélu maire de la commune IV par le conseil municipal. Toute chose qu’il avait prédite, défiant ainsi ses adversaires politiques. Soutenu par les élus de l’URD de Soumaïla Cissé et du MPR, il obtient 28 voix contre 13 pour son adversaire Alfousseini Kanté de l’Adéma. Il sera le maire qui a acquis une forte popularité dans sa commune, où réside du reste, un certain Ibrahim Boubacar Kéita. Sa nomination comme Premier ministre est la preuve de l’estime que ce dernier lui porte. Faut-il rappeler qu’aux législatives de 2007, Moussa Mara a failli de peu l’emporter sur le député sortant Ibrahim Boubacar Kéita.Dans la perspective de l’élection présidentielle avortée (du fait du coup d’Etat) de 2012, le parti Yéléma s’était allié avec la Convergence pour le développement du Mali (Codem) et treize autres partis politiques au sein du regroupement électoral  » Partis unis pour la République » (PUR) mais une querelle de leadership avait fait éclater la coalition. Mara dira, le 5 mars 2011, vouloir  » un rassemblement de nos forces sur des bases objectives, pour arriver à une plus grande stabilité politique et mettre fin à des divisions stériles  »
L’expert comptable et maire de la commune IV sera investi par son parti comme son candidat le 15 octobre 2011 au cours de son congrès tenu à Kayes. Il va marquer la différence de la période de précampagne à travers une série de conférences de presse thématiques sur son ambitieux projet pour le Mali. Décentralisation, administration du territoire dont l’augmentation du nombre de régions et la suppression des cercles afin de réduire à deux les échelons administratifs et l’érection de villes moyennes afin de créer une soixantaine d’agglomérations dotées des infrastructures nécessaires, promotion des valeurs de solidarité, soutien aux couches vulnérables, développement des infrastructures de base et énergie, désenclavement,  couverture d’accès à l’eau potable à 90 % de la population avant 2017, élaboration des stratégies d’assainissement pour chaque ville de plus de 50 000 habitants, mises en œuvre sous l’égide des collectivités territoriales avec le soutien de l’ État, à hauteur de 20 milliards de francs CFA chaque année, etc. Des initiatives assez novatrices pour un jeune leader politique qui n’avait alors que 37 ans.

A propos du Nord-Mali, Moussa Mara déclarait,  avant l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013 : « On nous a imposé une guerre, il faut donc y aller ! », promettant, s’il était élu, de déployer au moins 7 000 militaires (soit le tiers des capacités de l’armée malienne) « principalement dans l’infanterie, avec une proportion appréciable de commando paras, dans l’artillerie et dans les blindés légers « .
A travers son carnet d’adresses, il séduit des partenaires internationaux et obtient des distinctions pour sa gouvernance municipale. Espérons qu’il pourra tirer profit de ce background pour aider le Mali à reprendre, sous de meilleurs auspices, sa marche vers des lendemains meilleurs.

Bruno D.  SEGBEDJI

SOURCE: L’Indépendant

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