A l’appel de l’opposition malienne, un grand rassemblement populaire s’est tenu, le vendredi 15 novembre 2019, dans l’après midi à la place de l’indépendance de Bamako pour soutenir l’armée malienne. Au cours de ce grand meeting, les organisateurs ont exigé l’équipement adéquat des Forces armées maliennes (FAMA) et l’implantation de camps et de postes de sécurité réunissant les conditions minimales d’efficacité et de sécurité. «Nous exigeons la mise immédiate à la disposition de la justice de toutes les autorités civiles, politiques et militaires impliquées dans les détournements des deniers prévus pour les achats de matériels et d’équipements militaires », indiquent les organisateurs de ce grand rassemblement.

 

Ils étaient tous au Monument de l’indépendance de Bamako pour soutenir l’armée malienne : les responsables des Associations de la Société civile, les responsables des partis politiques, les responsables des Syndicats. Parmi les figures emblématiques, on peut citer entre autres : le président de l’URD et du FSD, l’honorable Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition malienne, le président des Fare Anka Wuli, Modibo Sidibé, le président du CNID FYT,  Mountaga Tall, le président du MODEC, Konimba Sidibé, le président du MPR, Choguel K Maïga, le président de l’Adp-Maliba, Youba Bah, le président des APM, Mohamed Aly Bathily, le président du PACP, Niankoro Yeah Samaké, le président de la Ligue Démocratique pour le Changement, Moussa Sinko Coulibaly, la président de la Plateforme « ANW KO MALI DRON », Mme Sy Kadiatou Sow, le secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Hamadoun Amion Guindo, la secrétaire générale de la Centrale démocratique des travailleurs du Mali (CDTM), Mme Sidibé Dédéou Traoré, des membres de l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), des opposants comme Paul I Boro, Nouhoum Togo, Nouhoum Sarr et bien d’autres. Des milliers de manifestants  scandaient « vive l’armée malienne », « A bas les apatrides ». Lors de cette manifestation, on pouvait lire sur les pancartes : « Haltes aux tueries de nos militaires et civiles partout au Mali », « Non au détournement de nos fonds ». Après l’exécution de l’hymne national du Mali, le secrétaire général de la CSTM, Hamadoun Amion Guindo a lu la déclaration du rassemblement de soutien aux forces de défense et de sécurité. «Nous associations de la société civile, partis politiques, syndicats soussignes ; Conscients des très graves atteintes à l’intégrité territoriale du Mali avec la perte de notre pleine et entière souveraineté sur plus des deux tiers du territoire national ; Conscients des graves menaces qui planent sur notre unité nationale ; Considérant la crise multiforme que vit le Mali depuis de nombreuses années ; Considérant les risques d’une partition de notre pays attestés par des textes en discussion ou en voie d’adoption ; Considérant l’insécurité qui s’est étendue sur l’ensemble du territoire national après avoir fortement ébranlée les régions du nord puis du centre du Mali ; Considérant les attaques récurrentes de groupes terroristes, séparatistes ou de milices communautaires avec leurs cortèges de victimes civiles et militaires ; Saluons la mémoire de toutes les victimes tombées sur le champ d’honneur, souhaitons prompt rétablissement aux blessés et assurons les familles de notre compassion, de notre soutien et de notre solidarité », a déclaré Hamadoun A Guindo. Avant d’ajouter que les FAMA doivent constituer le rempart contre toutes les menaces. «Considérant que dans cette mission dont ils essaient de s’acquitter vaillamment, nos soldats subissent régulièrement des pertes énormes (Nampala, Soumpi, Guiré, Dioura, Mondoro, Boulkessi, Indelimane) en raison de la mauvaise gouvernance caractérisée notamment par des détournements des sommes prévues pour l’achat de matériels et équipements militaires ; de l’absence de couverture aérienne ; des changements trop fréquents au sein de la chaîne de commandement ; du manque de reconnaissance des lourds sacrifices consentis ; Considérant que pour mettre un terme un terme aux manquements et pallier les insuffisances constatées nos Forces de Défense et de Sécurité ont d’abord et surtout besoin de leur peuple, en conséquence, nous réaffirmons notre confiance et notre soutien total aux FAMA et à toutes nos Forces de Défense et de Sécurité (FDS) », a-t-il dit.

«Nous demandons au président IBK d’écouter son peuple… » 

Pour Guindo, la défense du territoire national et la sécurité des personnes et des biens doivent incomber prioritairement et principalement aux FAMA. Dans leur déclaration, les organisateurs exigent l’équipement adéquat des FAMA, l’implantation de camps et de postes de sécurité réunissant les conditions minimales d’efficacité et de sécurité, la mise en œuvre de choix tactiques et stratégiques efficaces, une plus grande performance des renseignements, l’application ferme dans la plus stricte équité des règles et de la discipline militaires. «Nous exigeons la mise immédiate à la disposition de la justice de toutes les autorités civiles, politiques et militaires impliquées dans les détournements des deniers prévus pour les achats de matériels et d’équipements militaires. Nous exigeons la reconnaissance des sacrifices consentis par nos soldats blessés ou tombés sur le champ d’honneur notamment par des soins appropriés, des actes de solidarité à l’endroit des veuves et des orphelins et des honneurs à leur rendre. Nous lançons un appel à tout le peuple malien pour plus de soutien et de collaboration avec nos Forces de Défense et de sécurité. Nous réaffirmons notre total engagement pour la défense de l’intégrité territoriale du Mali et de notre unité nationale; le Mali ne gagnera qu’avec nos forces de défense et de sécurité», révèle la déclaration des organisateurs de ce meeting. Pour sa part, l’opposant Mountaga Tall a fait savoir que l’une des causes des attaques terroristes au Mali est la mauvaise gouvernance. Aux dires de Bakary Doumbia de la société civile, ce grand rassemblement est fait pour montrer à la communauté internationale que le Mali ne sera pas divisé. Choguel Kokala Maïga du MPR a invité les autorités maliennes à donner les moyens à l’armée pour la reconquête de l’intégrité du territoire national. Selon lui, l’autorité du Mali ne s’exerce pas à Kidal. Quant à l’ancienne ministre Mme Sy Kadiatou Sow, elle a lancé un appel aux jeunes à chercher les voies et moyens de sortie de crise. « Nous demandons au président IBK d’écouter son peuple et non les pays étrangers. La communauté internationale cherche son intérêt», a-t-elle dit. L’ancien premier ministre, Modibo Sidibé a invité tout le monde d’œuvrer pour sortir le Mali de l’ornière. L’ancien candidat à l’élection présidentielle de 2018, Moussa Sinko Coulibaly a réclamé la démission du président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). L’opposant Paul I Boro a souhaité l’union des Maliens pour mettre fin à la crise. Selon le chef de file de l’opposition malienne, l’honorable Soumaïla Cissé, seuls les Maliens pourront sortir le Mali de cette crise. « Nous aimons l’armée malienne voila pourquoi nous demandons leur équipement. Les militaires maliens ont été trahis. Nous sommes derrière l’armée malienne. Ce rassemblement est le début mais pas la fin », a-t-il dit. Par ailleurs, l’opposant Soumaïla Cissé a invité la communauté internationale (Minusma, France, Amérique…) d’écouter le peuple malien. Le président du Modec Konimba Sidibé a indiqué que l’argent destiné à l’armée malienne est détourné. Tous les autres intervenants comme Niankoro Yeah Samaké, Dr Youba Bah, l’honorable Mamadou Hawa Gassama Diaby ont affirmé leur soutien à l’armée malienne.

Aguibou Sogodogo

SourceLe republicain mali

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