Assumer et s’assumer, telles sont les deux choses qui n’ont jamais fait défaut chez cette véritable bête politique très apprécié au-delà de nos frontières. Celui que le bouillant Chahana Takiou a surnommé ‘’Kamikaze’’ en référence à ses prises de position hors du commun, est en fait un vrai fils du terroir qui ne s’est jamais privé de dire son point de vue quel qu’en soit les circonstances et le prix. En tant qu’observateur, il était de mon devoir de sortir des chantiers battus de l’égoïsme politique pour rendre à César ce qui appartient à César. Sans être du même bord politique que lui, je reconnais en Housseini Amion GUINDO, tous les caractéristiques d’un homme d’Etat capable de sortir mon de cette situation.

 

Au moment où la pression de la rue réclame haut et fort la moralisation de la vie publique en général et politique en particulier, un homme incarne déjà à mes yeux les vertus de cette aspiration légitime d’un peuple en détresse. Qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, ce politique post démocratie a suffisamment montré des prédispositions à répondre aux aspirations du peuple malien en tout lieu et en toute circonstance.

Natif de Bandiagara et originaire de Bamba dans le cercle de Koro, région de Mopti, ce fils adoptif de Sikasso fait partie des rares responsables dont la vie a été rattrapée par la politique. D’enseignant vacataire ordinaire qui a choisi le Kénédougou pour l’exercer en 1997 au Ministère de l’Environnement en 2020, en passant par celui des Sports et de l’Education Nationale, Poulo pour le commun des mortels n’a jamais brulé les étapes. Pour son entourage, il doit son parcours atypique à la force de ses convictions dictées par son vécu dans le Mali profond et sa rigueur dans la gestion de la chose publique. De la précarité de Bamba à Sikasso en passant par Koro, Bandidagara, Kolondiéba et Mopti, Housseini Amion GUINDO est un témoin ou du moins un acteur privilégié des conditions de vie les plus difficiles de nos compatriotes dans les coins les plus isolés du pays. En clair, il est dans son milieu naturel, à la différence des vacanciers politiques.

Un pacte avec Sikasso

Elève turbulent et enseignant timide, rien ne présageait forcement de la tournure politique dans la vie de cet homme au destin atypique. De la mort de son frère et de sa sœur sur le chemin de l’école dans son Bamba d’origine, en passant par le décès de l’honorable député de Sikasso , Poulo a su tirer une motivation supplémentaire de ses drames en vue de se surpasser pour sa contrée, la région de Sikasso et le Mali tout entier. Jeune dans l’âme et altruiste par nature, sa vie se confondait aisément à celle des jeunes et des démunis du Kénédougou.

Après une année de craie au lycée Monseigneur De Mont clos de Sikasso, ce fils du dernier chef de Canton de Bamba a jugé nécessaire de voler de ses propres ailes. Guidé par sa seule volonté d’assister les enfants des pauvres régulièrement exclus de notre système éducatif public pour des raisons qui dépassent le plus souvent le cadre scolaire, Poulo a opté pour la création du premier lycée privé de Sikasso. Non sans peine, Housseini Amion GUINDO a réussi à mettre en place à l’époque les embryons de l’actuel complexe Amion Guindo, une fierté pour la ville aujourd’hui.

Malgré l’abondance des cas sociaux qui venaient de tout le Mali et de la sous-région, il a su se frayer un chemin grâce aux sourires qu’il donnait à ces enfants de parents souvent totalement démunis.

Fort de cette complicité avec la jeunesse de la ville, Poulo franchira une autre étape pour le bonheur du Kénédougou. En 2003, il prend en main le stade malien de Sikasso. Comme par miracle, ce club qui a été créé dans les 1960 sans connaitre l’élite nationale, accéda en première division la même année. En plus de sa volonté, les sikassois, particulièrement ses camarades jeunes, décèlent en lui un homme chanceux capable d’apporter beaucoup plus à l’ensemble du cercle.

Début d’une carrière politique

A la faveur d’une élection partielle organisée suite au décès d’un député du cercle, la candidature de Poulo est imposée et portée par les jeunes de la ville au nom du RPM pour des considérations familiales. Après moult réflexions, le désormais promoteur du Lycée Amion Guindo et président du Stade malien de la localité a fini par accepter. Ainsi débutait une carrière politique nationale au bénéfice de tout le Mali.

Cette première expérience sera suivie d’un second mandat en indépendant en 2007. Avec cette petite expérience politique et le clash avec le RPM, il fonda en 2008 la Convergence pour le Développement du Mali (CODEM) avec certains camardes politiques.

Une intégrité sans faille dans la gestion publique

Le franc parlé inébranlable de l’homme s’adosse à une gestion rigoureuse et sans commune mesure de la chose publique partout où il est passé. A ses dires, la tradition dogon interdit tout abus de biens sociaux. S’inspirant de cette éducation, Housseini Amion GUINDO fait aujourd’hui partie des rares ministres à n’avoir jamais fait l’objet de soupçon de malversation pendant ses années de présence au sein du gouvernement. Mieux, ses résultats et sa gouvernance ont été unanimement salués aux Ministères des Sports. Au ministère de l’Education Nationale et celui de l’Environnement, malgré les nombreux blocages et divergences avec une partie de sa hiérarchie, il a su tirer son épingle du jeu. Même si les milliards qu’il a dénichés sur le dos du contribuable avec des élèves et des enseignants fictifs lui ont valu des controverses terribles, Poulo ne regrette pas ses actions qui s’inscrivaient dans le cadre de la rédévabilité des gouvernants envers le peuple.

De l’avis de plusieurs observateurs internationaux, il est curieux qu’un homme qui a su allier résultat et intégrité morale dans sa gestion ne soit pas considéré à sa juste valeur dans un Mali en quête de renouveau. A la différence de la nouvelle race de politiciens opérateurs économiques, Poulo fait son petit bonhomme de chemin. Lentement mais surement, il est crédité d’un bel avenir avec l’une des bases politiques les plus fidèles du pays.

Un franc-parler et des succès politiques qui ont dérange

Sa démission fracassante de la tête du plus grand département en termes de budget du gouvernement en 2018 a révélé une autre facette de l’homme qui fait défaut chez bon nombre de nos politiques. Son franc parler en conseil des ministres, à la limite dérangeant pour certains collègues, exprime une liberté de ton assumé. Que dire de ces ressentes sorties malgré son appartenance à la désormais ex majorité présidentielle ? Pour lui dans un mariage de raison, les parties se doivent vérité et sincérité.

Au-delà, l’on se rappelle encore des évènements provoqués par la révision constitutionnelle avortée. En pleine tempête, alors ministre des Sports, il avait souligné que le président de la République devait écouter son peuple. Cette prise de position qui avait été interprétée par certains de la majorité présidentielle comme une trahison a été assumée par la Codem et son président. L’histoire a fini par leur donner raison car le président a fini par écouter son peuple au grand dam des faucons qui cherchaient la confrontation.

Le jour où le peuple malien se rendra compte du fait qu’on ne jette pas le bébé avec l’eau du bain, l’heure de Poulo sonnera. En attendant qu’il termine de scruter l’horizon à la recherche d’un hypothétique sauveur sans portrait-robot, la perle du Kénédougou continuera de fourbir ses armes. Les sources proches du parti indiquent qu’il n’est pas personnellement intéressé par la transition. C’est dire que pour lui, la bataille se mènera sur d’autres fronts, surtout qu’un politique digne de ce nom ne doit en aucun cas misé sur une transition pour se faire une place au soleil.

Correspondance particulière

Source : L’Observatoire

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Assumer et s’assumer, telles sont les deux choses qui n’ont jamais fait défaut chez cette véritable bête politique très apprécié au-delà de nos frontières. Celui que le bouillant Chahana Takiou a surnommé ‘’Kamikaze’’ en référence à ses prises de position hors du commun, est en fait un vrai fils...