Si IBK élu président avec 77,61% en 2013 par les populations maliennes, a été la découverte d’une ruche pour ses familiers politiques et sociétaux, elle n’est aujourd’hui qu’une erreur de personne pour son électorat qui l’espérait sauveur contre « l’Ennemi à abattre», Soumaïla Cissé. Aujourd’hui, malgré cette cote exceptionnelle, IBK est en chute vertigineuse de popularité. Alors, quelle en est la cause?

En dépit des promesses non tenues que nous allons vous énumérez, et qui sont, entre autres, la sécurité, l’accès à l’emploi, aux soins de santé et à l’éducation de qualité pour tous, IBK du haut de sa colline de Koulouba, a tout simplement montré ses limites.

Tout porte à croire qu’actuellement, la majorité des Maliens, ceux qui représentent le peuple ont compris. Tous les jours qui passent, voient augmenter le nombre de personnes convaincues de la carence du régime actuel. Tous, sont d’accord sur un point, c’est d’admettre qu’il serait temps d’en finir avec cet outil de manipulation, cette mascarade qui donne une attribution éhontée au pays.

Mais, la vraie question est de savoir le comment pour sortir le Mali de l’impasse?

– L’insécurité galopante

En 2013, les engagements du « Kankelen tigui » étaient ornés et maniérés par des « Inch’Allah » en filigranes et des serments qui lui ont valus 77 ,61 %. Par une population de 95 % musulmans sous les pressions des chefs religieux dans Sabati 2012, sans doute, il était presque devenu un messie prométhéen. Mais hélas !

« Une fois élu, je vous promets que la crise sécuritaire du nord finira en 3 mois, Inch’Allah» disait-il lors de sa campagne à Diéma.

Au lieu de cela, la crise s’est propagée comme des métastases du Nord au Sud en passant par le centre.

Les conflits intercommunautaires avec de violents affrontements ont fait plusieurs morts, chose rare au Mali.

De son accession à Koulouba à nos jours, sur plus de 13.000 attaques dans le centre et la partie septentrionale du pays, il y a eu plus de 2300 morts, civils et militaires ainsi que des blessés selon Tièblé Dramé.

En dépit de ses promesses boursoufflées pour la redynamisation de l’appareil militaire et l’onctueuse loi de la programmation militaire, aucun effet positif n’a été senti par les populations qui ne savent plus à quel saint se vouer. L’adoption et la promulgation de cette loi qui était censée être une victoire de sa part connaissent actuellement un revers.

Finalement, après deux ans de la promulgation de ladite loi, les contingents qui étaient en position à Tessit abandonnent leur poste pour carence d’armements avant d’être rééquipés. Cela suite à des grognes des populations de cette localité qui exigeaient le retour de l’armée. Certains pensent que l’absence de l’État sur une bonne partie du territoire national serait due au manque d’armement pour contrer les assaillants malgré ces milliards qui sortent chaque année du trésor public pour nos forces armées et de sécurité. La tenue de l’élection 2018 dans ces zones ne sera qu’improbable.

Nul n’est en sécurité sur le territoire malien.

Dans les grandes villes et notamment à Bamako, la capitale, le banditisme ne fait que grimper. Des jeunes, âgés le plus souvent, d’une vingtaine d’année, tous, avec des armes pénètrent chez les paisibles citoyens sans s’inquiéter et les dépouillent de tous leurs biens. Rares sont les Maliens qui n’ont pas été victimes de ces malfrats. Et après rien. Même s’ils sont arrêtés par les policiers qui peinent à travailler dans des conditions de précarité, force est de constater qu’arriver au tribunal, ils sont généralement relâchés. Puis, ils recommencent de plus belle.

– L’éducation au déclin

Après un engagement poussiéreux : « Chaque étudiant, un ordinateur », selon le dernier rapport annuel 2017 d’Amnesty International, plus de 150.000 élèves n’étudient plus dans le pays en raison de la fermeture de 716 écoles depuis 2013 dont majoritairement de Mopti d’où les autorités ont pris plusieurs promesses sans suite.

En effet, l’éducation nationale continue de connaître une descente vertigineuse dans l’abîme vu la baisse continuelle du niveau des élèves et la corruption à ciel ouvert dans ce monde éducatif. En plus des nombres pléthoriques des élèves dans les classes, le manque d’enseignants, les grèves illimitées des enseignants et les violences dans les milieux universitaires demeurent aujourd’hui les ennemies de l’école.

Que dira le candidat IBK sur l’éducation pour convaincre les électeurs ?

– La situation humanitaire tendue

Le Malien lambda ne mange qu’une fois par jour. Et quelle qualité de nourriture? Pourtant la « bouffe » présidentielle quitte Paris par vols Air France pour Bamako.

Après la soi-disant distribution de 1000 tracteurs aux paysans et les 15 % des budgets alloués à l’agriculture, l’OCHA a déclaré récemment que plus de 4 millions de Maliens seront dans les besoins alimentaires cette année. Et pire encore, la directrice des actions humanitaires de l’ONU (OCHA) a dévoilé récemment dans une de ses sorties médiatiques sur Studio Tamani que : « Aucune avancée positive n’a été constatée sur la situation humanitaire du Mali ». A cela s’ajoute la pénurie d’eau dont plus de 900.000 Maliens sont victimes dans le pays.

– La santé désastreuse

« Docteur sauve moi », mais avec quel budget ?

Mauvaise gestion, manque d’équipements dans les plus grands hôpitaux de la ville. Nous avons assistés à la détresse des malades lors de la grève enclenchée par le corps médical. Il a fallu deux mois et des dizaines, voire des centaines de morts pour que l’État malien accepte enfin de signer un accord avec ceux-ci.

– Un fort taux de chômage : rien n’est gagné 

La réalisation d’un éventuel emploi de 234.000 annoncé par le ministre de l’emploi Maouloud Ben Kattra ne serait que « le gros mensonge du siècle »

Nos jeunes se massifient de plus en plus devant les théières et sur les chemins de l’immigration qui s’estimaient à 11 172 jeunes, selon la dernière statistique annoncée par l’Organisation Internationale de la migration (OIM).

Malgré l’annonce de plus de 15.000 faux diplômes dans la fonction publique et des milliers de fonctionnaires fictifs décelés depuis 2012 par l’ancien premier ministre de la transition, Cheick Modibo Diarra, les autorités peinent à recruter les jeunes pour combler ces vides budgétivores. Après un énième contrôle physique en 2016 par l’ancien ministre de la justice Me Ismaël Konaté, ce dernier a révélé que plus de 30 milliards sont débloqués chaque année pour 13.000 fonctionnaires fictifs dans la fonction publique. Et depuis ce jour, l’affaire reste dans les oubliettes. Et si IBK avait une réelle volonté d’éradication de la corruption, il allait tout d’abord assainir la structure publique et donner la place aux méritants. Mais là aussi, rien n’a bougé.

-La corruption a atteint son paroxysme

Parlons-en !

Un régime de gabegie abonné aux scandales financiers. Pas un scandale, pas deux, mais plusieurs depuis son ascension à Koulouba. Comme si la corruption est l’essence même du pouvoir IBK. Un vilain reflet qui finalement nous met devant un miroir déformant, une situation à laquelle les Maliens ont fini par s’habituer.

Sans détour et sans s’en cacher, des milliards ont été détournés durant tout le quinquennat de « Mandé Massa ». Le trésor public a été vidé de tout son contenu, cela en dépit des engagements d’IBK qui jurait d’éradiquer la corruption et la délinquance financière lors de la campagne de 2013.

Le plus grand drame financier demeure celui de l’achat de l’avion présidentiel. 20 milliards de francs CFA pour acquérir un Boeing 737. Des surfacturations comprises entre 29 milliards et 38 milliards sont décelées par le bureau du vérificateur général. En avril 2016, le gouvernement avait remis au MOC (Mécanisme opérationnel de coordination) 42 véhicules pour les patrouilles mixtes. Les médias avaient annoncé que lesdits véhicules ont coûté à l’État 2, 300 milliards de FCFA, soit plus de 50 millions l’unité avant que le PARENA dévoile le pot aux roses. Également, après l’affaire des engrais frelatés qui s’estimait à une soixantaine de milliards, celle des «1000 tracteurs » a été concoctée à l’opinion malienne par le Parti pour la renaissance nationale (Parena) qui, après investigations, a annoncé que plusieurs milliards auraient été détournés du dernier public.

Un autre scandale financier en février 2018. La Cour suprême avait condamné l’État à rembourser plus de 20 milliards de nos francs à un fournisseur de l’armée. C’était par rapport à l’achat de matériel militaire à une société malienne, ainsi que l’acquisition d’un avion présidentiel pour 40 millions de dollars. Quant à la loi de la programmation militaire adoptée en 2015, d’un montant de 1.230 milliards de FCFA (1,875 milliard d’euros), le parti politique PARENA est revenu sur une nouvelle révélation. Selon son rapport rendu public récemment, le Mali a signé un contrat de 3,78 milliards de F CFA pour la formation de 15 pilotes. Ce qui fait que chaque pilote est facturée à 250 millions FCFA alors que le cout de la formation serait selon les experts américains entre 15 à 25 millions par unité. Le hic, c’est que ces fraudes restent toujours impunies par l’homme qui se disait éradicateur du fléau. Soumeylou Boubeye Maiga, démis de ses fonctions de Ministre de la défense est revenu en force comme Premier ministre. Pourtant c’est cet homme-là même qui a été mis en garde à vue à Paris et ensuite relâché. Des accusations graves ont été portées en son encontre. Surfacturations des équipements militaires dont une chaussette à 40 dollars soit 26.300FCFA. Quel gâchis ! Il va s’en dire, que l’argent du contribuable est dilapidé au moment où le peuple meurt de faim et de manque de soin. Chut !

-La diaspora oubliée 

Lors de la campagne présidentielle 2013 à Yélémani, « Boua » en bon père de famille a parlé de la fierté du Mali, de son honneur et de son bonheur. Il a rassuré la diaspora dans ces termes : « Ambassadeur fè wo fè ni mi sodon malien na et bé rappelé », traduction : « tout Ambassadeur qui ne s’occupe pas d’un Malien à l’extérieur sera rappelé».

« Mogo mi ka ti m’balma fè, o ti fè », ce qui veut dire « toute personne qui n’aime pas mes frères, c’est-à-dire les Maliens de l’extérieur, ne pourra pas prétendre m’aimer, lui IBK »

« Malien si tè bo à djaka », interpretation : « aucun Malien ne sera intimidé ». Et d’ajouter « personne ne va jouer avec le Mali, moi en tant que président. C’est fini. Je l’ai dit et je le ferai, Inchalahou…»

« Ayez confiance à moi ». Puis, il donna le ton concernant l’argent envoyé par la Diaspora. « L’argent des Maliens de l’extérieur envoyés au pays, même si c’est pour l’achat d’une maison, ne sera plus détourné, je vous le garantis ».

Seulement, tout récemment, précisément en juillet dernier, près de 400 Maliens résidant en Algérie ont marché pour réclamer leur agent détourné par le Consulat du Mali à Tamaransset. Une somme évaluée à 260 millions FCFA. De plus, le Conseil supérieur de la diaspora malienne (CSDM) parle de 1100 Maliens jetés dans la zone frontalière de Tamanrasset par les autorités algériennes au cours duquel trois d’entre eux ont perdu la vie.

En dépit des nombreux mea-culpa du gouvernement sur l’affaire de réadmission avec l’Union européenne, les Maliens de la diaspora souffrent des pires calvaires sans précédent. Les cartes NINA et les autres dossiers sont inaccessibles. Dans une lettre adressée au secrétariat général de la présidence, au ministre des collectivités territoriales, le Collectif des Défenseurs de la République en dévoilant l’incompétence du gouvernement à fournir les pièces à la diaspora a annoncé que 2 /3 des nouveaux majeurs entre 18 et 24 ans n’ont toujours pas de Cartes NINA. Plusieurs parmi eux sont incarcérés à l’extérieur pour manque de dossier. Aussi, selon le dernier rapport de la Commission Mouvement de la Population, 63 344 Maliens ont été expatriés depuis 2013 par défaut de cartes et par les œuvres d’intimidations des autorités de ces pays notamment de l’Algérie, du Gabon, Libye, etc.

Voilà le Mali d’IBK. Les Maliens, ses parents selon lui, ceux à qui il avait promis en 2013, monts et merveilles subissent un traitement inhumain, tortures et traitements cruels à travers le monde.

Nous arrêtons là l’inventaire qui démontre clairement que IBK ne pourra plus avoir l’estime et le respect des Maliens. Trop de mensonge, trop de manipulation. Son clan peut compter sur une seule chose pour emporter l’élection présidentielle, l’achat de conscience par le « pognon qu’ils ont volé aux Maliens». Mais, de toute évidence, l’éveil malien est déclenché, les populations commencent à enlever le voile qui masque leur regard.

« Sous quelque gouvernement que ce soit, la nature a posé des limites au malheur des peuples. Au delà de ces limites, c’est ou la mort, ou la fuite, ou la révolte », Denis Diderot

Tout compte fait, dans un pays respectable, tout se passe par une souveraineté que les Maliens n’ont pas pu obtenir avec IBK. Le peuple avait misé sur lui pour restaurer l’État, un État qui respecte son peuple dont il est le serviteur. Au lieu de cela, voyez-vous par vous-même. Tout est là !

Qui sait ? Le « Mandé Massa » pourrait l’emporter avec

« inch’Allah »

Seydou Konaté

Le combat

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Si IBK élu président avec 77,61% en 2013 par les populations maliennes, a été la découverte d’une ruche pour ses familiers politiques et sociétaux, elle n’est aujourd’hui qu’une erreur de personne pour son électorat qui l’espérait sauveur contre « l’Ennemi à abattre», Soumaïla Cissé. Aujourd’hui, malgré cette cote exceptionnelle, IBK est...