Enfin, c’est fait. IBK a annoncé sa candidature, le lundi dernier. Mais sur quelle base ? Au-delà de l’enjeu politique et social  des urnes du 29 juillet prochain, le clan présidentiel ne veut, surtout pas signer forfait. Ainsi, ne désirant pas être le premier président en exercice, battu aux élections présidentielles, il compte sur  la nouvelle alliance politique présidentielle qui a remplacé la CMP, ENP (Ensemble Pour le Mali) pour sa réélection.

C’est désormais pur comme l’eau de roche, Mandé Massa a finalement obtempéré aux  pressions de sa famille politique. Il s’est déclaré candidat, le lundi 28 mai dernier. Avec un bilan délabré, décrié par son électorat de 2013, IBK a-t-il mesuré le risque qu’il court en se portant candidat en comptant sur son marigot politique en dégringolade continuelle ? En tout cas, l’explosion de la Convention de la Majorité Présidentielle qui a enfanté ENP (Ensemble Pour le Mali), la semaine dernière, devait lui donner des signes peu rassurants de sa  réélection en 2018.

Pour rappel, créée le 7 septembre 2014 par une soixantaine de partis politiques, la Convention de la Majorité Présidentielle qui était dirigée par le Président du parti présidentiel, RPM, Bocary Tréta, a finalement donné raison aux articles d’analyses du journal LE COMBAT qui la qualifiaient ouvertement de barrique vide et d’opportuniste aux côtés d’IBK pour mieux bouffer le gratin. Elle n’a été qu’une force de double face et de partage de gâteau comme l’a récemment annoncé le Président IBK, lui-même. C’est l’une des raisons principales qui a  engendré la banqueroute de cette soi-disant union dite présidentielle qui n’a fait qu’enfoncer le pays dans le gouffre. Au passage, notons qu’au seuil de l’an 2015, le parti SADI du franc parleur l’Honorable Oumar Mariko, suivi par ADP-MALIBA d’Aliou Boubacar Diallo ont pris le premier volet de départ. Et, du coup, la CMP s’est vue en chute vertigineuse vers l’abime par des démissions en cascades des poids lourds du monde politique du pays notamment Moussa Mara, Me Mountaga Tall et d’autres élus pesants. C’est cette chute plébiscite de la CMP qui a poussé, sans doute, le locataire de Koulouba à se porter soi-même en  Crieur public pour se blanchir auprès du Peuple lambda, déçu de sa gouvernance véreuse et langoureuse. Et, cela, en critique et activiste à chaque fois que l’occasion se présente. C’est dans cette dynamique que « Mandé Massa », après son divorce consommé avec les Chefs religieux et la décrédité actuelle de Sabati 2012, a voulu se refaire surface autrement avant d’officialiser sa décision de briguer un deuxième mandat.

Aussi, conscient de la nullité de son parti, RPM, pour rehausser sa popularité au grand rendez-vous électoral du 29 juillet, IBK a transcendé son entourage pour se fier aux deux autres groupes  sensibles du pays ; c’est-à-dire, le monde paysan et les chefs dignitaires. C’est dans cette optique qu’il y a eu la visite récente des notabilités de certaines localités de Gao, Koutiala et Kéniéba. De ce fait, en raison de cet état de fait, Bacary Togola, le dinosaure de tous Régimes, de tous les marigots présidentiels, esseulé,  lui a promis un « Ta ko kelen» feuilletoniste  lors de la récente opération SIAGRI. Et, aussi, plus de 2000 Chefs de villages, de façon onctueuse, ont été également mobilisés pour échanger avec le natif de Koutiala lors de son passage récent dans la cité des Balanzans.

En plus, lors du lancement de la journée paysanne, à Kangaba, la semaine dernière, notre Sorbonnard  de Sebenikoro a prié les paysans de lui accorder une deuxième chance en maintenant leur confiance envers lui : « Fo ni aw ban na, Boua ta bla ma chi fa ka a ta » (NDLR : Sauf si vous refusez, je ne vais pas lâcher-le pouvoir- au profit du papa de personne), a-t-il insisté.

ENP, cette barrique vide  pourrait-elle  réélire IBK ?

C’est la question qui taraude les esprits des Maliens de toutes catégories sociales après les critiques et le croc-en-jambe récents du Président de la République à ses anciens courtiers suivis par cette déclaration de candidature. Diantre ! L’éléphant, tant attendu, est arrivé avec un pied cassé ! Au-delà de cette prière de l’élu de record avec 77,61 en 2013 il y a lieu de se demander si le Président IBK lui-même compte sur son bilan, jugé chaotique par son électorat et sur sa chenille politique ENP (Ensemble Pour le Mali) pour se faire l’Homme fort du 29 juillet prochain.

Alors, ENP pourrait-il sauver IBK d’une éventuelle défaite ?

Après l’évasion des gros soutiens politiques et sociaux  qui l’ont aidé, bec et ongle,  à devenir maître de Koulouba en 2013 et la fissure de l’ADEMA-Pasj secondée par la candidature interne de la CODEM, quatrième force politique du pays, la victoire reste incertaine ; vu la situation sécuritaire et humanitaire du pays. L’ENP sur qui IBK compte ne reste plus que des bruits fictifs. Cette alliance politique regroupée autour du RPM n’est aujourd’hui qu’une poignée d’adémistes et  quelques associations et mouvements pompés souvent fictifs comme les 234.000 emplois crées, selon le Ministre Maouloud Ben Kattra.

Ainsi, toute réélection  à l’issue de ce scrutin présidentiel du 29 juillet ne serait qu’étonnant, un mystère, vraiment un beau mystère pour Ladji Bourama.

De grâce, sachons donner le temps au temps !  

Seydou Konaté : LE COMBAT

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Enfin, c’est fait. IBK a annoncé sa candidature, le lundi dernier. Mais sur quelle base ? Au-delà de l’enjeu politique et social  des urnes du 29 juillet prochain, le clan présidentiel ne veut, surtout pas signer forfait. Ainsi, ne désirant pas être le premier président en exercice, battu aux élections présidentielles,...