Ravagé par les conflits depuis 2012, le pays Dogon est aujourd’hui dans une grave situation au plan sécuritaire et est menacé par la famine qui a atteint son point culminant. Les Responsables de Ginna Dogon appellent au secours pour préserver l’existant.

«Nous n’aimons pas parler des morts, sinon la première attaque meurtrière remonte le 18 juillet 2015 à Niangassadou faisant 7 morts dans la Commune de Mondoro et la dernière survenue dans le Cercle de Bankass a fait 6 morts, le vendredi 1er février 2019. Des Dogons. Huit ans, tous les jours que Dieu fait, il y a des personnes assassinées dans le pays Dogon », fulmine le Vice-président de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la culture Dogon, Hamidou Ongoïba, en conférence de presse, le samedi 2 février dernier, à la Maison de la presse du Mali, en présence des Responsables de l’association, des membres et des sympathisants.

Après les mots de bienvenue du Président de Ginna Dogon, Mamadou Togo, à l’assistance, le conférencier Hamidou Ongoïba, dans un exposé général, a d’abord structuré de la conférence en six points essentiels. Il s’agissait de faire la présentation de Ginna Dogon aux Hommes des médias, la chronologie des évènements douloureux qui se sont déroulés dans le pays Dogon depuis 2012, les activités entreprises pour la paix par Ginna Dogon, ses relations avec les associations sœurs du Mali, avec la milice Dogon, Dana Amassagou et la situation humanitaire.

Selon le conférencier, la situation qui prévaut dans le centre notamment au pays Dogon, s’explique par l’absence de l’autorité de l’Etat qui a été le lit de tous les prédateurs. En 2012, rappelle-t-il, le conflit entre Dogons et Peulhs survenu à Dinangourou, dans le Cercle de Koro, les deux associations Ginna Dogon et Tapital Pulaku ont concomitamment mené des actions pour éteindre le feu. « Nous sommes partis ensemble sur le terrain et allés chercher des déplacés de ce conflit jusqu’à Burkina Faso pour leur réconcilier. A notre retour, nous avons déposés des rapports au niveau de l’Etat », ajoute le conférencier qui a souligné que le manque de suivi de la part de l’Etat constitue un des facteurs de la dégradation générale de la situation qui prévaut actuellement dans le Centre.

‘’Il ne peut pas y avoir de conflit entre Peulh et Dogon’’

Estimant que la violence qui est en cours n’épargne personne et dépasse le discours qui l’entoure, le conférencier apporte tout de même de précision : « Ce n’est pas un conflit intercommunautaire. Il ne peut pas y avoir de conflit entre Peulh et Dogon. Nous sommes trop liés pour cela. Il y a des extrémistes parmi nous qui nous en veulent ».

Par ailleurs, le conflit a fait qu’il n’y a plus de foire dans les villages, l’économie locale ne circule plus, les bétails sont volés, les commerçants sont pillés, les greniers sont vides, à l’insécurité meurtrière ajoute l’insécurité alimentaire. Au pays Dogon, il y a péril en la demeure. C’est pourquoi, l’association Ginna Dogon lance un appel vibrant à toutes les bonnes volontés de venir en aide des populations.

Ousmane MORBA

Source: L’Observatoire

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