Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le DRIAN, dès son arrivée le dimanche 25 octobre à Bamako pour une visite de 48 heures, a rencontré les mouvements armés signataires de l’accord pour la paix, issu du processus d’Alger afin d’échanger avec eux sur la reprise du processus de mise en application dudit Accord. Après cette visite du Chef de la diplomatie française au Mali, les lignes vont-elles bouger maintenant pour que le pays retrouve sa paix d’antan?

 

Faut-il le rappeler, dès son arrivée à Bamako, le Chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le DRIAN, a rencontré les mouvements armés signataires de l’accord de paix d’Alger : la Plateforme (qui rassemble plusieurs groupes armés pro-gouvernementaux) et les ex-rebelles de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA). Mais, le ministre français des Affaires Etrangères a rencontré les deux groupes séparément. Cela a-t-il une signification ? Seul le ministre Le DRIAN peut répondre à cette question qu’il a peu abordée lors du point de presse qu’il a conjointement animé avec le Premier ministre Moctar OUANE. Lors de ces rencontres, Jean-Yves Le DRIAN a laissé ce message important à ses deux interlocuteurs.

“Les groupes terroristes sont à combattre. Les groupes armés qui sont pour la mise en œuvre de l’accord de paix sont des partenaires”, a-t-il précisé.

Il les a également rappelés que l’application de l’accord d’Alger est poussive et il faut aller vite. Est-ce une façon de les mettre la pression afin que les lignes bougent?

Les interlocuteurs du Chef de la diplomatie française ont signalé le point fort indiquant une avancée notable dans la mise en œuvre de l’Accord. Il s’agit de leur présence au sein du gouvernement de la Transition qui reste un bon début. Cependant, ils réclament aussi une bonne représentation avec leurs frères du sud dans d’autres chaînes de commandement.

Hier, avant de s’en voler pour la France, Jean-Yves Le DRIAN a été reçu en audience par le triumvirat de la Transition politique malienne à savoir : le président Bah N’DAW, le Vice-président, Col. Assimi GOÏTA et le Premier ministre Moctar OUANE. Avec toutes ces personnalités, la question de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et le volet sécuritaire ont été évoqués.

Les controverses d’une rencontre avec la Plateforme !

Faut-il le signaler, après la rencontre entre le ministre Jean-Yves Le DRIAN et une frange de la Plateforme, la Plateforme des mouvements du 14 juin 2014 d’Alger, dans un communiqué officiel, a informé que, face à l’intransigeance inexplicable de l’ambassadeur de France au Mali voulant imposer à ses côtés la présence de personne n’ayant aucune qualité à représenter la Plateforme, n’a eu d’autres choix que de décliner cette invitation. Que l’ambassadeur de France décide par lui-même et unilatéralement le choix des personnes devant représenter la Plateforme constitue à leurs yeux un acte d’ingérence que la Plateforme condamne et dénonce vigoureusement.

Nous rappelons à l’ensemble des acteurs de la Médiation internationale dont fait partie la France, qu’il ne saurait exister que la seule Plateforme dont les Fondateurs sont connus de tous, à savoir Maître Harouna TOUREH et le Professeur Ahmed Ould Sidi MOHAMED. La Plateforme regrette cet incident et reste disponible pour toute discussion de nature à impulser le processus de mise en œuvre de l’accord de paix au Mali. La Plateforme félicite et remercie la Médiation internationale et les partenaires du Mali pour leur précieux accompagnement pour le retour effectif de la Paix dans notre pays. a ajouté le communiqué.

L’autre partie qui a été reçue par le ministre Jean-Yves Le DRIAN, son Président, Fahad Ag Almahmoud, a fait des propositions pour faire avancer le processus de paix en mettant l’accent sur l’indispensable aspect sécuritaire. Dans ce cadre, il a dit que sa Plateforme a émis les vœux de voir le processus DDR-Intégration s’accélérer pour mettre fin à la longévité des mouvements armés lesquels pourront, pour ceux qui le désirent, s’ériger en partis politiques.

Il a également déploré la collusion de certains mouvements signataires avec la nébuleuse terroriste. Avant d’ajouter que les responsables desdits mouvements continuent d’entretenir l’ambiguïté sur leur position et peinent toujours à choisir leur camp.

C’était aussi une occasion pour lui d’évoquer les initiatives comme l’opération Ménaka sans arme : les résultats sont probants et positifs. Il a été émis aussi le souhait de voir des telles initiatives concerner toutes les régions du Nord.

Par Boubacar DIARRA

Source : le soir de Bamako 

MaliwebPolitique
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le DRIAN, dès son arrivée le dimanche 25 octobre à Bamako pour une visite de 48 heures, a rencontré les mouvements armés signataires de l’accord pour la paix, issu du processus d’Alger afin d’échanger avec eux sur la reprise du processus de mise...